The Dark Knight Rises : critique qui a mal au dos

Damien Virgitti | 23 septembre 2018 - MAJ : 17/02/2020 21:14
Damien Virgitti | 23 septembre 2018 - MAJ : 17/02/2020 21:14

À l'époque, impossible d’ignorer la sortie de The Dark Knight Rises, dernier volet de la trilogie de Christopher Nolan consacré à Batman. LE film le plus attendu de l'été après le succès monstrueux du précédent opus, porté de bout en bout par la prestation magistrale d’Heath Ledger en Joker. Pour Nolan et son équipe, il s’agissait de faire mieux tout en concluant dignement sa saga. Et en matière de « prestige », Christopher Nolan semblait s’y connaître.

TROISIEME ACTE : (PAS) LE PRESTIGE

Le réalisateur s'y prend de cette manière : retourner aux sources de Batman begins et recentrer ce blockbuster sur le parcours de son héros Bruce Wayne, toujours aussi tourmenté par la perte de ses parents. Une émotion palpable parcourt en effet le film de bout en bout, se permettant, entre deux explosions, des scènes intimistes avec ses personnages. Confronté à Bane, un véritable roc contre lequel Batman ne peut plus rien, et le cuisant échec de sa soif de justice dans le précédent opus, Bruce Wayne apparaît comme un héros plus faible que jamais. Et le film de nous montrer sa progressive renaissance, aussi bien psychologique que physique.

Une quasi première dans un film de super-héros qui a plutôt tendance à les glorifier. Ces moments qui voient les personnages confrontés à la perte de leurs idéaux contribuent pour beaucoup à l’attachement du spectateur à l'oeuvre, et lui donnent un beau souffle grave et épique.

  

photo, Christian Bale, Anne HathawayBruce Wayne et Selina Kyle


La comparaison avec The Dark Knight s’arrêtera là. Car c’est un fait : Bane n’est pas le Joker. Et malgré la présence physique qu’impose Tom Hardy et son discours politique pour provoquer la révolte du prolétariat, il lui manque indéniablement les fulgurances d'Heath Ledger, qui traversaient le précédent film. Une absence cruelle de force anarchique qui donne un gros ventre mou au film, renforcé par les éternels manques de rythme de Christopher Nolan. Il est même difficile de trouver avec ce méchant un morceau de bravoure qui égale celui du deuxième opus (on pense à la scène de l’interrogatoire). Comble du comble, l’affrontement tant attendu entre les deux titans peine à venir, et manque d’intensité au moment crucial.

 

photo, Tom HardyTrop faible le Bane ?

 

LE CHEVALIER NOIR DEÇOIT

Parmi les nouveaux venus dans l'univers de Batman, Bane n'est pas le seul à nous laisser sur notre faim. L’introduction de Catwoman, reléguée comme on le craignait à une simple sidekick du super-héros, souffre trop de la comparaison avec celle de Michelle Pfeiffer dans Batman, le défi. Toutefois, il faut reconnaître à son interprète, Anne Hathaway, sa capacité à tirer son épingle du jeu lors des trop rares confrontations avec Wayne-Batman.

 

photo, Christian BaleJe suis la nuit

 

Du côté de la mise en images de l'action, Christopher Nolan continue de faire le mauvais élève et semble même regresser tant aucune séquence de ce troisième opus n'arrive à la cheville de l'ouverture magistrale du The Dark Knight ou de la poursuite en voitures nocturne dans les rues de Gotham. Et ce n'est pas l'utilisation plus que poussive et peu imaginative de la Batwing qui viendra booster le cours d'un récit sans grande ampleur de ce côté-ci. Il faudra attendre la course poursuite finale, en dépit d’un enjeu assez banal pour un blockbuster, pour que le film retrouve son rythme trépidant et relie d’une façon assez classe la saga cinématographique à la mythologie de la bédé.

 

Affiche française

Résumé

Malédiction du troisième et dernier opus oblige, The Dark Knight Rises n’est donc pas l’apothéose attendue et souffre encore trop de la comparaison avec ses prédécesseurs mais apporte une conclusion humaine à la saga de l’homme chauve-souris qui restera comme une (et non LA) référence en terme d'adaptation de super-héros.

Autre avis Geoffrey Crété
The Dark Knight Rises a une sale réputation, directement liée au phénomène The Dark Knight. Cette conclusion est pourtant portée par un beau sens de l'épique et de la tragédie, et bercée par une ambiance sensationnelle. Sans les errances narratives et coups de mou, ce serait grand.
Autre avis Simon Riaux
Triste sort que celui de Rises, attaqué pour ses "invraisemblances" (quand les innombrables incohérences du Dark Knight passèrent crème), alors qu'il propose un récit follement ambitieux, développe et conclut sa mythologie avec brio. Sans doute le volet le plus tragique et personnel de la saga, et un des meilleurs films de Christopher Nolan.

