Le Magasin des suicides : Critique

Stéphane Argentin | 24 mai 2012
Stéphane Argentin | 24 mai 2012

Alors que Disney refrène ses ardeurs chantantes et dansantes au sein de ses productions animées depuis plusieurs années, Patrice Leconte a quant à lui opté pour le parti pris inverse pour ses débuts dans le monde de l'animation. Et c'est sans doute là le principal reproche que l'on pourra faire à l'encontre de son Magasin des suicides adapté du roman éponyme de Jean Teulé, notamment au cours de la seconde moitié du récit, celle où tous les membres de la famille Tuvache vont peu à peu se retrouver « contaminé » par la joie de vivre naturelle du petit dernier, Alan.

 

 

Car ce n'est nullement spoiler que de dire qu'à la fin, ils vécurent heureux (et eurent beaucoup d'enfants) tant le déroulement de l'intrigue se révèle sans surprise. Mais il fallait bien une lueur d'espoir à l'horizon de cette allégorie d'une société où toute joie de vivre a quitté l'Homme qui ne se pose même plus la fameuse question shakespearienne et ne pense plus qu'à une seule et unique chose : mettre fin à ses souffrances dans ce monde pour en rejoindre un plus paisible. De ce mal être généralisé, Le Magasin des suicides tire des scènes d'une grande richesse visuelle, épaulée par une 3D bien pensée car peu invasive, à l'humour (noir) aiguisé, notamment grâce à des répliques et un cynisme bien sentis (cf. le running gag où la police vient dresser un PV à un mort pour cause de « Suicide sur la voie publique »). 

 

Résumé

Au final, Le Magasin des suicides est une première incursion convaincante de Patrice Leconte dans le monde de l'animation à partir d'un sujet en phase avec le malaise social contemporain, raillé avec l'art et la manière mais néanmoins affaibli par des passages chantants trop proéminents.

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