Expendables 2 : Unité spéciale - critique sans collant

Simon Riaux | 20 mai 2018 - MAJ : 05/06/2019 15:54
Simon Riaux | 20 mai 2018 - MAJ : 05/06/2019 15:54

Tremblez, héros en collants ! Paniquez, agents secrets au service du placement de produits ! Fuyez, soldats métrosexuels à l'arsenal rutilant ! Les rédempteurs du Septième art se sont rassemblés pour fondre sur les salles obscures tels un nuage de sauterelles sous stéroïdes, dans un maelström de cordite assaisonné de testostérone. Les gros bras d'hier sont de retour et se rappellent à notre bon souvenir à coups de dynamite et de deltoïdes sur-gonflés. Expendables 2 : Unité spéciale débarque, et sur son chemin, la subtilité trépasse.

N'EN JETEZ PLUS

Conscients que le premier épisode, s'il avait ravi les spectateurs de bon goût, avait frustré quelques forcenés, Simon West et Sylvester Stallone ont semble-t-il fait le serment de nous en mettre plein les mirettes, et ce dès l'ouverture des festivités. La première bobine du film est donc déconseillée aux personnes fragiles, sensibles, aux tympans délicats, incommodées par la vision de dizaines de vilains népalais massacrés, ou sujettes à une potentielle rupture d'anévrisme.

Après un premier quart d'heure tonitruant, qui écrase littéralement le film précédent, on se surprend même à espérer que le reste du métrage ne soit pas à l'avenant, par égard pour notre petit cœur sur le point d'exploser.

 

Image 607178Sortez les bérets

 

Si cette ouverture en fanfare provoque un durable sentiment d'euphorie, elle ne peut tout à fait dissimuler le bordel monstrueux qui tient lieu de scénario. Très rapidement, les enjeux se multiplient, s'annulent se contredisent, alors que nos héros se voient confier une mission à l'issue fatale, laquelle provoquera l'ire apocalyptique de leur leader, et constituera le cœur du récit. L'idée de voir nos mercenaires préférés se lancer dans une course destructrice pour venger un abominable affront n'était pas plus bête qu'une autre, encore aurait-il fallu la structurer autour d'une charpente digne de ce nom.

Liam Hemsworth a beau être formidablement sympathique, on se figure plus aisément notre beau Sly dialoguer avec lui à coup de batte de base-ball plutôt que le prendre sous son aile. Les ressorts utilisés pour créer l'empathie avec le spectateur se révèlent aussi grossiers que fumeux (ah le coup du chien...), à l'image de tous les éléments du script sensés toucher les personnages, et les extraire de leur condition de machines à tuer (ah le coup du village uniquement peuplé de femmes...).

 

Image 607180Nouveau béret

 

ON BERET POUR VOIR ÇA PLUS SOUVENT

La crédibilité et la finesse étant aussi utiles aux Expendables qu'une paire de Lauboutin à une cul-de-jatte, on ne se formalisera pas de ces scories pour se concentrer ce qui nous importe véritablement : l'action. Et contre toute attente, c'est dans un premier temps là que le bât blesse. Après une ouverture fantastique, le film a bien du mal à égaler ce morceau de bravoure introductif, pire, il est désormais évident que nos idoles ont vieilli, et que même Sylvester Stallone ne court plus sans doublure. Du coup, les nombreux affrontements se voient très rapidement expédiés, et se limitent presque exclusivement à des échanges de tirs, quelques roulades, évitant soigneusement tout engagement physique.

Expendables 2 : Unité spéciale serait-il une pochardise honteuse, le film de trop, une réunion de grands-pères désormais incapables de casser des côtes comme d'autres du petit bois ? Heureusement non. Car plutôt que de tenter de sauver les apparences par le montage, de nous faire croire qu'il peuvent encore se lancer dans des mano a mano impitoyables, nos héros ont choisi d'en rire. Avec incrédulité dans un premier temps, puis avec un plaisir inextinguible, le spectateur découvre qu'il n'est pas devant un baroud d'honneur, mais devant une comédie d'action.

En effet, le métrage est littéralement caviardé de répliques plus folles les unes que les autres, de gags over the top (Chuck Norris bon sang), et de clins d'œils (appuyés mais presque toujours hilarants) au spectateur.

