Critique : L'Homme qui voulait vivre sa vie

Sandy Gillet | 2 novembre 2010
Sandy Gillet | 2 novembre 2010

Mais quelle mouche a piqué Eric Lartigau ? Abonné jusqu'ici aux films disons légers pour ne pas dire oubliables (encore que le bonhomme a des adeptes hardcores avec son premier film Mais qui a tué Pamela Rose ?), le voilà qui se présente avec cette adaptation d'un best-seller de Douglas Kennedy peu réputé pour la gaudriole. L'histoire d'un avocat d'affaire à qui tout semble réussir : une femme, un enfant, un pavillon au Vésinet, des perspectives professionnelles au beau fixe... Mais qu'un événement tragique, conséquence d'une existence dont le vernis se craquelait déjà depuis longtemps, va lui permettre de larguer les amarres et de « vivre sa vie ». Le genre de décision que beaucoup rêvent de prendre mais que personne ou presque ne veut ou peut réaliser.

On est déjà ici au cœur du film, là ou se loge sa thématique principale et celle qui va illustrer un parcours emprunté par le personnage interprété par un Romain Duris, comme souvent, habité. Un parcours très clairement scindé en deux parties. La première qui voit donc ce couple dans la routine d'un mariage qui s'épuise et ce malgré les efforts d'un Paul rattrapé inconsciemment par l'impasse de son existence. La seconde qui débute comme un road movie où l'on vomit son passé et l'on tente de se reconstruire. Le tournage s'est d'ailleurs déroulé dans la continuité de l'histoire. Lartigau ayant même poussé le luxe de faire le voyage jusqu'au Montenegro dans la Mercedes du film avec pour seul passager Duris. Un luxe qui se voit à l'écran. Pas tant dans le jeu de Duris d'ailleurs qui n'a pas/plus besoin de cela pour rendre son personnage crédible et vivant mais plus dans la mise en scène que l'on sent  (trop ?) réfléchie et apaisée dès le début et qui prend tout son sens à la fin.

Avec cette adaptation issue d'une belle rencontre avec le producteur Pierre-Ange Le Pogam, Lartigau prouve qu'il vaut donc mieux que Un ticket pour l'espace, même si l'on peut encore lui reprocher quelques tics visuels et un montage parfois en roue libre (peu ou pas de prise de risque). Et s'il s'inscrit dans la durée, il pourrait devenir un bel artisan de notre cinéma à l'instar d'un Claude Sautet pour qui Les Choses de la vie résonne en creux ici. C'est bien tout le mal que l'on voudrait lui souhaiter.

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