The Dark Knight Rises est-il vraiment raté, après le phénomène The Dark Knight ?

La Rédaction | 22 février 2021 - MAJ : 09/03/2021 15:58
La Rédaction | 22 février 2021 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Après le choc The Dark Knight, The Dark Knight Rises a déçu beaucoup de monde. Il est temps d'en reparler.

Plus d'un milliard au box-office, un succès immense auprès de la critique et des spectateurs, un Oscar historique pour Heath Ledger : en 2008, The Dark Knight a été un raz-de-marée. Quatre ans après, The Dark Knight Rises avait donc la lourde tâche de passer après, être un minimum à la hauteur, et clore la trilogie de Christopher Nolan avec Christian Bale en Batman.

Côté business, TDKR a été un franc succès, en passant le cap du milliard lui aussi. Mais sans surprise, le film a déçu beaucoup de monde, et fait l'objet de nombreux débats envenimés depuis.

Dès la sortie, Ecran Large avait défendu le film dans une critique. Des années après, l'équipe a toujours un avis globalement très positif sur le film. Et la sortie prochaine de Tenet est l'occasion parfaite pour revenir sur le sujet.

 

photoFinish him

 

CE QUI NE MÉRITE PAS TANT DE HAINE

 

LA GESTION DE LA MYTHOLOGIE BATMAN

Après le succès public et critique de The Dark Knight, les attentes étaient démesurées, notamment en ce qui concernait les nouveaux éléments mythologiques. Il faut dire que la mort de Heath Ledger a entraîné d’infinies spéculations sur ce qu’aurait dû être ce chapitre final. La faute en grande partie aux propos ambigus du scénariste David S. Goyer, responsable du scénario originel de Batman Begins et du traitement des deux épisodes suivants. Dans diverses interviews, il a fait savoir qu’il avait imaginé la confrontation de Batou et du Joker comme un duel étalé sur deux films. 

D’où les nombreuses rumeurs et fantasmes, certains évoquant un 3e chapitre en forme de procès dantesque et nihiliste, mettant à genoux le Chevalier Noir. Sauf qu’il est bien difficile de voir là-dedans quelque chose de réel. Tout d’abord, au moment de la mort de Heath Ledger, le réalisateur n’a pas signé pour un ultime opus, et a largement réécrit le travail de Goyer afin de condenser ses deux films en un seul, s’assurant, si jamais il quittait le navire, que son récit était clos. 

 

photo, Christian Bale, Morgan Freeman - Dites Lucius, j'ai droit à un Joker ? - Excellente vanne, monsieur

 

Dès lors, les fantasmes et hypothèses relèvent plus du doux rêve que du projet concret, mais le mal était fait dans l’imagination de nombreux fans. Comment faire pour les satisfaire ? C’était quasiment mission impossible, ainsi qu’en témoigne la réception glaciale du film. Et pourtant, Christopher Nolan a fait preuve d’un grand sens de l’harmonie, voire du tour de passe-passe pour digérer la mythologie initiée par Bob Kane. Il propose une boucle parfaite en retrouvant la Ligue des Ombres, dont sa version de Bane apparaît comme une terrible mise à jour, et l’aboutissement des défis, moraux comme physiques, auquel Batman fait face. 

Hybridant les légendes de la Ligue et les origines premières de ce méchant élevé en milieu carcéral, il fait un beau geste de synthèse, tout en se dopant à l’imagerie des comics. Du tribunal de l’Épouvantail en passant par la Batwing, TDKR embrasse le mythe, sans abandonner sa verve réaliste, menant les deux de concert, parfois avec maladresse, toujours avec ambition. 

 

photoUn film vachement trop réaliste

 

BANE

Il est entendu que le Joker est le meilleur antagoniste de cette trilogie. Mais à bien y regarder, est-ce vraiment le cas ? En effet, Bane est un méchant tel qu’on en croise rarement dans le cinéma super-héroïque, et dont la prestance demeure exceptionnelle eu égard aux standards du 7e Art en général. Tout d’abord, le personnage s’impose grâce à un style à la fois simple et instantanément reconnaissable, qui combine des airs paramilitaires, une allure certaine, brutalité, sophistication. Un paradoxe que Bane incarne jusqu’au bout des ongles. 

