Critique : Zaytoun

Damien Virgitti | 27 février 2013
Damien Virgitti | 27 février 2013

A ceux qui se demandaient où partait Stephen Dorff à la fin de Somewhere, ce film répond en partie à la question. L'acteur, second rôle récurrent du ciné d'action de plus en plus relégué aux DTV, semble entamer une résurrection à travers le cinéma d'auteur. Qui l'eut cru ?

Dans Zaytoun, l'acteur américain va même encore plus loin : il incarne un pilote de l'armée israélienne parachuté en plein Liban à l'aube du conflit qui agita le pays jusque dans les années 90. Placé sous la garde d'un enfant-soldat, il réussit à le convaincre de faire route tous les deux vers leur terre d'origine. Commence alors un périple où les deux héros vont peu à peu réconcilier les frontières de la Palestine et de l'Israël en devenant amis.

A la barre de cette fable sur la guerre, le réalisateur israélien Eran Riklis, déjà auteur des Citronniers en 2008, continue de témoigner de ces lourds conflits identitaires sous couvert de poésie avec la plante, le fruit comme symbole d'une mémoire à reconquérir (Zaytoun signifie l'olivier en arabe).

Si le film déroule une bien belle histoire d'amitié avec sa réalisation emphatique, il touche en cours de route le véritable coeur de ses personnages, et le nôtre avec. Au travers de petites scènes, le réalisateur décrit avec intelligence et sobriété le rapprochement entre ces deux ennemis politiques mais qui se retrouvent peu à peu sur un but commun : regagner leur identité, comme dans cette scène touchante où l'enfant cherche à tout prix à récupérer son rameau d'olivier en plein milieu d'un champ de mines.

Une histoire toute en symboles et pleine de bons sentiments que le film a le bon ton de mettre de côté lors d'une dernière partie qui traite avec mélancolie des véritables enjeux sous-jacents liés au conflit. Et pour un peu, Stephen Dorff nous tirerait presque quelques larmes. A croire qu'en parallèle de cette graine d'olivier et d'amitié qui a poussé entre les deux personnages, celle d'un véritable acteur a aussi fait son chemin.

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