Lecteurs

(3.4)

Votre note ?

commentaires

Flo
20/02/2020 à 15:01

– « Quand Gotham sera réduite en cendre, je t’autoriserais à mourir. »

Début explosif bien qu’un peu longuet, on retrouve peu à peu la même volonté de Nolan de faire dans la fresque iconique littéraire et symbolique de l’époque.
Christian Bale est toujours l'un des meilleurs acteurs anglo saxon du monde. Son Bruce Wayne, ici en décalque de celui de "Dark Knight Returns" (avec barbiche au lieu de moustache) et de "Batman la Relèvee (avec canne) est la conclusion fracassée et logique du personnage. Mais il a encore de la sève, et est le moteur principal du film, même si les autres poussent beaucoup du coude;
Pas vraiment le cas de Michael Caine qui, après quelques scènes à l’émotion déchirante, laisse tomber son maître et fils au mauvais moment. Signe que là, ça va virer dramatique grave. Il se rattrapera au moins de belle manière plus tard, dans une scène pseudo "Inception" ;
Anne Hathaway est comme je m’en doutais déjà superbe en Selina Kyle , malgré les crainte de certains « seniles guys ». Evidemment l’excellente « Tatayet » joue le personnage en étant fidèle à sa version comics de Cat-burglar, faussement nihiliste, vrai icone sexuelle. La seule à tenir la dragée haute à Bats, et ça c’est jouissif. Mais c’est aussi vrai que le déroulement de l’histoire ne peut l’élever au niveau de la version de Michelle Pfeiffer dans "Batman Returns" où Tim Burton, au même titre que le Pingouin, poussait déjà l’iconographie des vilains au maximum. Chacun tour à tour dépassant le statut de freaks costumé pour aller vers les extrêmes symbolique et monstrueux par rapport aux originaux. Dans le même style qu’avec Heath Ledger en gros. Rien à vraiment adapter à l’époque en somme, mais avec son look de Julie Newmar et son caractère trempé et, mine de rien félin, elle assure la petite. Et en n’étant pas attaché directement au éléments principaux du film en fait un électron libre capable de l’inattendu. Le vrai « Joker » du film, c’est elle !
L’énorme Tom Hardy en Bane « Laden » nous offre un genre de "Bronson" déshumanisé, tout en étant fidèle au caractère originel de prétentieux matamore (pléonasme) du Bane connu alors. Le genre de gars qui casse des briques et du moral, et qui en est fier. Pas comparable avec le Joker évidemment, ce Bane ci étant un vilain très Majeur regroupant les caractéristiques groupées des précédents méchants. Pour se révéler au final plus comme une sorte de créature de Frankenstein, peu maître de ses actes et légèrement émouvant dans sa monstruosité ;
Enfin Joseph Gordon Levitt représente un peu le coeur du film, c’est à dire le spectateur « humain », observant les événements se dérouler et intervenant avec courage au moment opportun. Un peu dans le même genre qu’un Myers dans "Hellboy" ou Coulson dans "Avengers".
Comme d’hab Nolan a rameuté sa team d’acteurs en clin d’oeil ou rôle mystère (Marion Cotillard ne démérite pas trop vu le père de son personnage) ou come back de « has been » (Matthew Modine, Tom Conti… et Christopher Judge fait bien rire en se faisant étaler en 2 coups de poings par le gringalet Levitt). Il a encore réussi à y caser de la neige et à étirer à l’infini son histoire – quasiment une année complète pour chaque intrigue de Batman.
Est-ce prétentieux pour autant quand on raconte l’histoire de l’une des icone les plus connues de la bande dessinée américaine (+ de 70 ans!).
Le but de ce genre de cinéma étant le Divertissement, mieux vaut ce laisser aller le voir pour cette raison, et non au nom d’une certaine intelligentsia d’auteur (ça n’a jamais nui à Spielberg ces dernières années)

– « Ces gens, vous leur avez tout donné. – Tout ? Non, pas encore. »

