Alliés : critique infiltrée

Simon Riaux | 7 avril 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 7 avril 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Réalisateur virtuose, progressivement snobé par une partie de la presse et du public depuis une quinzaine d’années, Robert Zemeckis n’en demeure pas moins un des papes du cinéma de divertissement. Après The Walk - Rêver plus haut, il nous revient avec un hommage enamouré au cinéma d’espionnage glamour, porté par Brad Pitt et Marion Cotillard.

GLAMORAMA

Max Vatan est américain, Marianne est française. En pleine Seconde Guerre Mondiale, les deux agents secrets se rencontrent à l'occasion d'une mission extrêmement périlleuse au Maroc. Tous deux rompus aux dangers inhérents à leurs styles de vies et spécialisés dans l'infiltration, ils ne tardent pas à entamer une liaison torride. De retour à Londres et désormais mariés, ils aspirent à fonder une famille heureuse. Mais Marianne n'est peut-être pas celle que croit Max.

Que le réalisateur de Retour vers le futur et Qui veut la peau de Roger Rabbit ? ait eu besoin pour boucler le financement d’Alliés de superstars perçues comme bankables, voilà qui se comprend aisément. Ni remake ni reboot, projet cinéphile par excellence, ce récit ancré dans le cinéma Hitchcockien et le souvenir du Casablanca de Curtiz n’est pas sur le papier un projet répondant aux modes hollywoodiennes contemporaines. Hélas, Brad Pitt et Marion Cotillard constituent le seul véritable point faible d’Alliés.

 

Photo Brad Pitt, Marion CotillardUn couple en or, mais pourtant...

 

Jamais les deux comédiens ne se rencontrent, en dépit d’un script aux petits oignons. L’un et l’autre délivrent des prestations bien trop mécaniques, comme si l’ombre de ceux qui les ont précédés, l’héritage du cinéma hollywoodien classique, assombrissait leurs performances et les transformait en marionnettes désincarnées. C’est la performance de Brad Pitt qui souffre le plus de cette rigidité et entame l’impact du film, nous interdisant de croire dans l'aventure romantique qui le meut ou dans les doutes terrifiants qui l’assaillent.

 

Photo Brad PittJeu : trouvez le balai caché dans cette image

 

SPY GAME

Et cette pauvreté émotionnelle est d’autant plus regrettable que d’un strict point de vue cinématographique, Alliés est un véritable régal. Film d’espionnage confectionné avec un soin qui euphorisera la spectateur nostalgique d’un certain âge d’or du cinéma d’aventure, cette fable d’aventure est portée par un amour du romanesque qui emporte tout sur son passage.

 

Photo Marion CotillardLes bourreaux meurent aussi

 

Du parachutage de son héros dans le ciel marocain en passant par une mission tendue, sans oublier une tempête de sable sensuelle et un accouchement en plein bombardement, Alliés enchaîne les morceaux de bravoure, riches de plans techniquement magistraux. En résulte un divertissement visuellement splendide, qui s’attache toujours à offrir au public un spectacle de très haute tenue.

Adresse du réalisateur qui ravira également les plus cinéphiles, ici en terrain connu aux côtés d’un artiste qui maîtrise son sujet. Ce dernier est pour Zemeckis l’occasion de ressusciter tout un pan du Septième Art, de revisiter son rapport au réel, à la suspension d’incrédulité et à l’imaginaire. Du Rideau Déchiré, de Soupçons ou encore des thématiques qu’il développait déjà dans Apparences, ce fabuleux conteur tire un récit prenant et souvent passionnant, qui souffre hélas de la prestation désincarnée de ses interprètes.

 

Affiche française

 

Résumé

Spectaculaire, référentiel et intelligent, Alliés souffre de la prestation désincarnée de ses interprètes.

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Lecteurs

(3.6)

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commentaires
christian
08/04/2019 à 09:35

Film qui vend le dénouement dès l'ouverture avec son titre, ajouter à ce problème d'acteurs... ça a malheureusement suffit à me désintéresser de ce que j'avais devant les yeux malgré une réa aux petits oignons

Rudy Mako
08/04/2019 à 01:48

Film à oublier

Birdy
08/04/2019 à 00:13

@ Corleone : qu'est ce qu'il faut pas lire...
2006 : Babel
2007 : Jesse James
2008 : Benjamin Button et Burn After Reading
2009 : Inglorious Basterds
2011 : Tree of Life et Le Stratège
2014 : Fury
2015 : The Big Short
2017 : War Machine

floflo
07/04/2019 à 22:37

Bon film, mais je plussoie sur Brad Pitt. Il a une tête de cire dans le film. Comment "un pro" comme lui peut-il cautionner d'apparaitre à l'écran avec un visage pareil. Il me fait penser à Tom Cruise dans le film la momie.

Stavos
25/11/2016 à 16:55

Ça ne changera pas la face du monde, mais votre critique commet une petite erreur que je me permet de rectifier : Max Vatan n'est pas américain, il est canadien !
C'est d'ailleurs pour ça que Marianne l'appelle "Le Québécois", et qu'il fini par lui dire qu'il n'est pas du Québec mais de l'Ontario !

ABDK17
23/11/2016 à 18:54

On n'a plus le droit de donner son avis sur Malick? Si on trouve ses films chiants on est des guignols? OK je note. Vive la tolérance;

Jartic
23/11/2016 à 15:24

va te branler sur nolan sylvain guignol !

sylvinception
23/11/2016 à 15:20

"Je sais pas ce qui a d'ailleurs pris Malick de le caster."

Les films du gros barbus étant chiants comme la pluie, moi ça me parait plutôt logique comme décision.

serpico
23/11/2016 à 14:31

Cela fais bien longtemps que brad pitt n'ait plus que l'ombre de lui même. Son jeu est stéréotypé, il passe plus de temps à prendre la pause qu'à incarné vraiment ses personnages. Et puis son visage botoxé ne laisse plus paraître que 2 expressions. Il en devient pathétique et personnellement ce n'est pas vendeur pour moi d'avoir brad pitt à l'affiche,c'est devenu le genre d'acteur à éviter si on veut passer un bon moment de cinoche. Il n'en reste pas moins que Zemekis demeure un superbe réalisateur et que son travail aurait peut être mérité meilleur interprète. Mais que voulez vous, c'est la loi du marché... Quand c'est pas du marvel ou du reboot, il faut qu'ils trouvent encore le moyen de nous pourrir le film avec des acteurs en carton...

corleone
23/11/2016 à 14:30

En tout cas Brad Pitt, y'a longtemps qu'il ne joue plus. La carrière de Brad en tant qu'acteur s'est arrêté avec Spygame et Océan'eleven, bref avant sa rencontre avec Demonisa Zolie. Vous cherchez encore à retrouver le comédien fougueux et impétueux des années 90?

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