La Chute de la Maison Blanche : Critique

Sandy Gillet | 20 mars 2013
Sandy Gillet | 20 mars 2013

Depuis quelque temps on assiste à un revival en forme d'hommage de tout ce qui rappelle de près ou de loin les films bourrins des années 80. Une sorte de retour vers le futur que l'on peut dater grosso modo au premier Expendables et qui ne se dément plus. Ne serait-ce que depuis le début de l'année on a eu, pour les plus évidents, Le Dernier rempart et Du plomb dans la tête (on passera poliment sous silence le dernier Die Hard) avec justement dans les rôles-titres des vieilles gloires de cette décennie cinématographique que les plus jeunes doivent certainement nous envier ou plus certainement railler car il n'y peut y avoir d'entre-deux. La chute de la Maison Blanche vient renforcer ce constat d'une manière toute aussi frontale mais avec une certaine vigueur contemporaine assez réjouissante pour peu que l'on veuille bien se laisser faire.

Car il faut mettre d'abord de côté les effets spéciaux numériques assez pourris (manque de moyens ? Butler, ce Depardieu yankee, a siphonné tout le budget du film ?). De l'accident sur le pont en guise de pré-générique à l'attaque aérienne sur Washington où le rendu de certains plans ne vaut pas mieux que celui d'un bon vieux film de guerre des années 60 utilisant la technique des transparents ou des miniatures, c'est un peu la panique visuelle. On n'en croit pas nos rétines. Ensuite il faut aussi ne pas trop se poser de questions sur plusieurs trous béants du scénario ou des motivations de ce commando de terroristes aussi risible que celui du Red dawn de John Milius (dont on attend toujours le remake en salle ou au moins en DTV).

 

 

Des réserves qui si l'on est mal luné pourront faire pencher la balance vers le définitivement négatif et ne voir dans la dernière réalisation d'Antoine Fuqua, le réalisateur le plus caméléon d'Hollywood (entendre par là qu'il va toujours là où la mode filmique du moment le porte), qu'un ersatz bas de plafond entre la série 24 heures et Die Hard premier du nom.

Mais si l'on vient en ayant bien l'esprit vide de toutes préoccupations bassement matérielles, on peut sans problème prendre sacrément du plaisir à cette prise d'otages rocambolesque au cœur même du bâtiment le plus sécurisé au monde.

 

 

Gerard Butler y est plus que convaincant façon second couteau « Yippee Ki Yay Motherfucker » et ex-bodyguard d'un Président des États-Unis joué par un Aaron Eckhart que l'on aurait préféré noir. Question de crédibilité. Et ce même si Morgan Freeman prend le relai une fois que son n+1 est aux mains des terroristes. Butler, ce grain de sable au sein d'une opération bien trop huilée, sait comment insuffler à lui seul une certaine idée du cinéma d'action d'aujourd'hui. Pas novatrice ni même organique, mais tout de même bien ancrée dans son temps où il faut savoir se mouvoir dans un environnement numérique. Une crédibilité biaisée mais in fine comme depuis toujours au cinoche.

Quant à Fuqua, il fait le job comme on dit, bien qu'un jour on aimerait le revoir aussi inspiré que dans Shooter. Le tout est agrémenté de quelques séquences climax qui si elles ne feront pas date, marqueront durablement les esprits pour en ressortir assez rassuré quant à l'avenir du genre : point de renouveau à l'horizon mais une envie chevillée au corps de prendre son pied en faisant tout péter correspondant au minimum que doit nous garantir ce genre de film. Et au moins ici ce cahier des charges est respecté.  

 

Résumé

Point de renouveau à l'horizon mais on peut sans problème prendre sacrément du plaisir.

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.

Lecteurs

(2.0)

Votre note ?

commentaires
cool
29/01/2018 à 23:40

les effets spéciaux numériques assez pourris!!!!!!!!???????HEU OUI j ai vu vraiment pire !

?
29/01/2018 à 23:37

les effets spéciaux numériques assez pourris!!!!!!!!????????

votre commentaire