Iron Man 3 : critique mandarine

Patrick Antona | 19 février 2015 - MAJ : 09/03/2020 20:16
Patrick Antona | 19 février 2015 - MAJ : 09/03/2020 20:16

Premier film de la franchise Marvel post-crossover Avengers, et son carton phénoménal au box-office,  Iron Man 3 se devait d'essuyer les plâtres de ce qu'on l'appelle la Phase 2 de cet univers super-héroïque particulier et de redorer le blason du playboy milliardaire en armure après un numéro 2 qui nous avait grandement laissé sur notre faim. 

Le choix en tant qu'auteur/réalisateur du scénariste emblématique des blockbusters décomplexés des années 80 et 90, Shane Black (L'Arme Fatale, Last Action Hero)  semblait démontrer une volonté de prise de risque du côté des exécutifs de Disney. Mais, au final, vouloir abandonner la carte du divertissement pur pour le thriller high-tech ne semble pas avoir porter les bons fruits espérés.

Partant sur le principe qu'il faut désormais plus de psychologie et de noirceur, Shane Black et sa star, Robert Downey Jr., choisissent de recentrer toute l'action sur Tony Stark, son obsession des armures, sa relation conflictuelle avec Pepper et l'intrusion d'un nouveau super-méchant qui en a après le Monde Libre, le Mandarin, inspiré de Ben Laden. Mais à ce constat déjà sérieux, voilà qu'on nous ajoute un choc post-traumatique, résultat du climax apocalyptique des Avengers, censer plus perturber  les actions du wonder-boy, mais sans que celui-ci en perde son mythique sens de la dérision, bien aidé par les répliques ciselés du scénariste du Dernier Samaritain. Et Iron Man 3 de partir très vite dans tous les sens, peinant à trouver son rythme entre intrigue à la James Bond, thriller politique et pur actioner, non sans ménager quelques bonnes surprises à la clé.

 

Photo Don Cheadle, Robert Downey Jr.

 

Mais ce qui faisait le charme d'une réussite comme Kiss kiss bang bang (la précédente réalisation de Shane Black), soit une utilisation appropriée de quelques disgressions narratives, comme ce "retour aux sources" pour un Tony Stark démuni ou d'un flashback censé être matriciel, ne fonctionne pas intégralement ici. Alors que  Nolan a si bien réussi à intégrer les codes du film noir dans sa saga Dark Knight, Shane Black en est souvent réduit à s'auto-citer, aidé par un Robert Downey Jr. bien en verve mais dont le show perpétuel empêche toute empathie et limite ainsi la portée de sa lutte interne contre ses propres démons. 

 

Photo Gwyneth Paltrow, Guy Pearce

 

Si il y a surprise, elle vient plus de cette volonté de coller à une certaine réalité, qu'elle soit politique avec son atmosphère post 11 septembre ou de prévenir des dangers de la bio-technologie utilisée à des fins malfaisantes, avec à la clé une bande de super-vilains des plus coriaces. Mais ces quelques prétentions sont noyées par une narration erratique à l'image d'une action paraphrasée en voix-off (le péché mignon du scénariste) et d'un humour parfois limite qui pourra faire hurler les fans hardcore du comic. Et si on a bien le droit, à intervalles réguliers, à notre quota de bastons, il faut attendre toutefois la dernière demi-heure impressionnante, quoique brouillonne (et éventée par une bande-annonce trop démonstrative) pour que Iron Man 3 prenne enfin la mesure du divertissement qu'il était censé être.

Au rayon satisfactions, il faut noter la prestation de Guy Pearce, parfait en Aldrich Killian, scientifique au caractère ombrageux qui ne cesse de croiser les pas de Tony Stark, ainsi que celle de Don Cheadle qui s'ouvre ici la voie pour un futur spin-off de Iron Patriot (un alias qui est à l'origine d'un des rares running gags réussi du film).

 

Photo Robert Downey Jr.

 

Film de transition où l'on sent bien que Shane Black n'a pas réussi à imposer toutes ses vues (voir l'interprétation dans ce sens que l'on peut faire de la voix off sur la séquence finale) tout en montrant ses limites en termes de mise en scène, Iron Man 3 n'en demeure pas moins un spectacle enlevé et plus recommandable que le précédent opus. Mais au regard des possibilités du comic book originel, des perspectives ouvertes par Avengers, il laisse comme un goût d'inachevé, et prouve que la cannibalisation d'Iron Man par son comédien vedette en est arrivée à un point de saturation qui en devient presque préjudiciable pour la suite de la franchise.

