Poesía sin fin : Alejandro Jodorowsky, LE retour

Chris Huby | 25 mai 2016
Chris Huby | 25 mai 2016

Poesia sin fin est la suite directe de La Danza de la Realidad, la première adaptation de l'autobiographie du cinéaste. Le film commence là où s'arrêtait le précédent. Le jeune Alejandro prend conscience de son être et fait des choix qui vont à l'instar de la culture familiale. En conflit avec son père, il finit par fréquenter les artistes du pays et tombe amoureux de celle qui deviendra sa muse, un personnage Fellinien haut en couleur, qui va à jamais changer son existence.

Le jeune Alejandro se retrouve au Chili dans une ville grise de violence. Devenu adolescent, il s'émancipe petit à petit de son père et se passionne pour la poésie, matière artistique libératrice.

 

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Jodorowsky nous propose encore une fois une oeuvre immense, riche et généreuse. Film puissant, méta, Poesia sin fin est d'une liberté de ton totale. Sans jamais perdre la ligne narrative, il décrit un adolescent tiraillé entre ses questionnements personnels, sa sexualité grandissante, les attirances de son coeur et la montée de ses passions artistiques ou philosophiques. Profond à bien des égards, le film est extrêmement fouillé à la fois visuellement et symboliquement. Chaque séquence est travaillée pour marquer, résultat d'un mélange entre le fantasme du jeune personnage et l'onirisme grandissant qui va le porter pour le faire appréhender une réalité de plus en plus complexe et morose.

 

Photo Alejandro Jodorowsky


La poésie en tant que façon de vivre, Jodorowsky nous explique encore que le monde peut évoluer si l'on porte en nous une manière différente de le voir. La rencontre du personnage principal avec son ami poète redéfinit ainsi sa manière de ressentir la terreur et l'horreur du quotidien. Sa passion parallèle avec la "vipère", également poétesse, l'émancipe durablement au point de lui donner des buts qui vont à l'encontre d'un rationalisme appliqué par la famille ( la biologie pour les études ). Le corps et la chair pointent dans une envie d'exister le plus possible à chaque minute.

 

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Poésia sin fin est une merveille complexe à bien des égards. A ce titre, Brontis et Adan Jodorowsky, les deux fils d'Alejandro, incarnent les héros, les "pères" et les enfants en devenir. Acte magique cher au réalisateur. L'intervention régulière du "vieux" Alejandro, du sage expérimenté, en guide, prend par la main la douleur des personnages et les orce à comprendre le monde, à l'accepter, à le désirer et à le vivre dans ce qu'il y a de mieux. L'imaginaire est notre ami. Le sens de la vie n'existe pas. Il faut juste la vivre. La vivre en la mordant à pleines dents. Le message du film est limpide, à la fois triste, existentialiste et profondément généreux. 

 

Résumé

Jodorowsky signe encore une fois un chef d’œuvre marquant, qui sera à revoir de nombreuses fois pour en saisir toute la finesse et la magie.   

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commentaires

Stivostine
06/10/2016 à 21:37

il a été bon mais son La Danza de la Realidad, jai eu du mal.

Atréides
06/10/2016 à 11:33

@Marc

Déjà, va falloir lire leurs critiques. Ils ont encensé plusieurs Dolan, en ont détesté d'autres, et n'ont jamais parlé de bobo. Ca, c'est les haineux dans les commentaires.

Je n'ai jamais lu EL dire que tel film était nul et réservé aux "intellos branchés parisien avide de conversations stériles bobo mondaines qui s'efforcent de voir dans un symbolisme de pacotille un sens métaphorique, métaphysique et hautement intellectuel".
Ca, ce n'est ni de l'argument, ni du partage cinéphile. C'est purement et simplement quelqu'un qui s'emballe sur des lieux communs, et confond son ressenti perso (chacun peut détester ce qu'il veut) avec un règlement de compte pseudo socio-culturel ("les méchants bobo", grand point Godwin du moment, que même les politiques démago commencent à utiliser pour rassembler et attiser l'agressivité contre un groupe abstrait qui serait la lie de l'humanité).

Donc avant de t'exciter, et accuser aveuglément sur un peu tout et rien, personne ici ne pense avoir le savoir ultime ; en revanche, je pense que si le but d'un commentaire c'est dire "je connais pas vraiment Jodo mais je sais que c'est réservé aux bobo qui aiment pas principe", et sortir ces banalités en lieu et en place d'arguments ou développement de son ressenti, c'est à la fois bête et inutile.

