L'amour dure trois ans : critique

Sandy Gillet | 12 avril 2016
Sandy Gillet | 12 avril 2016

Frédéric Beigbeder fait un film. 

Il fallait bien que cela arrive. Il fallait bien que notre dandy national, ce touche à tout faussement priapique, le jet setteur arriviste et ce romancier autoproclamé mais en phase avec son époque s'essaye à une nouvelle drogue dure. De celle qui bascule un homme vers l'âge des possibles mais non de la raison. D'ailleurs, on se demande bien pourquoi Beigbeder a-t-il attendu aussi longtemps pour passer derrière la caméra, lui qui toutes les semaines aime à se réunir avec ses acolytes autour d'un cercle de jeu pour parler de cinéma. Critique Beigbeder ? Non. Juste un passeur de plats un peu flambeur.

 


Une technique qu'il décline et étalonne sur son premier film lui-même adapté de son troisième roman  éponyme écrit à une époque (1997) où l'homme déjà public venait de divorcer. Un livre voulu un peu en réaction d'une situation qu'il considérait subir et faussement mélancolique. La bonne idée de son adaptation c'est d'avoir balayé la langueur pamphlétaire au profit d'une mise en abîme de son personnage à l'écran (génial Gaspard Proust que l'on avait découvert dans Philibert) dont le livre L'amour dure trois ans va se révéler être le fil rouge de ses déboires amoureux. Déboires personnalisés par une Louise Bourgoin enfin à son avantage et qui rayonne littéralement dans la peau de cette sirène amoureuse au sourire béat qui lui sied à ravir. Entre eux et autour d'eux, les dialogues aux réparties forcément inspirées fusent, mais pas trop. Les personnages secondaires brillent (Joey Starr décidément), sans pour autant tirer la couverture à eux. Les trois parties du film (divorce - écriture / rencontre amoureuse - séparation because le livre / reconstruction et retrouvaille) tiennent la route et permettent le bon tempo pépère en phase avec le genre.

 


On sera d'ailleurs étonné au final de ne voir ici qu'une comédie essentiellement romantique et non une expérimentation cynique à tendance trash (99 francs alias 14.99 euros a été écrit l'année suivante). Le réalisateur semblant vouloir montrer un Beigbeder cœur d'artichaut qui pleure à chaque fois qu'il regarde Peau d'Âne ou qu'il écoute la musique de Michel Legrand (les deux ensembles ça fait chute du Niagara). On ne va pas s'en plaindre. C'est même une bonne surprise et un petit plaisir de spectateur qui dure bien trois minutes... après la projection.

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