 

Affiche

Résumé

Plus réussi et satisfaisant qu'Iron Man 2, Iron Man est le film de la transition. Avec de bonnes idées, la patte de Shane Black parfois évidente, mais aussi la sensation que le résultat est limité par la formule Marvel et le cahier des charges.

Lecteurs

(3.2)

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commentaires

Flo
19/02/2020 à 15:46

...Se remettre dans le contexte.

Après le diptyque de Favreau sur l’héritage de Stark, avec un blockbuster indépendant génial d’efficacité directe, et un autre accusé à tort d’être « vendu » aux "Avengers" (précisons que la Veuve Noire est apparue d’abord dans les comics d’"Iron Man", et que Fury y a lui aussi eu longtemps son rond de serviette), Marvel a eu l’intelligence de nous sortir un 3ème épisode qui n’ait Pas l’allure d’une conclusion définitive de Trilogie, défaut qui pénalise les numéros 3 sous prétexte que « c’est fini, c’est naze ! »
Voir encore à l'époque "The Dark Knight Rises", dont ce film comme je l’ai déjà dit peut en être une version plus fun.

Ici si on assiste donc à un buddy movie d’action efficace, c’est parce que le maître d’oeuvre est celui qui a un peu inventé le genre scénaristiquement dans les 80’s, Shane Black… qui nous fait donc là un pur « Shane Black movie ».
Toujours la veille de Noël et donc obligé d’aller dans le Tennesse pour avoir de la neige et des « ploucs » en bonnets de laine;
Toujours de la destruction de baraque;
Toujours une enquête « policière »;
Toujours un kidnaping;
Toujours de l’humour un peu graveleux (il doit être responsable de ça aussi sur les deux premier "IM");
Toujours un duo de choc (mais seulement à la fin) etc…
Pour ceux qui ont la nostalgie du genre c’est sympa, mais ça resterait un peu ringard s’il n’avait fait que ça ces dernières années. Enfin…

Pour les acteurs, RDJ la joue coolos comme d’hab. Sauf que pour ménager les « ‘petites natures » choquées de la voir si peu sympathique dans le 2, interprète ici un Stark traumatisé et angoissé, dépendant de son armure puisque sa version ciné est celle d’un alcoolo sympa (comme l’Ultimate), sauf dans le 2 ou il bibine comme un sagouin – mais puisqu’il vous dit qu’il était Mourant, faut le lâcher avec ça enfin !
Étonnant néanmoins qu’il ait été plus traumatisé par sa tentative de sacrifice dans "Avengers" que par les multiples fois précédentes où il a justement failli y passer (un burn out peut-être).
Pour les autres, on a une Gwyneth un peu plus active et à la « rescousse » de Tony, c’est bien.
Don Cheadle montre enfin que Rodey sait se battre, mais on ne le voit encore que trop peu à mon gout, il faut attendre longtemps après la mise à l’as de Happy, l’autre meilleur ami, pour le voir en action.
Rebecca Hall est à 100% fidèle à la Maya Hansen des comics et à sa « jeunesse sacrifiée car la fin justifie les moyens » (LE pêché originel de Stark dans ce film).
Félicitation en tous cas à Guy Pearce. Avec lui, Marvel nous a refait le coup de Wiplash en améliorant un personnage ringard pour le cinéma. Car si dans Extremis Killian n’a droit qu’à 2 pages de testament dépressif, là on le « venge » en tant qu’ennemi principal diabolique et énergique, non seulement lui mais aussi son acteur complètement sous utilisé l’an dernier dans Prometheus.
Peut-on dire que Killian serait en quelque sorte un « double » de Shane Black ? Considéré comme un génie mais ringardisé et oublié au précédent millénaire, il revient avec l’intention de « nous donner du Mandarin », puisque c’est ce que tout le monde veut. Mais à priori se préoccupe plus de son propre plan que des envie d’autres. Ce qui ne l’empêche pas de réussir sur presque tous les tableaux, ouf ! ;

