Critique : Djinns

Laurent Pécha | 9 août 2010
Laurent Pécha | 9 août 2010

Malgré de sacrés dérapages ou fautes de goût, le cinéma de genre français et en particulier la branche fantastique-horreur, va mieux ces derniers temps. La preuve en est faite au cœur de l'été - difficile de ne pas mieux envoyer le film au casse pipe - avec ce Djinns, sorte de Forteresse noire à la sauce désert. Les similitudes avec l'œuvre maudite et férocement bancale (pour rester gentil avec le cinéaste) de Michael Mann, sont légion, notamment dans une seconde partie où le huis-clos et les soldats, petit à petit gagnés par la folie, succombent un à un face aux assauts de créatures aussi insaisissables et mystérieuses que le Golem de Mann.

Pour leur premier film,  le couple Martin a joué, avec bonheur, la carte de la sobriété. Les cinéastes prennent leur temps pour installer leur histoire, ils s'appuient sur un groupe de comédiens extrêmement solides et complémentaires, chacun interprétant un archétype du genre avec conviction sans trop en faire (Thierry Frémont frisant néanmoins plus d'une fois la correctionnelle dans le rôle le plus démonstratif du lot). Et le fantastique de s'immiscer presque malgré lui dans un récit avant tout de guerre. Le mélange des genres s'opère avec une vraie dextérité et Djinns prend alors ses quartiers de film fantastique en plein milieu du métrage. Et là encore, la retenue est de mise et les Martin s'évertuent à jouer l'atout suggestif plutôt que la surenchère gore ou spectaculaire.

Cela marche un temps mais l'ambiance pesante a besoin d'être stimulée pour élever les débats. Et c'est là où Djinns coince un peu. Une fois la menace établie, les « monstres » révélés, le film a tendance à se répéter et à montrer ses limites en termes d'enjeux. Rien de calamiteux pour autant mais suffisant pour laisser le sentiment d'être face à un premier film appliqué à défaut d'être entièrement habité.

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