Quantum of Solace : critique à l'ombre

Jean-Noël Nicolau | 22 novembre 2020 - MAJ : 23/11/2020 10:02
Jean-Noël Nicolau | 22 novembre 2020 - MAJ : 23/11/2020 10:02

Reprenant les choses là où Casino Royale s'achevait, Quantum of Solace est donc une histoire de vengeance. Peu importe alors les circonvolutions pas très convaincantes du scénario, James Bond a le cœur brisé et il revient très énervé. Ce nouvel opus est ainsi l'un des plus sombres de la saga, l'un des plus agités mais aussi l'un des plus froids. Par rapport au film précédent on gagne en puissance et en densité narrative. Quitte à vouloir trop en faire et à laisser beaucoup d'éléments en marge, Quantum of Solace déboule à toute vitesse dès la scène de poursuite en voitures d'ouverture.

BOURNE, JAMES BOURNE

Les quarante premières minutes foncent tête baissée, en cherchant à en découdre avec tout le monde : aussi bien avec les morceaux de bravoure de Casino Royale qu'avec toute la série des Jason Bourne. C'est peut-être le plus gros reproche que les fans adresseront au film, Bond y devient encore plus un concurrent à l'agent spécial campé par Matt Damon. Marc Forster, réalisateur généralement très pépère, n'égale pas le talent de Paul Greengrass, mais son efficacité s'avère surprenante. Ca tape dur, ça ne plaisante pas, on y croit.

 

photo, Daniel CraigDaniel Craig

 

Malheureusement le démarrage en fanfare, qui nous fait croire au Bond ultime, s'enchaîne avec de gros passages à vide, entrecoupés de sursauts épars. Cette deuxième partie de métrage est sauvée par ses interprètes. Daniel Craig, toujours plus acéré, demeure le 007 idéal. Ses rapports conflictuels avec M offrent quelques uns des meilleurs échanges du film.

Le reste du casting dans l'ensemble fonctionne mais peine à convaincre totalement. Mathieu Amalric séduit par une certaine sobriété là où l'on s'attendait à ce qu'il en fasse des tonnes, mais son personnage est cependant loin des méchants les plus flamboyants de la saga. Olga Kurylenko est très juste et charmante, mais ne trouve pas une place vraiment marquante dans la mythologie bondienne. Son contrepoint Gemma Arterton apparaît comme un ajout assez artificiel, de surcroît évacuée bien misérablement par les scénaristes.

 

photo, Daniel CraigIl fait chaud non ?

 

PATATE DE FORAIN

Très imparfait, Quantum of Solace doit sa réussite mineure à sa farouche volonté d'assurer le divertissement coûte que coûte, avec une grande rigueur, voire une certaine austérité. Pour tous ceux qui n'ont jamais pris 007 au sérieux, le choc sera encore plus important qu'avec Casino Royale. Fini la déconne, il faut que ça cogne. A l'image de l'excellente chanson du générique d'ouverture composée par Jack White (des White Stripes), Quantum of Solace veut définitivement imposer un Bond adulte, contemporain, échappant aux fautes de goût qui ont pourtant longtemps été la marque de fabrique du personnage. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le défi est en partie relevé.

 

Affiche française

Résumé

Même si cet épisode s'affirme avant tout comme une transition, il donne envie de découvrir la nouvelle direction que vont prendre les aventures de l'espion le plus célèbre de la planète.

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.

Lecteurs

(2.9)

Votre note ?

commentaires
Miami81
23/11/2020 à 12:31

Ca fait 4 fois que je le vois, il m'aura fallu ça pour finir par le trouver sympa. Jusque là, je le trouvait totalement raté. Finalement, il est ultra généreux en scène d'action. Ca n'arrête quasiment jamais. Bon, on est loin de la qualité de Casino royale, même très loin, mais le film est au-dessus de pas mal de Bond. En revanche, j'ai un vrai soucis avec Mathieu Amalric, il n'y est pas forcément pour grand chose, mais c'est peut-être le méchant le moins charismatique de la saga et ses cris à chaque coup de hache tenté de donner à Bond.... Mon dieu. Autre écueil, la durée du film relativement honteuse et la scène pré-générique sans une once d'originalité, qui tombe comme un cheveu sur la soupe et dont la réalisation épileptique la rend totalement horrible à regarder sans parler de certains plan totalement laids.