Qu'il y ait des gens bêtes dans les deux "camps", pro ou anti, ne devrait en rien légitimer une approche agressive, creuse, sur des stéréotypes, idées reçues. D'autant qu'ici, personne ne correspond à ce que tu décris, personne n'a été agressif, irrespectueux, sauf Alix qui a reconnu avoir exagéré, encore.

Marc
06/10/2016 à 10:49

vous me faites tous bien rire! Sur ce site même, les critiques défoncent tel ou tel cinéaste sans l'once d'un argument développé (de mémoire Dolan) en disant pareil que c'est du cinéma bobo pour vieilles rombières, pseudo intellectuel en des termes proches de ceux d'Alix mais dès qu'on touche à une de vos marottes vous pétez un plomb dans les commentaires (souvent écrits par les jeunes pigistes non rémunérés du site) en disant que ce n'est pas argumenté etc... que Alix fait une généralité mais franchement arrêtez tout! Vous pensez détenir le savoir vrai et vos arguments sont à géométrie variable donc sans aucune honnêteté intellectuelle! Les arguments de Alix sont les mêmes que ceux utilisés par les soit disant "critiques" d'ecranlarge! Il fait une généralité sur un ressenti ce qui est bien l'essence de ce site! Auprès des jeunes "critiques" certains cinéastes ont la carte, d'autres non! Personnellement je n'ai jamais vu de film de Jodorowski mais j'ai très envie de découvrir ce cinéaste un peu oublié remis en lumière depuis quelques années par Nicolas Winding Refn (Only God Forgives) les auteurs de Mad Movies, sa DANZA DE LA REALIDAD, tourné 23 ans après son dernier film et le doc sur son Dune qu'il devait réaliser! Perso sa filmo est courte et me fait très envie mais franchement soyez un minimum honnêtes intellectuellement, vous reprochez à Alix ce que vous faites tous!!!

Alix84
17/05/2016 à 19:09

Salut trinity à nouveau.
Je reconnais que vous avez raison et que j'ai été maladroit dans mes propos.
En toute sincérité je n'ai point eu le désir conscient de heurter qui que ce soit mais il est vrai que mes propos initiaux peuvent paraître hautains et égocentrés. Je rectifie et précise que cela n'engage que moi et que mon avis ne saurait constituer un maître-etalon en quoi que ce soit. Ça n'est qu'un avis que j'assume totalement... même si celui-ci aurait gagné à être formulé sur un ton moins universaliste.
Merci pour votre commentaire.
Salut et bonne soirée

Trinity
17/05/2016 à 13:29

@Alix

Personne ne dit que c'est mal, que c'est grave, que c'est un sacrilège.

Mais en entamant la conversation de manière si hostile et caricaturale, en affirmant non pas un point de vue mais une pseudo vérité ("j'aime pas, c'est nul, donc c'est du ciné de bobo intello qui aiment sans savoir pourquoi", en gros), il ne faut pas s'étonner de recevoir en retour de l'agressivité.
D'autant que ce discours dans votre premier message vous fait clairement passer pour une personne limitée, dénuée de réflexion, de nuances, et donc avec laquelle il serait difficile et inintéressant de discuter.

C'est très simple de venir partager ses goûts et dégoûts de manière civilisée, intelligente, un peu réfléchie, sans être dans la caricature facile (cette manière de classer l'Autre en "bobo parisien à la mode" à chaque discussion, c'est vraiment de la paresse intellectuelle), et sans ensuite se poser en victime parce que les autres osent répondre avec le même ton.

Alix84
17/05/2016 à 13:12

@trinity

Salut
En fait il y a du vrai dans votre texte.
J'aurais du remplacé "beaucoup trop orienté " par " ça me fait penser à certains " ou un truc du genre.
Car l'avis que j'exprime maladroitement semble être un principe personnel que je tente de rendre universel.
Ça n'était nullement mon intention.
Disons juste que je trouve ce film archi nul mais ça n'engage que moi. Ça n'est pas parole d'évangile.
Ça n'est pas pour autant que je condamne l'auteur ou tous ses fans. Chacun son truc.
Jamais je n'ai souhaité heurter quiconque. Ça n'est que du ciné au final.
Il y a d'autres auteurs que je peux aimer dans des genres différents mais dont je n'aime pas tout.
J'aime bien certaines oeuvres de malevitch par exemple mais je n'adhère pas du tout au suprématisme ou à ses carrés noirs sur fonds blancs et autres figures géométriques.
Il y a beaucoup d'exemples comme ça.
Et même si au final je n'aimais aucune des oeuvres d'un auteur ou serait le mal ?

Trinity
17/05/2016 à 01:06

@Alix
Vraiment votre discours n'a aucun sens.