Cette tension est parfaitement incarnée dans sa voix, qui vient elle aussi souligner cette stature improbable. Caverneuse, altérée par un étrange masque facial, elle n’en est pas moins férocement aristocratique, presque maniérée, précieuse. C’est dans ce vibrato étrange (dupliqué depuis dans plusieurs incarnations vidéoludiques, sérielles ou animées), qui confère au personnage son étrangeté, mais aussi sa vulnérabilité. 

 

photo, Tom HardyLe célèbre camion-Bane

 

Et cette dernière est peut-être une des plus belles trouvailles du film. En choisissant de faire de Bane, non pas un génie du crime ou révolutionnaire en puissance – comme le laissent penser ses discours populistes -, mais un soldat tout entier voué à l’amour qu’il porte à Talia, Nolan opère une superbe trahison. Une trahison qui fait de Bane un être encore plus résolu, capable de commettre des atrocités par amour, un amour absolu, qui trahit tant le malheur qui l’habite, qu’une résolution qui fait initialement défaut à Batman. 

Pourquoi aura-t-il été reçu avec tant d’indifférence lors de la sortie du film ? Sans doute justement parce que le guerrier romantique aura douché les espoirs d’une partie du public espérant voir le cruel monolithe s’imposer comme un golgoth invincible. Peut-être également parce que Nolan n’étant pas un spécialiste de l’action, il aura eu bien du mal à lui offrir des combats à la hauteur de son charisme. Et puis bon, il faut avouer que la mort de Bane reste un des hommages les plus foireux jamais rendus à Bip-Bip et le Coyote, comme si le réalisateur s’était soudain retrouvé embarrassé de cet antagoniste imposant. 

 

photo, Tom HardyElle est un peu vénère cette ventoline


MIRANDA-TALIA

L'idée d'avoir une antagoniste secrète face à Batman était intéressante. En plus de boucler la boucle en revenant à Ra's al Ghul tué dans Batman Begins, la révélation permettait de blesser intimement Bruce Wayne, rejouer l'amourette post-Rachel avec une note amère, et Bane était un bulldozer derrière lequel Talia pouvait être facilement cachée, pour maintenir la surprise. Marion Cotillard a d'ailleurs dû assurer le service en promo, pour contrer les rumeurs sur l'identité réelle de Miranda suite à des images de tournage où sa tenue était lourde de sens.

Le problème, c'est que l'idée a été exécutée avec la même finesse que le personnage de Rachel dans les deux précédents films. Sortie de nulle part et catapultée dans l'équation, Miranda est caractérisée à la truelle : c'est un nouveau baromètre moral avec cette obscure histoire d'énergie écolo, c'est une nouvelle femme qui tente de tirer le meilleur de Bruce en le ramenant vers ses responsabilités, c'est un caractère bien trempé avec une attitude légèrement agressive. Elle finit sans surprise dans son lit au cours d'une scène ridicule, démonstration de la magie d'une coupure de courant et d'une averse, qui amènent naturellement vers la peau de bête devant la cheminée. Mais jamais elle n'a le temps d'exister à part entière.

 

photoOui, Talia jeune est jouée par Joey King

 

Lorsque la vérité éclate et que Miranda plante littéralement un poignard dans le dos (OK les côtes) du héros, le personnage aurait pu prendre une nouvelle dimension, et rétrospectivement donner plus de sens à ses actes. Mais à ce stade, il ne reste même pas 10 minutes au film, et tout est déjà fini. Talia alias Miranda a simplement le temps de sortir l'habituel discours sur ses motivations, s'embarquer dans une course-poursuite bruyante, et mourir.

Miranda-Talia est ainsi une antagoniste superficielle, menée par un désir très banal de vengeance qui aurait eu besoin de bien plus de scènes pour prendre vie. Sans ça, sa trahison n'a finalement pas grand impact, puisque le spectateur n'aura pas eu le temps et l'envie de s'attacher à elle. Comme Rachel, elle reste un accessoire entre les mains des scénaristes, placée sur l'échiquier dramaturgique pour activer des éléments, ou emporter l'action.

 

photo, Morgan FreemanPuisque je vous assure que je ne suis pas méchante

 

LA MORT DE TALIA

Le scandale-blague qui a permis à une meute de chacals plus ou moins méchants de tomber sur Marion Cotillard, pour moquer sa mort dans le camion crashé sur le bitume. Que la scène en question soit au mieux bizarroïde, au pire grotesque, n'est même pas la question : que l'actrice ait été si longuement visée par les critiques a été une plaisanterie cosmique, qui en dit long sur le rapport du public à certains artistes punching-ball.

