La Dernière maison sur la gauche : critique meilleure que l'originale ?

Sandy Gillet | 26 juin 2017 - MAJ : 02/07/2018 13:46
Sandy Gillet | 26 juin 2017 - MAJ : 02/07/2018 13:46

Pour les plus jeunes, pour ceux qui ne le sauraient pas ou qui s'en foutent, La dernière maison sur la gauche est le remake du premier film de Wes Craven. Voilà en effet un réalisateur qui ne semble laisser personne insensible et surtout pas une génération arrivée à maturité de cinéma puisque La dernière maison sur la gauche est le second film remaké en provenance de sa filmographie après La colline a des yeux réalisé par notre Alexandre Aja national et en attendant Shocker et Le sous-sol de la peur.

ENCORE UN PEU DE REALISME ?

C'est que Wes Craven a incontestablement ouvert la voie dans les années 70 à un cinéma déviant, craspec et formidablement évocateur car puisant son inspiration dans l'actualité d'une société américaine en pleine réfutation de ses bases idéologiques. La dernière maison sur la gauche en était la première pierre certes inaboutie mais qui a laissé une telle empreinte indélébile qu'elle a donc inspiré un illustre inconnu d'origine grecque dénommé Dennis Iliadis (son seul fait d'arme à date étant Hardcore nanti tout de même d'une réputation sulfureuse) qui a réalisé là un film incontestablement réussi.

 

Après le trauma, la tuerie

 

À cela plusieurs raisons mais la plus évidente tient en quelques mots : fidélité au matériau de base pour mieux s'en éloigner. En effet pas question ici de se replonger dans les vicissitudes du trauma post-Vietnam, pas question de remettre au goût du jour des idéaux qui n'ont de toute façon plus lieux d'être. Seul compte ici la thématique centrale posée et développée sans cesse par Wes Craven tout au long de sa filmographie : les victimes peuvent devenir elles aussi des bourreaux aussi impitoyables que ceux qui sont à l'origine de cette transformation. La Dernière maison sur la gauche version Iliadis est dès lors un film gore, sans concession quant à la démonstration et l'effet recherchés. C'est ce qui fait sa faiblesse toute relative mais surtout sa force tranquille.

 

Un loup sous une peau de mouton ?

(IN)HUMANITÉ : ORIGINES

Le film avance sans regarder derrière-lui et les cadavres laissés sur le bas-côté. Rien n'est gratuit, ou plutôt si tout est gratuit mais fortement ancré dans un réalisme hypnotique qui nous fait dire que tout cela est arrivé ou peut arriver. Ce que le film de Craven essayait de (dé)montrer sans y arriver vraiment (l'homme est un loup pour l'homme et les plus féroces ne sont pas ceux que l'on croit), la réplique sismique Iliadis y arrive par des voies certes plus frontales sans pour autant dénaturer le propos voulu initialement bien au contraire. Grosse réussite.

 

Résumé

La réussite est telle que l'on ne peut s'empêcher de penser à Funny Games de Michael Haneke pour ce qui est de la tension crescendo et vite révoltante prenant à parti un spectateur cueilli à froid. Ce n'est pas là le moindre des compliments que l'on puisse faire à l'attention d'un cinéaste dont on attend le prochain film avec déjà beaucoup d'impatience !

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commentaires
Sharko
26/06/2018 à 22:36

Il y'a 2 semaines, le film avait déjà été diffusé sur RTL9 à 21H00 mais vous avez publié la critique de la version de 1972.
https://www.ecranlarge.com/films/840842-derniere-maison-sur-la-gauche-la/critiques

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