Don't be Afraid of the Dark : critique

Aude Boutillon | 19 septembre 2011 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Aude Boutillon | 19 septembre 2011 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Projeté en guise de film de clôture de l'Etrange Festival fournée 2011, le remake produit par Guillermo Del Toro du téléfilm du même nom aurait, semble-t-il, divisé le public, composé d'une part d'enthousiastes louant la patte nostalgique d'un film à l'ancienne, et d'autre part de déçus consternés par un caractère prévisible et suranné. Nous appartenons à la seconde catégorie. 

A l'origine, l'histoire d'une famille recomposée, la petite Sally (insupportable Bailee Madison) emménageant avec son père (Guy Pearce) et sa compagne (Katie Holmes, surprenante) dans une immense demeure, dont elle va découvrir une pièce secrète dont s'échappent d'étranges voix. Que du neuf donc, mais ne soyons pas mauvaises langues, des synopsis d'un classicisme forcené sont déjà parvenus à foutre à leur auditoire une trouille démente (Insidious pour n'en citer qu'un). 

Don't be afraid of the dark ne fera pas partie de ceux-là, puisque de prévisibles jump-scares constituent l'unique partie « épouvante » du métrage, qui brille de surcroît par une frappante absence d'âme. Seuls quelques éléments distillés ça et là rappellent une influence horrifique ibérique un peu forcée et, à fortiori, la présence dans l'équipe d'un Del Toro qu'on préfère largement aux manœuvres d'œuvres ultra-personnelles telles que Le Labyrinthe de Pan, dont les éléments sont ici recyclés sans trop de recherche (une petite fille coincée dans un endroit qui lui déplait, un labyrinthe dans le jardin, une porte ornée de symboles mystérieux, ça vous rappelle quelque chose ?).

 

photo, Katie Holmes


Là on l'on attendait une revisite intelligente et abyssale de la peur du noir qui, en toute logique, parle encore à une grande partie d'un public adulte, la photographie d'Oliver Stapleton, bien qu'élégante, manque le coche et sous-exploite totalement des jeux de lumières qu'on aurait voulus déstabilisants et anxiogènes (sur le même thème, le Darkness de Balaguero se montrait bien plus créatif... et tétanisant). Guère de dualité ici, mais une surexposition permanente qui peine à créer la moindre appréhension.

 

photo, Guy Pearce

 

Dans un décor résolument splendide, la déception n'en est que plus criante. Ajoutez à cela un scénario prévisible et d'une linéarité des plus ennuyeuses, des personnages tous plus antipathiques les uns que les autres (dont un père qui accorde bien plus d'importance à la rentabilité de son business qu'à sa fille névrosée, joli) paralysant purement et simplement toute empathie de la part du spectateur, des boogeymen pas effrayants pour un sou (on pense aux bestioles deTroll Hunter passées au miniaturiseur de Chéri j'ai rétréci les gosses), et une morale des plus conservatrices. Que du bonheur !

 

Affiche

 

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