Critique : Sans queue ni tête

Sandy Gillet | 28 septembre 2010
Sandy Gillet | 28 septembre 2010

Quand une pute disons sophistiquée et indépendante rencontre un psychanalyste que sa femme vient de quitter, cela donne une histoire un peu sans queue ni tête en effet. Ce qui ici est un peu péjoratif est pour Jeanne Labrune, réalisatrice et co-scénariste, le prétexte pour donner corps à une histoire un tantinet improbable en forme de catharsis par l'absurde. Où comment chacun va trouver en l'autre le courage de tourner la page et ce sans que le sexe rentre en ligne de compte. Précision utile s'il en est !

Bref voici un film qui ne déroge pas à ce que l'on peut appeler « une certaine tendance du cinéma français contemporain ». De celle qui se choisit une histoire à connotation sociétale basée sur un scénario très (trop) écrit qui veut faire sens et en s'appuyant sur une direction d'acteurs appuyée via des comédiens chevronnés. Et quand la combinaison est parfaitement réussie, il n'est alors pas rare de s'ennuyer poliment mais fermement. Ce qui sauve Sans queue ni tête de cet écueil fatal, c'est la liberté prise par les acteurs (et surtout les seconds rôles) pour casser leur personnage respectif voulu et écrit par Labrune pour en faire quelque chose de plus délétère, sans attaches réelles avec le monde et les objectifs qui leur ont été assignés.  

Les voilà donc qui s'amusent à pervertir certains dialogues, certaines situations qui au final peuvent donner des séquences traversées par un vrai souffle de vie. Qui dit au demeurant que tout cela n'est pas orchestré in fine ? Oui pourquoi pas ! Mais alors ce qui est certain c'est que la mise en scène atone et sans saveur gâche beaucoup en s'employant à enfermer tout ce beau monde dans un carcan de champs contre-champs rigides fatalement étouffants pour tous à commencer par le spectateur qui n'en réclamait pas tant.

Dès lors le jeu consistera à repérer ces moments volés transformés en espace de liberté qui pourront satisfaire les moins exigeants mais laissera la grande majorité sur le bas côté de la route, peu intéressée par ce qui se passe à l'écran.     

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