En lançant des débat sur "TDKR", on risque de s’éloigner un peu trop du sujet du film. A savoir les conséquences de l’existence d’une ville comme Gotham (version alternative de New York), dans le vrai Monde. Un endroit si sombre et corrompu qu’il se base sur cette absence de valeurs positives pour survivre, plutôt que de simplement exister. Une sorte d’animal enragé et blessé qui préfère mordre la main qui pourrait le soigner.
D’où l’émergence d’un Batman, puis d’un Joker pour le contrebalancer et enfin de Bane et la Ligue des Ombres pour finir de « désherber » le tout. Tout ça inscrit en fait cette Trilogie dans une seule histoire nous décrivant un monde où Batman serait le seul héros existant.
Sinon Superman ou Green Lantern aurait pu intervenir pendant le siège de la ville. Car si aucun autre super héros n’a émergé sur la période racontée de 10 ans, ça permet d’expliquer pourquoi Nolan a situé le film 8 ans plus tard – passant à la trappe une potentiel rencontre avec Dick Grayson, ou Barbara Gordon, ou les évasions régulière d’Arkham pour le Joker. Celui-ci n’étant pas cité une seule fois dans le film, corroborant aussi la rumeur selon laquelle il y avait aussi des plans indispensables pour lui dans la suite - Rajoutons que le programme "Table Rase" semble aussi lié dans une storyline parallèle au… Joker. Eh oui! puisque le personnage n’a aucune identité connue ni empreintes, lui aussi (et certainement Bruce et Selina à la fin) est passé par ce système. Le mystère sur son identité restera néanmoins total comme son équivalent comic. On peut juste supposer que si Heath Ledger était encore en vie, cette histoire aurait été aussi évoquée (et peut-être même écrite vu que Nolan prépare ses scripts des années à l’avance – voir "Inception", remisé pendant 10 ans à cause des "Dark City", "Matrix", "Fight Club" etc…) -

Donc au final de la "Trilogie Dark Knight", si elle est la plus fidèle adaptation de l’essence du personnage, permet surtout de nous offrir la première Véritable Conclusion à une franchise super héroïque, qui aurait été préparée depuis le début ou quasiment.
Si on compare avec les autres saga de ce genre, Toutes on laissé entendre l’idée d’une suite « histoire de rallonger la sauce ».
On a vu le résultat avec "Batman et Robin" (ignoble photocopie de "Batman Forever" qui, lui, se terminait de manière concluante et presque similairement à "TDKR" – « l’héritier » de Bruce)...
Un "Spider-man 4" jamais fait pour cause de script compliqué (alors que la conclusion du 3 était belle à crever – en aparté, le titre original de "Spider-Man 2" était "The Amazing…" – Sony avait-elle déjà prévue le reboot après avoir forcé Raimi à changer de format cinéma sur le 2 ?)...
Ou d’autres choses comme un "Indiana Jones 4" à moitié réussi (la moitié Spielberg, pas celle de Lucas).

Bref "TDKR", un peu à l’instar des "Soprano", « coupe le courant » en laissant la vie des personnages continuer. Rendez vous compte que Nolan a fait ce que personne n’imaginait : Faire Raccrocher La Cape à Bruce Wayne.
Lui, le control freak, asocial, cassé et reclus à la Howard Hugues (rigolo quand on sait que Nolan a longtemps voulu faire Son Film sur Hugues) se détend enfin et passe le flambeau au meilleur qu’il connaisse. Ni DC, ni Marvel n’ont eu le courage de faire ce changement définitif dans les comics avec Batman (revenu relativement vite après ses divers remplacement) ou Captain America (pareil, mais sur une période plus longue et excitante). Ici, les histoires ne finissent jamais.
Mais là, la dimension cinématographique et resserrée de l’oeuvre permet cet état de fait, s’inspirant à la Fin"du Dernier Problème" de Sherlock Holmes (une des inspirations originelle de l’univers du héros – Alfred/Watson, Gordon/Lestrade, Selina Kyle/Irene Adler et Moriarty pour qui vous voulez), où le héros feinte sa propre mort pour vivre en paix sans changer ce qu’il est fondamentalement. Et rattachant l’histoire de Batman, au delà de la BD, à la tradition littéraire et policière en générale.

C’est pourquoi on ne verra Jamais John Blake sous le masque de Batman dans le futur. Son véritable Nom/prénom, Robin, n’étant qu’un simple clin d’oeil populaire et sans conséquence (ou comme teaser de la prochaine version ?),
Il reprend la cape « hors champ » pour Gotham.
Mais pas pour nous, car Batman sera pour toujours Bruce Wayne. Et personne n’aurait envie de voir Blake galérer de la même manière que Bruce, se serait de la redite inutile car tout y a été dit dès "Batman Begins". Ça tirerait en plus une balle dans le pied des comics DC.

C’est aussi pourquoi la prochaine « légende » de Batman s’inscrira au cinéma dans une logique globale plus aventureuse et fantastique, mais hélas gardant peu de la même exigence de réalisme et de qualité. Pas de Bat-Trilogie autour des divers Robin, comme garant d’un version plus Fun sans spécialement draguer un public infantile.
Après la version centrée uniquement autour de la sauvegarde de Gotham, la Vrai compétition cinéma de franchises croisées entre DC et Marvel commencera quand toutes ces icones se réunirons au sein d’un Univers étendu,solide (pour multiplier les passerelles et donc les idées), plutôt qu’autour d’une ville somme de l’Amérique.

Etes vous prêt pour un Batman cette fois-ci réellement sans limites (sauf morales) ?
On attend toujours.