l'autre
23/11/2020 à 11:39

Ces plans ultra serrés et complétement hachés quelle horreur !
Tout le film est monté comme sans ça sans quasiment aucunes vues d'ensemble ou de beau pano et le côté haché..sérieux au bout d'un moment on comprend plus rien à ce qu'il se passe à l'écran....
Cela fait "cheap" et très illisible....ça m'a gaché le film moi :-(

Francis Bacon
23/11/2020 à 10:40

Plutôt d accord avec Une once de réconfort,j adore ce Bond très réaliste qui est reparti avec Skyfall et Spectre. En effet les scènes d action sont peu lisibles, mais je trouve le résultat de ces scènes (la poursuite voiture, les toits, l opera) très prenant et esthétiquement beau. Je trouve Amalric très bon en méchant

M
23/11/2020 à 10:37

Quelle deception apres Casino Royale franchement. Je le suis fait chier tout le long. Et la chanson titre franchement elle aussi a chier. Vite au suivant....

James pour la Couronne et l'Empire, le reste on s'en fout
23/11/2020 à 09:07

c'est l'un des rares 007 où la James Bond -Kurylenko_Girl resiste à un 007,l'une des plus jolie,
avec l'indepassable Pussy Galore, -Honor Blackman une vraie Teigne,le Top du Top,
l'endive Almaric, dans un des classement sur les top vilain dans les 007 que j'ai vu, faisait parti des plus mal classé, çà se voit àl 'ecran qu'il est nul, les Casteurs ont de drole d'idee, parfois..

Espadon
23/11/2020 à 05:30

Non le moins bon c’est spectre

jorgio6924
22/11/2020 à 22:49

2 ans ou faire le film + la grève des scénaristes.
Avec le recul, Forster s'est pas trop mal débrouillé.
Et Craig a une classe incroyable: ce mélange de bestialité et de vulnérabilité. Il est vraiment très bon cet acteur.

VoodooVince
22/11/2020 à 22:47

Je l’aime bien moi, ce bond. Froid, implacable, bien mené. Quelques faiblesses scénaristiques mais je trouve qu’il mérite d’être réévalué.

Kyle Reese
22/11/2020 à 21:18

Le moins bon de l'ère Craig.
Intro course poursuite monté au hachoir. (Paul Greengrass ou es-tu ?) J'aime bcq Olga Kurylenko et son personnage féminin fort est réussi. La mise en scène des scènes d'action par la suite est bien mieux monté et j'ai pris plaisir à les regarder. Les acteurs sont plutôt bons, Craig impeccable, sec, brutal, même le méchants frenchy light un peu foufou ne m'a pas dérangé. Par contre l'histoire va dans tous les sens, en cause la gréve des scénaristes à l'époque de la pré-production et du tournage (parait-il que les dialogues étaient ré-écrit la veille ) et ça se voit. Néanmoins en le revoyant, il n'est pas si mal pour un film bancal. J'aime beaucoup la scène de l'opéra, la meilleur du film. Le film est néanmoins frustrant, il manque de style et de poids pour Bond et ne fait pas beaucoup avancer la trame principale de l'ère Craig. L'émotion venant surtout du personnage interprété par Olga. Bref ça reste un Bond trop light à mon gout.

Sinon pas du tout d'accord avec @Une Once de Réconfort au sujet des BO très réussi de Skyfall et Spectre, mais bon chacun ses gouts.

Une Once de Réconfort
22/11/2020 à 20:53

Il est bien imparfait (c'est un James Bond) mais je l'avais bien aimé à l'époque. Je dois bien être un des rares.
Pour moi, son plus gros défault est de ne pas avoir eu une suite direct. Mais plutôt un virage sec dans une autre direction qui n'a plus rien avoir. La aussi, je dois être un des rare, à ne pas du tout avoir aimé les suites Skyfall et Spectre.
C'est aussi le dernier James Bond, à avoir une BO "personnalisé" avec un théme propres au film. Dans les suites le BO sont sans personnalité. Et Hans Zimmer dans le dernier va enfoncé le clous.
Non, finalement, aprés une mise en perspèctive par rapport aux deux suite, je trouve que les défauts de Quantum of Solace lui donne plus de personnalité.
Son ambiance, sont rythme qui ralenti (ce qui est plutôt l'inverse dans se genre de film), sa BO personnalisé, sa mélancolie, ses petits sous texte caché entre les lignes,...
Ben....moi j'adore
Bonne soirée à tous!

Plus
votre commentaire