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Comment c’est loin : la critique 100% pure Orelsan

Par Christophe Foltzer
24 juin 2017
MAJ : 17 août 2022
49 commentaires

Orel et Gringe ont la trentaine, vivent à Caen, s’ennuient ferme dans leur vie et veulent devenir des stars du rap. Sous contrat avec des producteurs depuis 5 ans, ils n’ont pas réussi à terminer une seule chanson. Quand les patrons tapent du poing, ils n’ont plus le choix : ils ont 24h pour composer un bon morceau sous peine de perdre la chance de leur vie.

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STUPIDE STUPIDE STUPIDE ? NON

Depuis quelques années, Orelsan s’impose de plus en plus comme un rappeur avec lequel il faut compter. Après deux albums solo couronnés de succès, il a sorti avec son ami Gringe un concept-album en 2013, imaginé comme un buddy-movie, Orel et Gringe sont les casseurs flowteurs, dont Comment c’est loin en est une adaptation. Si le personnage est plus que sympathique et ses textes percutants, on regardait d’un oeil suspicieux ce premier film, qui donnait peu d’informations au moment de sa fabrication, craignant de se retrouver face à un biopic en forme d’égotrip à la 8 Miles. Or, c’est tout l’inverse qui se passe et c’est tant mieux.

Epaulé par une solide équipe dirigée par Christophe Offenstein (En solitaire), Comment c’est loin se révèle être en réalité une très bonne comédie douce-amère sur la lose, l’ennui, la dépression de la jeunesse actuelle et la peur de la réussite. Portrait aussi touchant que drôle des années précédant la percée de l’artiste, Comment c’est loin évite le piège de l’autoréférence narcissique et des clins d’oeil appuyés en racontant avant tout une vraie histoire avec de vrais personnages.

 

photoLe fameux abribus

C’ETAIT PAS FACILE, ILS L’ONT FAIT

Si le film n’est pas à l’abri de quelques maladresses, il faut saluer la performance et la sincérité de la démarche, l’aboutissement d’un cycle de carrière du rappeur. Comment c’est loin balaye toutes les inquiétudes du spectateur dès sa première séquence et le pari est réussi en étant totalement conforme à l’univers exposé par Orel depuis des années. En convoquant le Clerks de Kevin Smith et les comédies de Judd Apatow, Orelsan réalise en fait un film très touchant, en marge des genres, parcouru par des morceaux musicaux envoûtants et des dialogues savoureux et percutants.

A travers le film, c’est le portrait d’une jeunesse écrasée par la misère sociale, la mort des illusions, le poids des échecs de la génération précédente ou la peur de la réussite a remplacé la peur de l’échec. Un constat terrible qui ne laisse que peu d’espoir à ces héros, perdus dans leurs existences, se raccrochant à ce qu’ils peuvent pour ne pas sombrer définitivement. Et franchement, on n’en attendait pas tant.

 

Affiche

Rédacteurs :
Résumé

Aussi drôle que touchant, Comment c'est loin est une réussite totale et dépasse son statut de simple comédie pour nous livrer un portrait d'une génération perdue aussi drôle que désillusionné. Bravo Orel, tu nous as tous bien eu sur ce coup.

Tout savoir sur Comment c'est loin
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Bolderiz

Pas entendu parlé, c’est assez loin de mon univers, et franchement cela titille ma curiosité…

Distra12

Fan d’orelsan, hâte de voir ce que ça va donner 🙂

Lujah

Ça va être le top!

TheTommy

J’Adore les Casseurs Flowters donc j’ai trop envie de voir se film ! Et aussi ya une faute sa s’écrit pas Flowteurs avec un U mais sans le U Flowters xD

T1000

Un peu de mal à ne pas regarder ça d’un oeil suspect, venant de ces types un peu cool de la famille Canal… Parce que le pitch pourrait être celui de n’importe quel premier film semi autobio (et on peut remplacer « rappeur » par « chanteur » « scénariste » « dessinateurs de BD »… donc ça laisse craindre que ce soit quand même un peu facile)