Et on en arrive à la question qui fâche: La première fois que Ben Kingsley apparu en Mandarin, on voyait déjà que quelque chose clochait, et qu’on risquait peut être bien de nous refaire le coup du « faux vilain » de "Batman Begins"/"TDKR".
Et c’était bien ça, et ce n’est pas une attaque critique contre Marvel car: le Mandarin est bel et bien une Grosse Blague.
En fait Shane Black s’est un petit peu retrouvé dans la même position que Sam Raimi sur "Spider-Man 3", qui n’aimait pas Venom (il s’est arrêté de lire dans les 70’s en même temps) mais que la prod a imposé au forceps.
Marvel Studios a été plus malin en décidant de faire du Mandarin un MacGuffin, un prétexte, une façade caricaturale de terroriste ultime dans un monde de héros bariolés pour cacher la prise de pouvoir du vrai méchant. D’ailleurs pendant tout le film on se fiche presque du Mandarin tellement il semble immatériel:
« C’est un coup du Mandarin – Il faut arrêter le Mandarin – Ou est le Mandarin ? – Qui est le Mandarin ? – C’est vous le Mandarin ? – NON ! C’est moi le Manda… BANG !! » Un coup de barre de fer, prend plutôt une clémentine.
Plutôt que de mal traiter le personnage, dont l’essence profonde en fait avant tout un conquérant du style de Gengis Khan ou du Baron von Ungern (voir "Corto Maltese en Sibérie"), ils ont décidé de ne Pas le faire apparaître du tout.
Même si la version Ultimate récente nous présente une organisation assez proche du film, avec un nom de Mandarin qui serait une sorte de « George Kaplan ».

Après? cela ne veut pas dire qu’on ne verra pas un jour le Vrai personnage, car à aucun moment du film Killian ne fait référence au fait que les 10 anneaux aient capturé Stark, amenant sa vengeance bien plus tôt dans l’histoire. Donc peut-être a-t-il alors aussi « volé » le nom des terroristes et la légende du vilain pour mettre en place son putch ?
Alors donc, il ne resterait plus qu’au Véritable Mandarin a réclamer sa vengeance contre l’Occident).

Sinon la totalité du film reste fidèle à l’esprit du comic, Marvel peut toujours y veiller personnellement et sa conclusion évoque beaucoup une « Table Rase » qu’une fin définitive, et c’est justement ce qu’il fallait faire.
Oui, Tony Stark reviendra, Iron Man peut-être aussi, et si tout le mode se demanda alors Comment ?…
C’est que la réussite d’avoir fait un épisode non figé et toujours surprenant est totale.

nico
09/10/2018 à 23:54

Un énorme crachat à la figure du comics, des fans, des personnages. Shane Black ne respecte rien dans ce film: une honte.

corleone
20/02/2018 à 09:34

Effectivement, voilà ce qui arrive quand une star vampirise le personnage qu'il joue. Downey jr n'a jamais nuancé Tony Stark au cours de l'évolution de la trilogie preferant se conforter dans le cabotinage de sa propre personnalité à lui que de faire évoluer le héros qu'il interprète(ne me dites pas que c'est pas lui qui écrit les films puisque dans les clauses de son contrat il a un droit de regard sur le scénario et la tournure que prend son personnage tout comme Tom Cruise avec les MI). Kevin Feige l'a sans doute compris et ne fera jamais un Iron Man 4 même si le personnage à repris un brin de son capital sympathie grace à Civil War où malgré que le film soit une purge sans nom doublée d'une grosse arnaque, son rôle y est très bien écrit( contrairement à la BD Civil War où Tony Stark se montre vraiment froid et manipulateur sans scrupules motivé plus par ses intérêts personnels qu'une cause véritable, celui du film est plutôt plein de remords et en recherche de rédemption…

Shreck
20/02/2018 à 09:05

Presque rien à sauver de ce naufrage: on dirait une parodie de buddy cop movie des 80's qui aurait copulé avec un comics.

Aldrich on dirait un méchant échappé d'un épisode de l'Arme Fatale, Rhodes sert uniquement de sidekick black, Pepper Potts à la fin avec ses super-pouvoirs et son pantalon de yoga, je préfère ne plus y penser. Le côté introspectif est artificiel (car, comme il est dit dans la critique, greffé sur le personnage de trublion de Stark qu'il aurait pour l'occasion fallu faire évoluer).

A la fin, j'ai cru être devant l'Arme Fatale 2, avec la scène sur le tanker. Et il parviennent même à vous gâcher le plaisir de découvrir de nouvelles armures avec ce ridicule feu d'artifice d'Iron Men.

Ah non, en fait, rien à garder.

Flash
20/02/2018 à 08:35

Pas terrible la franchise Iron Man.
Le 1er était bien, le deuxième mauvais et celui là très médiocre.

john
20/02/2018 à 00:23

J avais pas aimé au cinéma, j'ai donné une deuxième chance au film ce soir: Jai coupé au bout de 20 minutes... Perso insupportable, effets bof , caricatural a mort...

justinb
11/03/2017 à 15:39

Normalement,c'est le meilleur épisode de la saga de la franchise.

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