I, Frankenstein : critique défigurée

Sandy Gillet | 29 mars 2015
Sandy Gillet | 29 mars 2015

Aaron Eckhart héros d'une version censée être moderne de Frankenstein, par les producteurs de la saga Underworld.

C'est bien beau de vouloir épousseter le mythe de Frankenstein, encore faudrait-il le faire avec un minimum de talent ou d'idées novatrices. C'est peu dire que le deuxième long de Stuart Beattie manque cruellement de tout cela. Et pourtant, nonobstant l'horrible affiche, on ne partait pas avec un a priori forcément négatif, rassuré que nous étions par son premier long disponible en vidéo. Demain, quand la guerre a commencé, sorte de remake à peine voilé de L'aube rouge de Milius mais en bien plus réussi, possédait en effet une ambition graphique indéniable et une démarche de mise en scène au service de l'histoire. C'est tout que l'on attendait de ce I, Frankenstein. Un peu d'énergie communicative et accessoirement un script qui tienne la route.

 

 

Il faut croire que c'était donc trop en demander. Ce qui fracture d'entrée la rétine est la bouillie visuelle qui nous est servie en guise d'univers gothique (on précise que l'on a vu le film en 2D) rappelant en beaucoup moins bien celui de la saga vampirique Underworld pourtant déjà marquée du sceau de la laideur. Un constat qui n'a rien de surprenant puisque l'on retrouve à chaque fois au scénario Kevin Grevioux qui est aussi l'auteur des romans graphiques originaux. Mais si Underworld était une sorte de recyclage bordélique et mal digéré de Roméo et Juliette, I, Frankenstein va plus loin en voulant donner sans plus de détours, une vision personnelle du roman de Mary Shelley.

 

 

Pourquoi pas. Tel un portrait de Dorian Gray exposé au grand jour, Frankenstein porte sur lui les balafres de la part sombre de notre humanité et en lui l'âme en devenir et encore pure de l'humain embryonnaire. Sa symbolique est universelle et reste plus que jamais moderne. Vouloir y revenir et contribuer à sa pérennisation est de l'ordre du compréhensible. Mais dans I, Frankenstein Aaron Eckhart grogne paresseusement, est habillé en clochard et porte sur son visage les stigmates du gars qui se demande bien ce qu'il fout là à part peut-être finir d'enterrer sans cérémonie mais avec soin un bijou de la littérature mondiale qui n'en demandait finalement pas tant.

 

Résumé

Sans idées, sans imagination, sans entrain : sans grand intérêt.

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commentaires

Thierry
29/03/2018 à 22:05

Je viens de découvrir ce film ces derniers jours. Excellente surprise : les effets spéciaux sont au top niveau, et il y a là une bonne quantité de choses qui nous sont montrées. Magnifique. :))

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