Critique : Greenberg

Sandy Gillet | 28 avril 2010
Sandy Gillet | 28 avril 2010

Quelle est la différence entre Greenberg et disons au hasard Juno, La famille Savage, 500 jours ensemble... ? Ou en d'autres termes quelle est la différence entre un vrai-faux et un vrai film « indy » ? Un début de réponse est à chercher dans la propension à ne pas vouloir péter plus haut que son cul en essayant de draguer du côté des Majors sans (se) l'avouer. Car Greenberg n'a en effet rien à prouver à personne, rien à vendre et surtout n'a aucune morale à deux balles à nous asséner. Greenberg c'est l'histoire d'un mec la quarantaine bien tassée, qui profite d'une sortie de dépression sévère pour venir crécher dans la belle maison californienne de son frère pendant que celui-ci fait des affaires avec sa petite famille à l'autre bout du monde.

Présenté ainsi on se dit que l'on va encore passer un moment intense où bonne humeur et joie de vivre vont transpirer à n'en pas douter de la pelloche. Et bien en fait oui. Sous couvert d'une introspection forcément freudienne du bonhomme interprété par un Ben Stiller méconnaissable d'humanité, on a droit à tous les clichés de la « mid-life crisis » qui sont un à un passés à la moulinette d'un scénario brillant, altruiste et au final émouvant. Et le déclencheur de tout cela n'est autre que la sempiternelle midinette de 20 ans sa cadette et accessoirement « bonne à tout faire » de la baraque. Un personnage central interprété par une Greta Gerwig quasi inconnue jusqu'ici et que la candeur associée à un physique assez éloigné des canons hollywoodiens (mmmmh ces hanches !) lui permettent de faire chavirer toutes les têtes à commencer par la notre.

Le troisième personnage du film est Los Angeles que l'on redécouvre ici via des axes et une géographie inédits comme si Noah Baumbach, que l'on n'avait pas connu aussi inspiré avec Les Berkman se séparent, se mettait littéralement dans la peau de Greenberg le new-yorkais en quête de repères et de sensations oubliés depuis longtemps. Sorte de catharsis d'un passé que l'on aime à cultiver à l'envie quand on se retourne sur un vécu que l'on voudrait forcément recommencer afin d'en gommer les erreurs d'aiguillage, L.A. est aussi une sorte de muse et miroir d'une vie qui reste à écrire. En cela Greenberg résonne un peu comme le Manhattan de Woody Allen pour devenir une sorte de fable moderne à la fois noire et optimiste.

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