Vous venez d'abord sermonner de manière très grossière et méprisante, dire "c'est du cinéma pour bobo branchés" après avoir vu un film. Juger une oeuvre sur un film, et ensuite taxer toute un cinéma, et surtout mépriser ceux qui l'apprécient.
On a bien compris le refrain "chacun ses goûts", et pour être intelligent il aurait simplement suffit de venir partager votre opinion : vous n'aimez pas, vous ne comprenez pas, vous détestez, etc. Eventuellement pourquoi, selon vous, selon votre ressenti. Ca, c'est un avis. Avec une optique respectueuse et intéressante de partage.

En revanche, enfermer tout ça dans un pot pourri de mot utilisés à tort et à travers ("orienté intellos branchés parisien avide de conversations stériles bobo mondaines qui s'efforcent de voir dans un symbolisme de pacotille un sens métaphorique, métaphysique et hautement intellectuel"), puis ensuite dire que les gens aimeraient par principe ce cinéaste sans connaître ses films "parce que c'est bien de le brandir"...
... puis dire qu'ils essaient de vous imposer leurs goûts, et sont malpolis presque !
Mais vraiment relisez-vous, à l'origine vous venez cracher votre mépris immature ! Comme si, parce que vous n'aimez pas un film de Jodorowsky, vous aviez besoin de dire que c'était du cinéma intello creux qu'on aime pour des raisons idiotes...
Prendre une posture de "moi je suis libre je peux détester un cinéaste adoré et adorer un cinéma populaire", c'est vraiment un argumentaire très simplet qui ne vous donne pas beaucoup de poids, surtout dans des termes aussi vagues.

Enfin, après ça, vous reprochez qu'on ne vous conseille pas gentiment et poliment d'autres films de lui (pour ensuite dire que vous allez pas vous taper son oeuvre pour la comprendre)...

Ce n'est pas pour les fautes de frappe qu'il faudrait s'excuser franchement.

Alix84
16/05/2016 à 21:48

@jon
Bonsoir
Je trouve votre commentaire intéressant mais en toute sincérité, je ne vais pas me mater toute l'œuvre d'un auteur afin de me convaincre que ses films me plaisent.
Par contre je comprends le principe carte au trésor que vous évoquez et qu'en effet il peut impliquer une dimension complémentaire si l'on voit les œuvres comme étant connectées mais j'ai sincèrement besoin qu'une œuvre me parle également dans son unicité.
Quant à ceux qui pensent que je suis un adepte de cinéma mainstream et bassement commercial je le revendique et l'assume.
Hitchcock , spielberg et bien d'autres auteurs ont été catalogués d'auteurs commerciaux mais leur œuvre est frappante à mon humble avis et j'y adhère pleinement.
Je m'excuse également. Pour les fautes de frappe.
Salut à tous.

Alix84
16/05/2016 à 21:35

Je vois que beaucoup de personnes ici se sont senties visées et que beaucoup s'enferment dans le dogme de la pensée unique et dans le prêt à penser.
Ce que je dis n'est qu'un avis personnel très subjectif et n'est pas parole d'évangile. Je n'ai jamais affirmé que tous les fans de l'oeuvre de Jodorowski sont des pseud-intellos. Je pense que je reverrai mon ouverture d'esprit lorsque certains ici reverront la leur.
Si vous avez bien lu j'ai bien précisé par honnêteté intellectuelle n'avoir vu qu'un seul film de lui et que mon ressenti ne concerne par conséquent que ce seul film. J'ai par ailleurs ajouté qu'il me faudrait voir d'autres films de lui afin de me faire une idée plus précise de l'auteur. Plutôt que de venir me sermonner je pense qu'il aurait été plus constructif de me conseiller une ou deux de ses oeuvres. Mais peut-être n'en connaisse-vous aucune et peut-être y adherez-vous seulement parce qu'il est reconnu et que ça fait bien de le brandir. Reconnu ou pas, perso ça n'a aucun effet sur moi. Seule compte l'émotion et en cela nous sommes tous différents. Le fait de vouloir m'imposer vous goûts s'apparente à du dogmatisme et à une forme de catéchisme pseudo-culturel. Je n'ai personnellement pas besoin qu'un artiste soit reconnu pour aimer son oeuvre.
L'art et le génie sont polymorphes, nul ne peut imposer ses goûts à personne. C'est simplement une question de sensibilité qui diffère en fonction des individus. Bref chacun ses goûts ou ses dégoûts.

Jon
16/05/2016 à 17:46

Je ne me suis relu. pardonnez mes fautes.

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