Rappel des faits, dans le cadre d'un film : un acteur est dirigé par un réalisateur qui lui dit globalement quoi et comment faire, un acteur peut bien évidemment être moins bon sur une prise, et au final il n'a aucun regard sur ce qui est gardé au montage. Ce choix appartient au cinéaste, au monteur, aux producteurs, surtout quand il est question de l'interprétation pure d'un acteur. Sur un cas comme TDKR, autant dire qu'il appartenait pleinement à Christopher Nolan.

 

photo, Marion CotillardBulldozer à haters

 

Que cette mort de Talia apparaisse dans le film aurait dû soulever une vague de questions sur Nolan. Était-il en vacances ou aveugle ce jour-là pendant le montage ? Ne méritait-il pas une (grosse) part de la moquerie dans cette affaire ? Avait-il un problème à régler avec Marion Cotillard ? L'actrice avait désobéi aux ordres, en tournant en parallèle De rouille et d'os en France. Elle détaillait ça à Obsession : "Le contrat avec les Américains ne m'autorisait pas à tourner le film d'Audiard. (...) On a fait le début du tournage en cachette. Comme les Américains regardent de près ce que fait Audiard depuis Un prophète, on avait préparé des annonces, mais on avait menti sur les dates, expliqué que j'avais un tout petit rôle. Malgré ça, j'étais terrorisée à l'idée qu'ils l'apprennent. Un article a fini par sortir dans Variety, révélant le pot aux roses. (...) À partir de là, j'ai été une complication sur le tournage. Dès que les Américains me rappelaient, il fallait que j'y aille."

En 2016, Marion Cotillard reparlera poliment de tout ça avec Allociné pendant la promo d'Alliés, rappelant qu'il y avait plus grave dans la vie, mais expliquant tout de même que toute cette affaire était disproportionnée, et qu'elle s'était surtout dit : "Il y a des ratés et quand on les voit à l’écran, on se dit 'pourquoi avoir gardé ça ?'". Elle avait d'ailleurs joué le jeu de l'autodérision dans un sketch de la série Casting(s), où Orelsan lui balançait un "La seule chose moins crédible que ton rap, c'est ta mort dans Batman". Bonne joueuse.

 

photo, Marion CotillardDe rouille et dans l'os

 

CE QUI MÉRITE PLUS D'AMOUR

 

ANNE HATHAWAY

Certes, Selina Kyle alias Catwoman est un personnage moins iconique ici que chez Tim Burton, qui en avait fait l'un des coeurs battants et brisés de Batman, le défi, offrant à Michelle Pfeiffer un boulevard pour être tour à tour fragile, féroce, émouvante, grotesque, drôle, inquiétante, et tragique. L'héroïne a moins de place dans The Dark Knight Rises, même si elle a un rôle central dans l'intrigue (elle mène Batman dans les filets de Bane, lui prête main-forte et finit avec lui à boire un café).

Néanmoins, Anne Hathaway s'en sort avec les honneurs à tous les niveaux. Dès sa première apparition au manoir Wayne, elle écrase tout : la manière dont elle sort de son rôle de pauvre petite serveuse est un pur plaisir ("Oups..."), d'autant plus grand qu'elle ne se cantonne ni à l'étiquette de femme fatale, ni à celui de guerrière, ni à celui de hors-la-loi. Même chose dans le bar, où elle joue la demoiselle paniquée face aux policiers, avant de reprendre son chemin. Cette Catwoman est insaisissable, séductrice, vorace, drôle, opaque, et s'amuse de tout et tout le monde pour tracer sa route dans un monde qu'elle méprise.

 

photoBelle qui roule n'amasse pas mousse

 

Anne Hathaway dénote dans le monde très gris, froid et solennel de Christopher Nolan, avec un rôle plein de malice, de fausses légèretés, qui a autant la violence que le plaisir comme moteur - ce n'est pas un hasard si elle abandonne les armes à feu à contrecoeur, en disant "Où est le plaisir là-dedans ?". Bien sûr, son rôle s'amaigrit très vite, et après ses premières très bonnes apparitions, elle n'a plus grand-chose à faire dans la dernière partie, à part rouler, sauver Batman et sortir quelques phrases faciles. Mais l'actrice reste toujours solide, aussi bien à l'aise dans l'action que dans les scènes de dialogues, comme celle du bal masqué.

