Films

Les Têtes de l’emploi : critique comédie sociale à la française

Par Laurent Pécha
14 avril 2018
MAJ : 19 avril 2019
3 commentaires

Sur le papier, il y a de quoi avoir très peur : les auteurs de Boule et Bill s’associent avec la star des Camping pour une comédie sociale. A leurs côtés, Elsa Zylberstein et François-Xavier Demaison. Bref, toutes Les Têtes de l’emploi pour une comédie française formatée pour ménagère de moins de 50 ans. Et si on se trompait ?

Photo Franck Dubosc, Elsa Zylberstein, François-Xavier Demaison

BIENVENUE CHEZ PÔLE EMPLOI

Si Alexandre Charlot et Franck Magnier n’ont jusqu’alors pas montré grand-chose en tant que réalisateurs (c’est peu de le dire), il n’en reste pas moins que les deux hommes forment un duo de scénaristes talentueux aux horizons variés (passant du superbe Une affaire d’État au phénomène Bienvenue chez les Ch’tis). Et justement, on retrouve dans ces Têtes de l’emploi un vrai goût pour le mélange des genres.

Loin d’être une comédie simpliste qui joue sur la corde sensible et facile du chômage, leur film s’aventure sur un ton tragi-comique détonnant. Alors, oui, on rit (ou du moins on sourit) beaucoup devant les mésaventures de ce trio du Pôle Emploi bientôt sans emploi parce que justement ils réussissent à caser tous leurs « clients » mais on est aussi souvent ému par l’humanité des personnages.

 

photo 1La fine équipe

LE CONSEILLER VA VOUS REPONDRE

En jouant ainsi avec une belle justesse sur les deux tableaux, les auteurs parviennent à faire de la comédie sociale un tant soit peu intelligente. Ils ne cèdent jamais au gag facile, cherchent constamment à rester à hauteur humaine, à l’image de cette longue séquence de la boucherie qu’il faut contaminer.

Pour ce faire, ils sont diablement aidés par un trio de comédiens aussi étonnant que détonant (mais aussi quelques seconds rôles savoureux). Si la gravité sied parfaitement bien à Franck Dubosc en mode presque Tchao pantin et que le rôle du « bouffon » humaniste colle comme un gant à François-Xavier Demaison, c’est Elsa Zylberstein qui marque le plus les esprits. Tour à tour hilarante et attendrissante comme jamais, la comédienne offre une divine partition. Qu’on aimerait la voir plus souvent exploiter si judicieusement ces deux registres d’émotions.

 

Affiche officielle

Rédacteurs :
Résumé

Une belle surprise. Une comédie sociale jamais lourde. Et l'occasion d'admirer la géniale Elsa Zylberstein au sommet de son art.

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oubli

Et la lutte des classes c est quand la critique parce que c est plutôt drôle et fin et ça vaut le detour

Geoffrey Crété

@oubli

Nous sommes une petite équipe, et malheureusement ne pouvons pas tout voir et traiter, au cinéma et côté série.

socrate

effectivement comme je pense donc je suis qu’il faut critiquer le critiquable car le critiquable n’est pas critiquer par la critique