 

Image 607179Bonjour, je suis le gag

 

LIBÉREZ GRATOS

Le tout va de paire avec une générosité admirable, parfois profondément touchante. Quiconque connaît un tant soit peu la biographie des comédiens, celle de Dolph Lundgren en particulier, constatera combien les acteurs ont mis d'eux dans leur rôle, et prennent à bras le corps cette occasion (la dernière ?) de bâtir leur légende. Impossible de ne pas sentir le réel s'insinuer de toute part, la nostalgie colorer la moindre séquence, Sylvester Stallone et Jean-Claude Van Damme allant jusqu'à rejouer et mettre en scène leur inimitié d'hier, lors d'un climax qui donnerait le tournis au plus aguerri des équarrisseurs serbes.

Parlons-en du climax, après une ouverture gargantuesque et un développement comico-lourdingue, Expendables 2 : Unité spéciale rassemble enfin les éléments épars disséminés depuis le premier épisode et nous offre un sommet d'action débridée, de destruction, de générosité et d'humour. Après ce feu d'artifice barbare, les réserves légitimes éprouvées au cours du visionnage s'envolent, alors qu'en une poignée de répliques roublardes, empreintes d'une mélancolie certaine, chacun tire sa révérence. Et si cette belle brochette de sanguinaires se quitte bière à la main, flingue encore fumant et la bouche en cœur, les larmes ne sont pas loin, de part et d'autres de l'écran.

 

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Résumé

Nos guerriers sont montés une nouvelle fois au front, avec leurs casseroles, gueules cassées, répliques cultes et hanches prosthétiques, histoire de rallumer une ultime fois le flambeau du cinéma d'action à la papa. Reste à savoir qui aura les cojones de le reprendre...

commentaires

Lougnar
21/05/2019 à 10:20

Perso c'est celui que j'aime le moins des trois ! Mon préféré étant le 3ème.
Pour ce deuxième film, trop d'humour, trop parodique (genre Schwarzy qui dit "c'est qui le prochain, Rambo ?" nul !!) ! Chuck Norris lamentable, qualité d'image immonde,.
Classement : 3, 1 et 2. Dans le 1 il me manque clairement une scène d'action avec Schwarzy.
En espérant que le 4ème soit le meilleur ! Mettez moins de monde et rajouté Jackie Chan et Dwayne Johnson (ce dernier en méchant) !!!

Gregdevil
20/05/2019 à 19:27

J'ai bien accroché le 1er. Mais celui la c du bigger and louder pur.
Mais en moins bon.
Toute la crédibilité et l'ambiguïté des personnage à laissé la place à la bonne rigolade et blague à papa.
Je ne dis pas que le 1er est un film a prendre au 1er degré mais on sombre totalement dans le second.

Ah oui ce combat ridicule a la fin ! Et regardez bien on voit 2 fois la même séquences, quand Van Damme fais un high Kick en mode 180.

Bon je ne parlerais même pas du 3...

Pseudo1
20/05/2019 à 19:26

Le meilleur de la trilogie (en espérant que le 4 se fasse et vienne laver l'affront du 3)
Et le seul qui parvient à retrouver le plaisir régressif des Commando, Demolition Man et consorts. Ca pète dans tous les sens, mais toujours avec bonne humeur à grands renforts de punchlines souvent inspirées (la palme à Chuck Norris).

A date, je crois que c'est le dernier film d'une telle trempe que l'on ait pu voir.

STEVE
02/10/2018 à 11:32

Autant j'étais fan des films d'action des années 80 (je ne les apprécierais pas maintenant donc je préfère garder mes souvenirs d'antan intact) autant je trouve abusé de mettre autant d'étoiles à ce film!
Je le trouve nul. Et la nostalgie ne fait pas tout!

Et déception du combat final dans lequel Vandamme est trop vite expédié.

Pseudo1
02/10/2018 à 11:11

Quel pied ce film, qui nous renvoie directement au plaisir coupable des Commando, Demolition Man et consorts !

Même après tout ce temps, le coup de Chuck Norris et du cobra me fait toujours autant marrer ^^

rojo
01/10/2018 à 22:26

Il y a plus de lignes pour contenir le nom des acteurs que pour le scénario :)

corleone
01/10/2018 à 21:19

Le meilleur des 3 pour moi aussi. Le caméo de Don Chuck Norris demeure pour moi l'un des meilleurs moments du de l'histoire du cinéma(et je mesure mes mots).

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