Elle est l'une des plus belles facettes du blockbuster, et c'est bien dommage qu'elle n'ait pas eu d'autres occasions d'exister, puisque l'idée d'un film centré sur elle n'a visiblement jamais été sérieusement discutée, et que Zoë Kravitz reprendra le félin flambeau dans The Batman.

 

Photo Anne HathawayFlagrant délit de plaisir

 

UN PUR THRILLER GUERRIER

C'est ce qui a beaucoup plu au grand public et aux amateurs de comic-books dès Batman Begins : en plongeant leur héros dans un environnement plus réaliste, les frères Nolan et David S. Goyer prennent également le parti de jouer avec les genres. Le premier opus, forcément un peu rongé par des impératifs de studio tenant à laisser son identité à Batou, était le plus hésitant là-dessus, esquivant parfois un peu maladroitement les codes du film de super-héros. Mais dès The Dark Knight, qui ne comporte même pas le nom "Batman" dans son titre, les choses changent, avec un Gotham labyrinthique et rongé par la pègre, le lieu idéal pour une traque ayant tout d'un thriller urbain pur, empruntant beaucoup à Michael Mann.

Rises s'inscrit dans cette continuité, au point qu'on pourrait presque considérer ces deux derniers volumes comme un diptyque thématiquement indépendant. Néanmoins, et malgré la présence d'un aspect polar, le long-métrage lorgne plutôt vers le film de guerre et d'espionnage, deux genres dont Nolan va d'ailleurs s'emparer par la suite avec Dunkerque et Tenet.

 

photo, Tom HardyUn précurseur du masque 

 

Loin du Joker anarchiste et semeur de chaos, Bane est un véritable leader terroriste, s'emparant avec force d'une ville de fait traitée très différemment que dans TDK. L'accent est bien évidemment mis sur son aspect insulaire, la rapprochant forcément d'une sorte de Manhattan, histoire de la muer en piège dictatorial. Paradoxalement, c'est en piquant l'arsenal de Bruce Wayne, c'est-à-dire de vraies armes de guerre, que le super-méchant instaure une sorte de fausse dictature du peuple.

Pendant une grosse partie du récit, le principal élément du genre super-héroïque, à savoir le super-héros lui-même, est aux abonnés absents. Il s'éclipse pour laisser Gordon prendre le poids de la Résistance sur ses épaules et motiver quelques scènes bien tendues, à l'aide du jeune premier, anti-Bane par excellence campé par Joseph Gordon-Levitt. Et lorsque Batman revient, c'est pour (littéralement) allumer la flamme de la révolte, et tout régler dans une véritable bataille en milieu urbain. Comme dans tout bon film de guerre qui se respecte, Wayne passe de super-soldat à meneur, dans une narration qui en fait finalement moins un héros qu'un général, sévissant grâce à l'amélioration de sa propre artillerie (la Batwing) et immortalisé sous la forme d'une statue. Plus évocateur... tu meurs.

 

PhotoCoup de Bat

 

L'AMPLEUR NARRATIVE

Trop corseté par le réel Christopher Nolan ? Incapable de livrer autre chose qu’un récit réaliste et sombre ? Voilà des affirmations bien péremptoires, que The Dark Knight Rises bat en brèche. Pour son grand final, le réalisateur a voulu offrir à Batman un chant du cygne épique, à la hauteur de ses plus ambitieux comic-book, et ne recule devant rien pour aboutir à une épopée bigger than life. 

Tout d’abord, le récit ne cesse de se réinventer pour dépasser son ADN d’aventure épisodique. Après un long premier acte où l’on peut sentir Gotham bouillonner des complots de Bane, ce dernier dévoile des intentions mégalomanes, puisque plus que Batman ou un quelconque butin, c’est de Gotham qu’il veut s’emparer. Et pour cela, le scénario n’hésite pas à transformer la cité entière en terrain de jeu. 

 

Photo Tom HardyC'est tout Gotham qui est invité à la fête

 

Et ce dernier ne pourra simplement devenir l’arène entre le Chevalier Noir et son adversaire, non Batman doit passer par une incarcération dans un lieu ô combien iconique, pendant que sa cité natale est métamorphosée en cour des miracles ruinée. Le récit ose alors de longues ellipses, comme pour tendre vers la fresque, rappelant que ses personnages peuvent nous extraire de la temporalité ramassée des blockbusters contemporains, et que ni le Pentagone, ni les smartphones, ni aucun gugusse en collant ne pourront accélérer cet inéluctable affrontement. 

