Critique : Housemaid

Stéphane Argentin | 13 mai 2010
Stéphane Argentin | 13 mai 2010

Sous ses allures d'adultère entre la soubrette et le bourge (un pitch digne d'un film de cul), The Housemaid (littéralement « La Bonne ») cache en réalité un long-métrage mêlant humour, drame et frissons, le tout sous un angle à la fois décalé et maîtrisé comme seuls les cinéastes sud-coréens en ont le secret. Par certains aspects, le film de Im Sang-soo ne sera pas sans rappeler ceux de Park Chan-Wook, tel Thirst, présenté lui aussi en compétition officielle à Cannes l'an passé. On retrouve en effet chez les deux réalisateurs la même maestria formelle - témoin ce plan pivot pour l'intrigue où le maître des lieux, au milieu de l'écran, va opter pour la bonne dans une tenue suggestive au dépend de son épouse, enceinte jusqu'au cou. Cette maîtrise visuelle s'accompagne bien souvent de partitions aux sonorités classiques conférant à la scène une aura supérieure.

Tout comme son confrère susnommé, Im Sang-soo n'hésite pas à convier au sein d'une même scène l'érotisme dans sa forme la plus charnelle et l'humour décalé par l'entremise de dialogues, là encore, digne de films de cul pour neuneus. Loin de desservir l'ensemble (la bonne de service est volontiers qualifié de « simplette »), ce décalage, ce simplisme et cette naïveté apparente vont très vite laisser place au moteur véritable du récit : son quatuor féminin constitué de l'épouse, la belle-mère, la gouvernante et la bonne. Au milieu de cette suprématie du beau sexe, l'unique mâle du groupe se retrouve impuissant (dans tous les sens du terme) tandis que mesdames hourdissent différents stratagèmes pour asseoir leur position : épouse, amante, mère de famille, matriarche...

Lentement mais sûrement, le drame et le suspense prennent le pas pour culminer dans un final un peu trop grand guignolesque. Cette séquence too much mise à part, The Housemaid constitue un très bon moment de cinéma au féminin made in Corée.

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