Critique : African queen

Julien Foussereau | 20 octobre 2009
Julien Foussereau | 20 octobre 2009

Le tournage de African Queen fait partie de ces légendes hollywoodiennes qui ont tôt fait d'occulter la valeur intrinsèque dudit film. Car 58 ans après, la survie de Miss Hepburn et Bogey en milieu tropical demeure encore et toujours un joyau de l'âge d'or. Même si John Huston trahit ses habitudes pessimistes en concoctant un happy end (au grand désespoir de son scénariste), on retrouve là la thématique chère au cinéaste de la nature comme environnement idéal pour faire ressurgir ce qu'il y a de meilleur en l'homme. Et elle ne peut que s'épanouir pour le mieux avec Katharine et Humphrey ! *

En effet, nous avions laissé John Huston et Humphrey Bogart dans une Sierra Madre dominée par le cynisme et la rapacité suscités par un trésor. Au contact de Katharine, Bogey se mue en mauvais garçon au cœur ne demandant qu'à être attendri. Katharine Hepburn, habituellement femme puissante dominant par son charisme le sexe dit fort, embrasse pleinement ce rôle de vieille fille pieuse à contre-emploi. La volonté de fer de ce monstre sacré d'Hollywood est intacte mais au service d'un personnage qui apprend à sourire sincèrement.

African Queen, c'est aussi cela : un huis-clos d'aventures dans un contexte historique trouble où deux briscards qui n'attendent plus grand-chose de la vie découvrent accidentellement l'amour. Et, pendant que Huston pose durablement les bases du film d'aventure dans lequel chaque coude de rivière appelle à une nouvelle surprise, c'est toujours aussi charmant !

* à noter que Katharine Hepburn endossera des années plus tard un rôle similaire face à John Wayne dans Une bible et un fusil. Sauf que la magie se sera perdue en cours de route.

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