Enfin, ce n’est pas innocent si la bataille finale prend initialement la forme d’une bataille rangée, avec le désir fou de capturer devant sa caméra les profondes fractures de la société américaine. Nolan narre la rage des tenants des institutions, le désespoir de ses victimes et l’opportunisme de ceux qu’il dépeint comme les profiteurs de ce conflit. Et Gotham tout entière de se précipiter, aux côtés de Bane et de Batman, pour se cogner une peignée si puissamment spectaculaire qu’aucun tarmac d’aéroport n’aurait pu l’accueillir. Un souffle tel qu'il ne redescend même pas quand la poussière retombe, tandis que l'intrigue nous offre une ultime bouffée de mythe, avec l'avènement annoncé de Robin, qui quitte littéralement l'écran par le haut, et consacre la trilogie comme une pure montée en puissance.

 

photo, Christian BaleQuand le Uber annule la course

 

LA MUSIQUE

Après avoir collaboré avec Hans Zimmer sur Batman Begins et The Dark Knight, James Newton Howard a décidé de ne pas revenir, sentant que Christopher Nolan avait créé un lien spécial avec Zimmer sur Inception. Une riche idée puisque la musique de cette conclusion est une réussite, possiblement la plus majestueuse de la trilogie.

Du thème malicieux de Catwoman au Deshi Basara, la musique est encore une fois riche et variée. Mais elle laisse surtout un beau sentiment de grande épopée, avec de vives émotions, qui vont de l'intimiste (Born in Darkness) à l'épique, en passant par une profonde inquiétude (Gotham's Reckoning) ou mélancolie (On Thin Ice). Entre reprises des thèmes et nouvelles mélodies, Hans Zimmer rend justice à la trilogie et à la trajectoire de Bruce Wayne avec un dernier tour de piste musical, qui se termine avec le très beau morceau Rise. Difficile de ne pas être rempli d'émotion face à ces grandes envolées orchestrales, émouvantes, puis finalement guerrières et conquérantes, qui indiquent que Batman ne meurt jamais.

 

photo, Christian Bale, Anne HathawayM'accordez-vous cette danse ?

 

LA FIN

Beaucoup d'encre a coulé sur la façon dont les scénaristes ont dû composer avec la mort de Heath Ledger, et sur le mystère de la réécriture (complète ? partielle ?) de ce troisième volet. Pensé sans cesse comme une suite à The Dark Knight, il a fini par ne plus être considéré comme la conclusion d'une trilogie qui aura mine de rien marqué au fer rouge l'industrie hollywoodienne et l'imaginaire de son public pour bien des années. Car The Dark Knight Rises est finalement presque une fin rêvée pour Batman, qui sera passé par tous les états, du jeune trop fougueux au vieux trop sûr de lui, tout au long de la saga.

Dans les derniers instants du film, Nolan lui offre un destin à la hauteur du personnage, et ce pour la première fois au cinéma. Sans cesse considéré comme un moteur à alimenter une franchise sans fin, Batman peut enfin profiter d'une conclusion, avec un certain panache, il faut le reconnaître. Construit en opposition avec le dernier acte du film précédent (vivace, mais honni, il finit présumé mort, mais adulé), l'épilogue parvient sans mal à convoquer une émotion souvent absente du reste de la franchise, grâce notamment à Alfred, relai émotionnel impressionnant, d'autant plus qu'il est porté par le bouleversant jeu de Michael Caine.

 

photo, Michael Caine, Christian BaleYes, he Caine

 

Mis à part un passage de relai un peu maladroit (surtout que la véritable identité de Blake ne fait aucun doute), ces séquences fonctionnent parfaitement en résumant rapidement les états par lesquels nous a fait passer l'histoire de Bruce Wayne. De l'iconisation enfin méritante et satisfaisante malgré le deuil à une touche optimiste prouvant bien que si Nolan utilise souvent ses antagonistes pour appuyer son propos, il ne leur donne jamais raison, et qu'il essaie toujours de traiter le Chevalier Noir avec humanisme.

Malgré quelques défauts, ce Dark Knight Rises s'impose comme une forme de consécration du personnage, finalement abandonné avec respect par les scénaristes. Voilà qui en fait une trilogie fermée, d'une certaine rigueur thématique et à la conclusion efficace. Un cas en somme plutôt isolé et digne d'affection, dans un Hollywood où rien n'est jamais terminé.

