Films

De l’eau pour les éléphants : critique au cirque

Par Simon Riaux
2 mai 2011
MAJ : 17 octobre 2023
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Il est des films auxquels on a envie d’adhérer dès les premières images. C’est le cas de L’eau pour les éléphants. Francis Lawrence parvient en quelques minutes à nous toucher avec force simplicité lors de son exposition. La gorge nouée d’un vieillard devant un cirque, les regards échangés avec le directeur, une voix qui se brise à l’évocation d’un sinistre accident, et nous voilà embarqués pour un long flash-back, que l’on espère passionnant.

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Le charme sera de courte durée, car le vieil homme aura, dans sa jeunesse, les traits de la fadeur faite mâle, à savoir Robert Pattinson. Il ne parviendra jamais, en presque deux heures de métrage, à effleurer l’émotion suscitée, en une poignée de plans, par son aîné. Il est l’unique mais mortelle faute de goût du film qui, dès sa découverte, traîne la patte et n’aura plus aucune chance de transcender son classicisme paraissant alors bien vain. Sans compter que les autres personnages passent leur temps à vanter son charme et son charisme, à tel point que voir son faciès mono-expressif et vaguement prognathe finit par provoquer d’amers éclats de rires.

 

 

Une aberration d’autant plus étonnante que le reste de la distribution est remarquable, grâce à une galerie de trognes crédibles et charismatiques, que surplombent Reese Witherspoon et Christoph Waltz. La première rayonne en acrobate sensuelle et défendue, dont la la grâce illumine les yeux du spectateurs, à l’écran et dans la salle. Quant à Waltz, on ne l’avait pas vu aussi en forme depuis Inglourious basterds, magnétique et violent, charmeur et enragé, on rêve de le voir briser la nuque du jeune empoté qui tentera de lui voler sa belle.

 

 

 

La réalisation se contente d’utiliser à bon escient ses décors soignés et les caractères qui les hantent. Le spectateur ne lui en demande pas plus, à la recherche d’une pointe de classicisme rehaussée ici et là par quelques élégants mouvements de caméra, ou une ellipse intelligemment amenée par le montage. S’il n’y a là rien de révolutionnaire, Francis Lawrence parvient néanmoins à offrir à son histoire un écrin qui lui sied à ravir, entre fresque hollywoodienne et réalisme d’apparat.

 

Rédacteurs :
Résumé

Que les icônes adolescentes du moment viennent gâter les produits pré-mâchés qu'Hollywood destine avec mépris à sa jeunesse, c'est un triste état de fait, qui ne révolte plus personne depuis longtemps. Mais voir Pattinson se vautrer dans ce si joli cirque, c'est un gâchis que vous auriez tort de vous imposer. Amateur de piste aux étoiles, patientez encore un peu, le furibard Balada triste, d'Alex de la Iglesia, débarque chez nous en juin.

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