Manontherun33
24/09/2019 à 20:22

Je ne suis pas d'accord. Ce film a du rythme mais il est très inégal. Commençons par les points négatifs, tout d'abord sur des choses simples comme l'histoire. Comment vivent 4000 policiers dans les égouts pendant 4 mois? Ensuite on a perdu l'esprit de Gotham dans cette ville moderne aux rues claires. Qu'est devenu Gotham, le quartier Narrows, mystique et sombre. Nous n'avons pas vu Gotham mais New York ou Washington. Gros plantage aussi sur le discours qui devient presque politique "rendre le pouvoir au peuple". Une véritable campagne présidentielle... mais a quoi pensait notre cher ami Christopher?? Et pour finir, les méchants et la conclusion. Bane n'est pas assez sombre. Talia Al gul n'est pas assez mystérieuse et je ne parlerai même pas de sa mort qui est vraiment une honte au film. Et la fin qui aurait du être le sacrifice de Batman pour en finir avec la ligue des ombres
Pour le positif, Anne Hattaway qui a vraiment un Q de déesse dans sa combinaison en cuir. La descente aux enfers de Batman et sa résurrection. Le côté philosophique du héro et ses illusions déçues, sa vie avec Rachel et sauver Gotham du crime. L'arrivée de Robin très bien emmené jusqu'au bout. Peut être pas l'apothéose attendu mais une conclusion de bonne facture

Jj
24/09/2019 à 20:04

Pour moi l un meilleur film Batman nolan je dis la vérité sérieusement trop facile critique nolan et Batman très franchement j ai adoré aussi Christian bale respect on dirais le vrai Bruce Wayne Alfred idem rien a dire très franchement respect pour nolan sont équipé le film hommage heath ledger aussi bravo pour le rôle joker aussi Anne hathaway alis catwoman on dirait la vrai selina kyle séductrice aussi manipulatrice en mes temps voleuse intelligent aussi indépendante en bien ou mal vraiment entouré ça rien à dire sans oublie tom hardy alias bane très pour l'un meilleur Batman nolan je souhaite que nolan reprendre Batman avec Christian bale qui sais on sais jamais dans la vie mais la pour l un meilleur vue malgré j aime pas Anne hathaway commun une bon actrices bon bref sérieux respect bravo à tout équipé nolan pour Batman je voulais continue mais il faut pas rêver voilà sitôt sincèrement du fond mon coeur aussi ciao

Claire
24/09/2019 à 18:53

Le meilleur Batman des 3. Tom Hardy est époustouflant. Les dialogues sont justes et racés. L'histoire tient en haleine, on ne sent pas du tout les heures. Ca passe trop vite. Et une superbe fin qui laisse de l'espoir contrairement à celle d'avenger qui est catastrophique. Merci M. Nolan

Dirty Harry
24/09/2019 à 18:05

Complètement inégal (des trucs lourds comme un âne mort côtoient de bonnes idées) et on sent que c'est plus pour terminer l'histoire de Bruce Wayne qu'un vrai film Batman. J'aime certaines scènes mais la musique reste insupportable pour mes tympans. Un Blockbuster batard et le plus faible Nolan (on sent l'envie de finir).

Arwen
24/09/2019 à 13:54

Un des meilleurs films de Nolan et bien meilleur que le 2e Batman avec un Tom Hardy excellent.
Des répliques cultes, une réalisation à couper le souffle et toujours un scénario original et bien ficelé. Le seul regret est que cela s'arrête. Batman nous manque énormément ….

Miami81
24/09/2019 à 12:15

Excellente réalisation mais relativement ennuyeux là où l'opus précédent arrivait à tenir en haleine de bout à bout.

Dutch
24/09/2019 à 11:27

Ca reste un excellent film après le méchant de ce film devait rester le Joker, mais évidemment Nolan n'avait pas prévu le décès de Heath Ledger, il as été pris de cours, après même en étant un fan absolu de Nolan, je dois avouer que "combat final" qui doit durer entre une et deux minutes à tout casser est plutôt décevant, avec des figurants en arrière plan qui moulinent les bras pour donner l'impression de se battre, très mal chorégraphiè, visiblement ce n'est pas la tasse de thè du réalisateur britannique de filmer des combats, la fin aussi est ouverte, volonté de laisser au spectateur d'interpréter la fin comme il veux, ou difficulté pour Nolan de se décider à choisir une fin, à savoir un Batman vivant ou mort.

Coucou
24/09/2019 à 10:13

Je pense que le film est bon, mais pas aussi bon que the dark knight, c'est pour ça qu'il est mal noté, mais malgré quelques défauts, il reste un bon film.

Yoyo67
24/09/2019 à 09:26

Les batman sont tous top
Bien mieux que le dernier avec ben affleck

Plus

votre commentaire