Quantum of Solace : critique à l'ombre

Jean-Noël Nicolau | 10 septembre 2017 - MAJ : 18/09/2018 17:30
Jean-Noël Nicolau | 10 septembre 2017 - MAJ : 18/09/2018 17:30

Reprenant les choses là où Casino Royale s'achevait, Quantum of Solace est donc une histoire de vengeance. Peu importe alors les circonvolutions pas très convaincantes du scénario, James Bond a le cœur brisé et il revient très énervé. Ce nouvel opus est ainsi l'un des plus sombres de la saga, l'un des plus agités mais aussi l'un des plus froids. Par rapport au film précédent on gagne en puissance et en densité narrative. Quitte à vouloir trop en faire et à laisser beaucoup d'éléments en marge, Quantum of Solace déboule à toute vitesse dès la scène de poursuite en voitures d'ouverture.

 

BOURNE, JAMES BOURNE

Les quarante premières minutes foncent tête baissée, en cherchant à en découdre avec tout le monde : aussi bien avec les morceaux de bravoure de Casino Royale qu'avec toute la série des Jason Bourne. C'est peut-être le plus gros reproche que les fans adresseront au film, Bond y devient encore plus un concurrent à l'agent spécial campé par Matt Damon. Marc Forster, réalisateur généralement très pépère, n'égale pas le talent de Paul Greengrass, mais son efficacité s'avère surprenante. Ca tape dur, ça ne plaisante pas, on y croit.

 

Image 309793Daniel Craig

 

Malheureusement le démarrage en fanfare, qui nous fait croire au Bond ultime, s'enchaîne avec de gros passages à vide, entrecoupés de sursauts épars. Cette deuxième partie de métrage est sauvée par ses interprètes. Daniel Craig, toujours plus acéré, demeure le 007 idéal. Ses rapports conflictuels avec M offrent quelques uns des meilleurs échanges du film.

Le reste du casting dans l'ensemble fonctionne mais peine à convaincre totalement. Mathieu Amalric séduit par une certaine sobriété là où l'on s'attendait à ce qu'il en fasse des tonnes, mais son personnage est cependant loin des méchants les plus flamboyants de la saga. Olga Kurylenko est très juste et charmante, mais ne trouve pas une place vraiment marquante dans la mythologie bondienne. Son contrepoint Gemma Arterton apparaît comme un ajout assez artificiel, de surcroît évacuée bien misérablement par les scénaristes.

 

Image 315536Il fait chaud non ?

PATATE DE FORAIN

Très imparfait, Quantum of Solace doit sa réussite mineure à sa farouche volonté d'assurer le divertissement coûte que coûte, avec une grande rigueur, voire une certaine austérité. Pour tous ceux qui n'ont jamais pris 007 au sérieux, le choc sera encore plus important qu'avec Casino Royale. Fini la déconne, il faut que ça cogne. A l'image de l'excellente chanson du générique d'ouverture composée par Jack White (des White Stripes), Quantum of Solace veut définitivement imposer un Bond adulte, contemporain, échappant aux fautes de goût qui ont pourtant longtemps été la marque de fabrique du personnage. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le défi est en partie relevé.

 

Image 315389

 

 

Résumé

Même si cet épisode s'affirme avant tout comme une transition, il donne envie de découvrir la nouvelle direction que vont prendre les aventures de l'espion le plus célèbre de la planète.

commentaires

Raoul
12/09/2018 à 15:43

Quelques scènes de haut vol pour moi. Le début à Sienne, le concert à Vienne, le dog fight. Le film s'étire jusqu'à cette base à la con avec ce général dont on pensait tous qu'ils avaient disparus depuis 20/30 ans. Je cauchemarde encore parfois des cris d'Amalric lors du pseudo affrontement final.

A noter cette affiche qui montre tout simplement la fin du film, le marketing nous réservera toujours des surprises.

rataratra
11/09/2018 à 22:14

le montage découpage des scènes d'action en fond un produit illisible c'est visuellement moche on dirait qu'il est passé entre les mains d'olivier mégaton tellement c'est horrible à regarder

Eddie9Felson
11/09/2018 à 20:44

@Corleone 1

Opale
11/09/2018 à 12:17

Film très agréable mais en effet nettement en dessous de l'implacable Casino Royale.

lucie
11/09/2018 à 09:09

J'ai acheté le blu ray à sa sortie, pire expérience de ma vie, ce maudit truc ne s'est jamais lancé à cause des drm. Après plusieurs heures de recherches pour le lire légalement, je l'ai téléchargé et au final, jamais vu, même plus envie de voir les suites de cette saga, blocage psychologique.

Andarioch
11/09/2018 à 08:19

Pas mauvais mais sitôt vu, sitôt oublié.
Aura quand même eu l'avantage de nous faire connaitre Olga Kurylenko qui explosera dans le magnifique "La terre outragée"

Stridy
10/09/2018 à 22:41

Une daube infâme qui ne fait absolument pas avancer l'histoire commencée dans Casino Royal.

corleone
10/09/2018 à 21:28

100% d'accord avec cette critique! La première partie de cet opus est un délice(la scène pré-générique avec les courses pousuites surtout celles sur les toits et la castagne dans la chapelle est un bijou d'une brutalité et d'un réalisme inédits pour un James Bond qui mettent expressement en éxergue le côté physiquement humain du héros à cette époque où les super-héros prenaient déja doucement mais surement le pouvoir sur le cinéma de divertissement, je me souviens bien que Craig s'est d'ailleurs blessé en faisant certaines de ses cascades, au point de se d'avoir des points de suture lors du tournage) mais après ça va dans tous les sens avec le mechant en carton incarné par Mathieu Almaric(un excellent acteur donc c'est pas non plus de sa faute si son personnage a été écrit n'importe comment) ... Au fait j'ai aussi adoré la scène de l'opéra et "l'originalité " dont fait preuve Bond pour espionner et cette réplique "… vous ferez bien de réunir votre club ailleurs " j'ai kiffé. Bref 3/5 j'approuves(n'oublions pas qu'à cette époque la grève des scénaristes a failli tuer le film dans l'oeuf).

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