Jack le chasseur de géants : critique de derrière les haricots

Patrick Antona | 22 décembre 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Patrick Antona | 22 décembre 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Devenu un des wonderboys hollywoodiens les plus remarqués depuis la révélation de Usual Suspects, ayant réussi la transition sur grand écran du monde Marvel avec les deux premiers X-Men ou à utiliser à contre-emploi Tom Cruise dans Walkyrie, on était en droit de se demander si Bryan Singer était en capacité de nous surprendre encore. 

HOLLYWOOD ET LES CONTES POUR ENFANTS

Surfant sur la vague de la fantasy qui fleurit sur nos écrans depuis les succès de Alice au pays des merveillesBlanche Neige et autres Le Hobbit : Un voyage inattenduBryan Singer adapte le conte Jack et le haricot magique nanti d'un budget conséquent pour une version voulue grand-public, qui a connu une gestation assez douloureuse (le film était prévu pour juin 2012), mais qui cache sous son classicisme manifeste quelques aspérités qui lui donnent une saveur et un relief inattendus.

 

photoNicholas Hoult, avant Mad Max et First Class

 

Reprenant la trame habituelle de la quête du héros qui va sauver la princesse et le royaume des géants, Bryan et ses scénaristes élaguent le vieux conte classique (exit la poule aux œufs d'or et la harpe magique) pour se focaliser sur les relations entre les personnages principaux de cette aventure, dont les géants qui ne sont pas réduits à de simples épouvantails.

Si on peut regretter que le couple principal Nicholas Hoult/Eleanor Tomlinson soit bien fade et que leur romance reste anecdotique, Stanley Tucci en prince retors ou Ewan McGregor en garde royale téméraire dépassent aisément leur place de seconds rôles pour donner corps à des personnages dont les motivations et les interactions constituent une des meilleures parts du film. Mieux encore, Bryan Singer glisse quelques incongruités dans ce monde médiéval de fantaisie tel que le langage moderne ou quelques anachronismes qui participent au second degré, jusqu'à oser le gay friendly titillant la nature du triangle amoureux de manière assez subtile.

 

photoUn univers réussi

IL EST BEAU LE HARICOT

Quant au spectacle, il se révèle de grande qualité avec des scènes de combat épiques et exploitant la 3D de manière percutante, des géants en full CGI qui ont une présence manifeste et dont les interactions avec les humains sont des plus fluides, et une utilisation de décors naturels qui donnent de l'ampleur à l'ensemble.

Certes, il y a quelques imperfections qui parasitent le film et ne lui permettent pas d'accéder au statut de réussite totale : une introduction bâclée qui donne l'impression d'être dans une production Asylum, une caractérisation et un look trop cartoonesque de certains géants qui peuvent perturber (est-ce une volonté parodique voulue ?), et un final un peu paresseux qui évacue prestement quelques problématiques. Mais Bryan Singer est assez malin pour parsemer son récit d'éléments qui lui permettent de dépasser son cadre de spectacle naïf, comme la lutte de pouvoirs qui s'organise entre les humains et les géants, et de la corruption qui est son corollaire.

 

photoUn gros haricot

 

Spectacle dynamique et rythmé, bénéficiant de SFX de grande qualité et flirtant avec un second degré salvateur mais néanmoins respectueux du genre épique auquel il rend hommage, Jack le chasseur de géants n'est pas un nouvel avatar de cette relecture cynique de la fantasy qui est en vogue à Hollywood mais un pur spectacle grand public qui pourra contenter les plus rétifs au genre du conte de fées. On peut être déçu par le fait que Bryan Singer n'ait pas pu aller ausi loin qu'il espérait, même si la cruauté initiale des récits mythologiques n'est pas escamotée, donnant l'impression de suivre un récit à deux vitesses. Mais la réussite première du film est de donner une matérialisation et du corps à ces ogres qui ont souvent été relégués comme seconds couteaux dans les fantasy actuelles.

 

Affiche française

Résumé

Bryan Singer prouve encore une fois qu'il n'est jamais plus à l'aise que quand il s'agit de mettre en lumière les freaks, comme il l'avait démontré en son temps avec les mutants des X-Men.

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(3.6)

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commentaires
Guéguette
24/12/2020 à 16:18

@John Hudson_85132 et Les M:I ainsi que les jack reacher sont quand même bien oubliables, tu remarqueras.

DjFab
23/12/2020 à 10:10

J'ai beaucoup aimé ce film !

Ankytos
23/12/2020 à 08:15

Plutôt d'accord avec la critique. J'avais raté le film à sa sortie mais sa découverte ultérieure a été une agréable surprise. Un film d'aventure fantastique bien sympathique.

John Hudson_85132
27/06/2018 à 03:44

Même Tom Cruise a cru un temps que Singer avait du talent avant de tourner avec lui et s 'apercevoir que le talent c'était son collaborateur scénariste Christopher McQuarrie qui l'avait.

Depuis Cruise a fait 3 films avec lui en tant que réalisateur et un peu plus en tant que scénariste

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