 

photo

Tout savoir sur The Dark Knight Rises

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commentaires
CartonZebre
26/02/2021 à 12:49

Spoiler alert : c'est de la daubasse

Marvelleux
25/02/2021 à 00:37

Qui propose Paul Verhoeven la prochaine réal de la saga Batman ?

Laurent SFN
24/02/2021 à 15:17

Si TDKR m'avait laissé de marbre lors de son visionnage au ciné puis après en blue-ray, je trouve qu'il se bonifie avec le temps. Il faut juste prendre conscience que ce n'est pas un film sur Batman (qui n'apparait finalement que très peu dans le film), mais plutôt sur Bruce Wayne et Gotham en général...avec une intensité dramatique qui monte en crescendo et vient clôturer magistralement la trilogie. Après il est difficile aussi de faire l'impasse sur ses défauts : temporalité mal maitrisée, invraisemblances (comment Bruce a fait pour rentrer à Gotham après être sorti de prison) scènes d'action un peu ridicules, Gordon qui débarque alors que "Robin" a "su" dès le départ. Dommage aussi pour la fin que j'aurais préféré plus mystérieuse, plus proche d'Inception (le seul sourire d'Alfred en train de siroter son Fernet-Branca aurait été effectivement parfait) mais ça doit être une contrainte des studios qui n'auraient pas accepté que l'on s'interroge trop sur la mort de Batman.

sylvinception
23/02/2021 à 12:52

Ethan aka méga-troll is in da place!!

Moi
23/02/2021 à 11:13

Je trouve que c'est le meilleur des Batman...Très noir... J'adore..

Ash77
23/02/2021 à 09:40

Pour une fois je suis entièrement d'accord avec Ecran large. Juste je rajouterais que la dernière baston urbaine entre les flics et les mercenaires est un peu brouillonne, voir ridicule au début de la scène avec la charge héroïque et désespérée des gentils policiers. Je n'ai pas vraiment accroché.

Tracy Chatteman
23/02/2021 à 00:22

Tout ce que je retiens du travail de Nolan c'est qu'il n'aime pas les français et qu'il prend un malin plaisir à les humilier ... La manière dont t'ils réécris l'histoire dans son films de guerre Dunkirk fesant passer nos soldats pour des pleutre et des idiots en dis long !!! Et garder la scène de mort de Cotillard en est un autre exemple , comment un soit disant grand réalisateur qui ce revendique de Kubrick peut t'il garder une scène aussi ridicule si ce n'est pour humilier la française ?! Plus je revois ses Batman et plus je les détestes que ce soit ses scènes d'action absolument atroce mal filmé mal chorégraphié ou ses montages qui sont catastrophiques pour raconter une histoire et qui font que tout les rôles secondaires manque cruellement d'épaisseur ... Sans parler du manque absolue d'émotions du tout . Finalement Nolan récidive sur Tenet 200 millions pour au final le même pet foireux .

Ethan
22/02/2021 à 22:04

Vous fumez les gars le 2 et le 3 sont en dessous. Le personnage de Rachel n'a rien à voir avec celle du premier film interprété par Katie Holmes. Même si ce n'est pas la même actrice!
Et ce n'est pas tout la catwoman, le joker et le dernier avec son masque à oxygène sont peu convaincants. On a l'impression qui nous ont sortis les figurines avec lesquelles on jouait étant gamin

Totot34
22/02/2021 à 21:37

Bandes de nazes

Chris11
22/02/2021 à 19:47

Je préfère largement ce 3e opus aux deux premiers. En fait, s'il n'y avait pas Heath Ledger dans le rôle du joker du 2, ce serait de loin le canard boiteux de la trilogie pour moi.
Ce 3e opus est plus opressant, constant, déprimant, envoutant quelque part, que ne l'est le 2e, et le premier aussi dans une moindre mesure. Hardy en Bane est fabuleux de froideur et de calcul, il n'est pas mégalo, ni fou, il est dans une implacable droiture jusqu'au-boutiste et pragmatisme glacial (le passage où il bute son homme de main pour "suivre" le cadavre de Gordon) que Hardy rend à la perfection.
Quelqu'un dit plus bas qu'il reverrait les 2 premiers opus à l'infini et pas le 3e, pour moi c'est tout l'inverse. Le 3 a plusieurs lectures, et si les deux premiers (surtout le 2e) finissent par me lasser, le 3 me fascine toujours un peu plus à chaque visionnage.

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