Critique : Safe

Laurent Pécha | 26 juin 2012
Laurent Pécha | 26 juin 2012

S'il y a bien une erreur à ne pas faire avec Safe, c'est d'imaginer que derrière ce titre banal se cache un quelconque nouveau Statham. Un énième Statham seraient même tentés de dire les fans du célèbre chauve qui démembre plus souvent son congénère qu'il ne lui adresse la parole. Le Statham, il tourne effectivement beaucoup et sûrement trop, au point que ses dernières sorties se sont avérées de sacrées déceptions même pour les plus indulgents d'entre nous. La tentation de zapper Safe pour attendre sagement le gros morceau du mois d'août (Expendables 2), est donc aussi forte que tentante.

Wroooonnggg !!!! Alerteeeee !!!! Safe, c'est un peu le nirvana de ce que le film d'action US peut offrir en 2012. Si on excepte le diptyque fou et presque inclassable des Hyper tension, c'est même le meilleur film de Jason Statham. Pour ce faire, il fallait qu'un réalisateur fasse le coup de l'artiste pas spécialement branché par le genre (même si le bonhomme a signé en des temps anciens les scénar du seul bon Punisher, celui avec Dolph et La relève) mais qui a envie d'y coller son univers. 

Et l'univers de Boaz Yakin, c'est de toute évidence les 70's et son Safe d'avoir le look ultra sexy pour la rétine du polar urbain qui en a dans le pantalon. A l'image d'un début tonitruant qui ne laisse jamais le spectateur reprendre sa respiration grâce à une kyrielle de flash-back et de montage des plus cut (le superflu n'existe absolument pas à l'instar de la détonante séquence de l'exécution de la femme du héros), on est plongé dans un récit qui fonce aussi vite que Statham va dessouder, fracasser, exploser du bad guy (ne rayer aucune mention, elles sont toutes utiles).

Et le bougre ne fait aucune différence au moment d'occire avec  fracas son adversaire ou le plus souvent ses adversaires. Car, dans Safe, Statham voit les choses de manière très généreuse au point qu'on ne l'a jamais vu mettre hors d'état de nuire autant de mines patibulaires. Vous le laissez une poignée de secondes dans une pièce et il vous remplit un cimetière en deux ou trois coups de tatane et une générosité de tous les instants dans l'usage de la gâchette.

Ce jeu de massacre à grande échelle (l'attaque du casino battant des records du genre) serait toutefois un peu vain si justement derrière la caméra, il n'y avait pas un mec qui cherchait constamment à proposer une manière autre de dynamiter la narration désormais classique et presque formatée du cinéma d'action. Et à ce petit jeu là, Boaz Yakin bien aidé par son monteur d'exception (Frédéric « Taken » Thoraval) ne semble connaître aucune limite créative. Des plans qui font du bien et qui détonnent visuellement dans Safe, il y en a à peu près toutes les minutes et nous, spectateurs, de constamment avoir le sourire devant une telle proposition de cinéma musclé. D'autant plus qu'avec l'image, vient le son et que du côté des dialogues (que ce soit en VO mais aussi une fois n'est pas coutume en VF), il y a matière à continuer d'avoir la banane tant les répliques sentent bon le revival 80's aussi assumé que jouissif.

On sort de Safe tout aussi surpris et excité qu'à l'époque de Taken en se disant qu'une histoire simple et basique peut accoucher d'un sacré bout de pelloche quand elle est placée dans des mains d'experts talentueux.

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