De vrais mensonges : Critique

Laurent Pécha | 8 décembre 2010
Laurent Pécha | 8 décembre 2010

En France, il y a un artiste de la comédie qui de film en film prouve à quel point le genre ne vaut ni pour la simple accumulation de talents plus ou moins drôles et généralement bien vues et archi-vues à la télé ni du désir de raconter une histoire qui ne dépasse pas le cadre du simple pitch. Ce cinéaste, rare, c'est Pierre Salvadori. Et depuis presque 20 ans, le bonhomme s'évertue à nous offrir des œuvres sophistiquées au scénario jamais avare en rebondissements et situations cocasses assorties de dialogues finement travaillés.

Avec De vrais mensonges, le réalisateur confirme cet adage et embarque Nathalie Baye, Audrey Tautou et Sami Bouajila dans une série de quiproquos et séquences cocasses qui ne faibliront presque jamais. Tout l'art du monsieur est de partir d'un postulat des plus farfelus (une jeune femme tente de sauver sa mère de la déprime en utilisant les lettres anonymes d'un amoureux qu'elle reçoit et en faisant croire qu'elles lui sont destinées) et de s'évertuer à le faire monter doucement en épingle avec une qualité d'écriture qui offre tout loisir aux comédiens d'en faire des «tonnes » - dans le bon sens du terme.

 

 

A ce petit jeu là, Nathalie Baye est comme un poisson dans l'eau et en femme retrouvant l'espoir et la flamme de la passion, l'actrice s'en donne à cœur joie, provoquant plus d'une fois l'hilarité devant l'énormité de ses réactions (il faut la voir espionner sa proie en peignoir et chausson à travers toute la ville). Quant à sa fille à l'écran, Audrey Tautou, il est évident, après l'excellent Hors de prix, que le cinéma de Salvadori lui sied à merveille. Totalement à l'aise dans la comédie, l'ex Amélie Poulain fait preuve d'une gouaille truculente, rendant terriblement attachant cette jeune femme qui tout en voulant bien faire, enchaîne les mauvaises décisions. Mais ce charmant duo ne serait rien sans la performance, étonnante, de Sami Bouajila. En objet de toutes les convoitises, amoureux transi et maladroit, l'acteur laisse apparaître un don de la comédie, trop longtemps sous-exploité. Il est la révélation (comique) de De vrais mensonges. Quant on rajoute aux éloges burlesques, la chance de découvrir des seconds rôles hauts en couleurs (les collègues de travail de Tautou en tête), il y a bien dans ce De vrais mensonges toutes les promesses tenues de passer un très, très agréable moment.

 

Résumé

 

En matière de comédie, Salvadori est tout sauf un apprenti et ça n'a pas de prix. Après vous donc...

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