Transformers 2 est LE blockbuster le plus généreux de l’année, un festival pyrotechnique monstrueux où les robots sont les vedettes absolues du récit et se foutent sur la gueule au moindre prétexte.
Hasbro va être content, avec un tel défilé de machines sur grand écran, ils vont en vendre du jouet à tous les enfants de la terre. A ce titre, les 40 dernières minutes de Transformers 2 se situant en Egypte constituent un point de non retour dans la surenchère visuelle où une bonne trentaine de robots, des dizaines de militaires et leurs hélicos, avions, chars se font la guerre en explosant tous les décors dans une absence de subtilité qui fait plaisir à nos rétines bourrines. Du Michael Bay au sommet de sa forme !
Avant ce plat de résistance relevé par une Megan Fox et son tee-shirt moulant courant sans cesse au ralenti la bouche ouverte, le réalisateur d’Armageddon n’aura pas pour autant pris son temps, puisque la première séquence post-générique nous invite à découvrir comment Autobots et Decepticons sont capables de détruire Shanghai en jouant à la course-poursuite en milieu autoroutier. Pas de round d’observation donc et il suffit d’une esquisse de scénario pour que Bay et ILM s’en donnent à cœur joie pour faire joujou avec leurs robots, au risque de ne jamais créer une histoire pertinente et des personnages capables de survivre à la schématisation d’usage (Shia en mode guignol, Megan en mode bombe atomique).
Avec ses 154 minutes, Transformers 2 est ainsi plus d’une fois en mode alternatif donnant l’impression d’assister à une compilation best of du savoir-faire de la boîte à Lucas, même si Bay tente en vain de créer une mythologie autour d’Optimus Prime, Megatron et Le Fallen (le grand méchant mystérieux et assez réussi du film). Mais qu’importe finalement tant le bonhomme livre ce que l’on attendait de lui : du robot, du robot, du robot.
On prend les mêmes et on recommence, en continuant ce qui avait été énoncé dans le précédent : les restes du Allspark, les Autobots et Decepticons qui débarquent de plus en plus sur Terre, la défiance qui se créé…
Et avec quelques indices pour la suite – ces êtres sont capables de changer de camp, et certains peuvent même générer des ponts spatio-temporels (ça sera utile à la fin du 3).
Assommant quand-même ? Il est clair que Michael Bay se lâche un peu plus au niveau des idées déviantes (encore plus de simili gremlins, les roublignoles de Devastator), mais c’est plus réussi que dans le premier ou dans « Bad Boys II »… parce qu’il y a une structure tangible derrière, et un bon équilibre des personnages :
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Le premier film devait montrer les Transformers protéger Sam, pour que in fine ça soit lui qui sauve Optimus ? Là ça sera l’inverse, Sam va initier un (long) voyage qui doit permettre à Optimus de sauver tout le monde – ça sera lui l’élu.
Trop de sidekicks bavards dans l’un ? Le nombre est ici divisé par deux, et tant mieux si l’on voit encore plus les parents de Sam. Leur tempo comique est le plus impeccable de toute la saga, que ce soit Julie White et ses grands yeux enfantins, ou Kevin Dunn et son air faussement sérieux. Ils prennent même part à l’action, entérinant avec une touche de gravité le passage à l’âge adulte de Sam (« laisse-moi partir ! »).
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Et si Megan Fox et tous les autres ont encore moins de choses à jouer, la ballade est sacrément dépaysante, le « coming out » officiel des Cybertroniens fait évoluer la série, on passe d’un combat en forêt dantesque (il y aura de plus en plus de duels barbares simili sanglants par la suite), à une bataille finale près des pyramides qui rachète celle du premier, qui était stupide (plein d’innocents mis en danger) et boucle la boucle avec l’embuscade dans le désert qui avait ouvert la saga.
Où comment faire un bon gros film d’Action/SF, sans qu’il ne s’écroule sous son propre poids.