Films

Life : critique mythique

Par Simon Riaux
1 septembre 2017
MAJ : 17 octobre 2018
3 commentaires

60 ans après sa mort, James Dean existe encore. Devenu un symbole vaporeux de la folie hollywoodienne d’antan, son fantôme plane encore sur le petit univers du Septième Art. L’occasion pour Anton Corbijn de consacrer au mythe et au photographe qui contribua à l’immortaliser un faux biopic passionnant : Life

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ARRET SUR IMAGE

Dennis Stock est un jeune photographe ambitieux mais encore cantonné aux tapis rouges et reportages people. Quand il rencontre par hasard un certain James Dean qui achève tout juste le tournage de son premier film, il est convaincu de faire face à une future star. De leur brève mais intense relation naîtra un photoreportage passionnant, qui forgera la légende de l’acteur. Le réalisateur étant lui-même un ancien photographe de renom, on comprend que cette intrigue resserrée et mythologique par essence l’ait passionné.

 

Dane DehaanDane DeHaan

 

Il faut dire qu’on ne savait pas bien où en était le bon Anton Corbijn. Après son brillant Control, l’ampoulé The American et son verbeux Un homme très recherché avaient déçu. Heureusement, il nous revient dans une forme impeccable, pour ne pas dire éblouissante. Plutôt que de céder aux stéréotypes de la légende hollywoodienne, le metteur en scène esquisse un portrait terriblement mélancolique et funèbre des années 50.

Corbijn ne s’arrête pas sur l’avènement de la beat generation, sur la fièvre montante qui devait exploser au cours des sixties, pas plus qu’il n’idéalise cette industrie du cinéma incapable de comprendre l’ampleur du phénomène que va déclencher James Dean. Il se focalise sur une histoire d’amour en creux, un pas de deux sublime et malaisant auquel se livrent Robert Pattinson et Dane DeHaan. Deux êtres piégés par leurs désirs et leurs craintes, qui n’avancent que par à coups et soubresauts.

 

Dane Dehaan et Robert PattinsonDane DeHaan et Robert Pattinson

 

JAMES SPLEEN

Entre la star malgré elle et le photographe par accident, un rapport évident de séduction, d’attirance et de répulsion s’établit, alors que le film épouse en sous-marin la structure classique de love story hollywoodienne (rencontre, jalousie, déclaration sous un balcon…). Piégé dans le cadre anxiogène de la mise en scène et les halos blafards de la photographie, Dane DeHaan et Robert Pattinson dévorent l’écran.

Le premier impressionne de sensualité et de spleen, tandis que Pattinson prouve encore une fois combien il s’épanouit dans des rôles d’âmes entravées, de types engoncés dans leurs craintes, paralysés par leurs aspirations. Enfin, on est conquis par la précision et l’économie de moyens déployés par l’auteur pour immortaliser non pas la fureur de vivre, mais l’insoutenable pesanteur des êtres.

 

photo

Rédacteurs :
Résumé

Mélancolique et terriblement amer, ce biopic déconcertant impressionne par la grâce funèbre de sa mise en scène et de son interprétation.

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Bolderiz

Ça donne envie. J’attends encore le vrai grand film de Corbijn dont j’ai adoré et adore encore le travail des maquettes/photos/clips pour Dépèche Mode…

JAIME

Votre analyse est très juste, j ai passé un excellent moment…Le film est divertissant, presque Hollywoodien mais il est aussi épais et intelligent. Et que dire de la performance des acteurs…Le rire pincé, la gestuelle de James Dean etc… génial

La Classe Américaine

Dane DeHaan, super acteur, mais qui rend la depression contagieuse rien qu’en le regardant.