Critique : Plaisir de chanter (Le)

Laurent Pécha | 25 novembre 2008
Laurent Pécha | 25 novembre 2008

Un couple d'agents secrets, amants, infiltre un cours de chant lyrique pour tenter de récupérer une clé usb contenant des infos sur l'uranium que possède une jeune et jolie veuve excentrique ! Avec un tel pitch, est-il besoin de préciser à quel point on est loin de l'univers de James Bond et consorts...On serait plus comme le dit si bien une des ses actrices principales, Marina Foïs, chez un Woody Allen plus trash et plus cul ou un John Cameron Mitchell soft (Shorbus) pour sa capacité à mettre à nu ses protagonistes (au sens littéral ou non).

Le Plaisir de chanter est ainsi une œuvre iconoclaste qui n'a pas peur de dérouter, voire de choquer (la nudité y est très crue, vous êtes prévenus) son public. Mais c'est surtout avant tout un film à l'humour décalé qui collectionne avec bonheur les bons mots. On y parle ainsi avec drôlerie de choses très, très sombres (le désir ardent de plaire pour exister afin d'oublier que l'on vieillit, l'absence de communication entre les êtres,...) à l'instar de ce que feront les frères Coen quelques jours plus tard sur nos écrans dans Burn after reading.

Et dans ce petit jeu de séduction déroutant et décousu, les acteurs font le show. Si Lorant Deutsch et Marina Foïs forme un joli couple d'espions aux mœurs sexuels insolites et finalement assez attachantes, c'est Jeanne Balibar en fausse veuve joyeuse cherchant sa voie dans le monde (elle passera de la musique lyrique à la chanson de variété !) qui emporte tout sur son passage. Phénoménale, l'actrice est comme un poisson dans l'eau dans l'univers loufoque et barré de Ilan Duran Cohen et chacune de ses apparitions provoque un immense sourire, quand ce n'est pas un grand fou-rire. Une diva dans un film surprenant, vraie bonne surprise française de cette fin d'année !

Résumé

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