Dragonball Evolution : Critique

Thomas Messias | 7 avril 2009
Thomas Messias | 7 avril 2009

Doté d'un budget de 45 millions d'euros, Dragonball evolution (évolution ?) en a rapporté moins de 10 aux États-Unis, et peine à atteindre les 200.000 entrées en France. Cela méritait donc de se pencher sur ce problème épineux : mais pourquoi diable le film de James Wong est-il un tel bide ? L'oeuvre d'Akira Toriyama s'est toujours vendue comme des petits pains, la génération club Dorothée est en âge d'aller au cinéma sans ses parents, le réalisateur a montré son savoir-faire technique sur Destination finale 1 & 3... Mais, grands dieux, pourquoi tant d'indifférence ?

La réponse est on ne peut plus claire. Dragonball evolution est un film absolument nul, un ratage complet, un machin bâclé comme on pensait n'en voir qu'en France (à ce propos, avez-vous vu Humains ?). Et une hérésie totale si l'on en croit les fans de cette épopée mangaesque. Seulement voilà : le film de James Wong est tellement dépourvu d'âme qu'il est même difficile de s'en amuser, de se taper sur les cuisses en savourant son potentiel nanardesque. Dragonball evolution, c'est la platitude même, l'ennui permanent, la fadeur incarnée, même pas assez ridicule pour devenir un bon gros plaisir coupable. Il fallait le faire.

 


D'une durée de 70 minutes générique exclu, l'ensemble ressemble à un long chemin de croix au cours duquel rien ne retient l'attention plus de deux secondes (si ce n'est le décolleté de Jamie "Chi Chi" Chung, bientôt chez Zack Snyder). Les effets spéciaux sont consternants mais pas tout à fait assez ratés pour devenir délectables. Les scènes de combat sont filmées avec les pieds, mais si courtes qu'il est difficile d'entrer dans l'ambiance et de s'en amuser. Les acteurs sont translucides, à commencer par un Justin Chatwin pitoyable et un James Marsters ni effrayant ni grand guignolesque en Piccolo (qui ressemble au djinn de Wishmaster). Seul Chow Yun-fat fait le spectacle, et quel spectacle : il noue la joue façon de Funès et parviendrait presque à nous sortir de notre torpeur.

 


Voilà donc le problème : contrairement à d'autres navets du même type, Dragonball evolution ne figurera jamais dans la liste de ces nanars absolus qu'il convient de louer entre amis pour se taper une bonne crise de rire. Il risque plutôt de créer une franche déprime, voire un assoupissement collectif. C'est dire la faillite de James Wong, qui nous ferait presque regretter un type comme Uwe Boll, dont le traitement nettement plus outrancier et foireux aurait constitué l'assurance d'un bon moment.

 

 

 La critique ci-dessous était donc un poisson d'avril en forme d'acrostiche, la première lettre de chaque phrase (en gras) vous révélant sa vraie nature.

Pour Akira Toriyama, voir son Dragon ball adapté par James Wong devait ressembler à une immense souffrance. On ne pouvait en effet pas croire un seul instant à la réussite d’un film qu’on imaginait figurer au rang des plus grands nanars de ce début de siècle. Il est temps de remettre les choses au point concernant le film de James Wong, dont on comprend mal pourquoi il n’a pas été montré à la presse : c’est non seulement une excellente surprise, mais qui plus est l’un des meilleurs films de kung fu jamais réalisés. Son esthétique kitschissime étant pleinement assumée (et mise au service d’un hommage appuyé et émouvant à l’univers du manga), Dragonball evolution sonne comme un spectacle juste flamboyant, qui donne à voir une ribambelle de scènes de combats proprement hallucinants.

Sous les traits de Justin Chatwin, Sangoku est un héros aussi attachant et complexe que chez Toriyama, sa carrure assez ordinaire contrastant idéalement avec la puissance mentale dont il fait preuve dans les moments-clés. On croit dur comme fer à la métamorphose de ce freluquet en une machine de guerre qui n’en reste pas moins un être humain. Non seulement Sangoku doit réunir les sept boules de cristal avant son ennemi Piccolo (la révélation James Marsters, incroyable en méchant peroxydé), mais il doit également résoudre une complexe crise identitaire.

D’un manga riche en aventures, le scénariste Ben Ramsey est parvenu à tirer une quête existentielle où se mêlent confusion des sentiments et mystère des origines. Absolument  magistral, son traitement riche en noirceur contraste avec la multiplicité des couleurs et influences travaillées par un James Wong qu’on ne savait pas aussi fin. Vif et palpitant, son film est un spectacle de tous les instants dont le seul défaut est sa courte durée.  Régulièrement, il nous offre des combats épiques et intenses, rappelant parfois ceux de Matrix, sans jamais tomber dans la copie bête et facile. Il faut le voir pour le croire : la violence de certains passages en fait un film à ne pas mettre entre toutes les mains. L’incroyable s’est donc produit : Dragonball évolution s’impose purement et simplement comme le meilleur blockbuster de l’année, un spectacle détonnant tant sur le fond que sur la forme, et l’occasion de voir un Chow Yun-fat au meilleur de sa forme.

Résumé

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commentaires
lt
02/05/2018 à 20:26

putain vous lui mettez une étoile vous êtes sympas

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