Démineurs : critique minée

Laurent Pécha | 21 septembre 2009 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Laurent Pécha | 21 septembre 2009 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Elle nous manquait Kathryn Bigelow... Six ans qu'on avait presque perdu sa trace, après un K-19 qui ne fit pas, loin de là, l'unanimité. Et voilà que la réalisatrice, adepte des films qui bougent, nous revient avec un film de... guerre, Démineurs.

LA GUERRE TOUT LE TEMPS

Forcément dans son élément, Kathryn Bigelow ne met pas longtemps à nous rappeler à quel point elle possède un sacré savoir-faire en matière de séquences d'action. Plongé dans les rues de Bagdad, on suit une équipe de démineurs américains, avec à leur tête Guy Pearce  en plein désamorçage d'une bombe. Une scène aussi intense que spectaculaire qui en annonce de nombreuses autres. La réalisatrice ne mollit pas et enchaîne très vite avec une nouvelle séquence tout aussi haletante. On se dit alors que l'on tient le film de guerre le plus palpitant du monde, Bigelow semblant partie pour jouer avec nos nerfs durant 130 minutes.

Malheureusement, la suite est moins brillante et au lieu de continuer la carte du déminage à outrance, de peur de se répéter peut-être, la cinéaste retrouve les chemins plus classiques du film de guerre, et l'oeuvre de perdre de sa superbe. Pour autant, cette dernière reste entre des mains expertes et les montées d'adrénaline restent suffisamment efficaces pour tenir en haleine son public.

 

photoJeremy Renner, maintenant un Avenger bien connu

 

LOCKED HEARTS 

D'autant que le partie psychologique, malgré quelques maladresses évidentes (le manichéisme un peu trop sous-jacent, avec d'un côté les bons ricains et de l'autre les méchants arabes), est plutôt bien vue, construite autour de trois soldats très différents, comme autant de manières d'appréhender une guerre, avec tous les ravages psychologiques et physiques qu'elle peut causer. A ce titre, il faut saluer la performance des comédiens, parfaitement investis dans leur rôle, et qui, plus d'une fois, subliment ces séquences intimistes.

Et puis, il y a cette fin... une scène de conclusion aussi réussie que l'ouverture, dans un tout autre registre, et qui glace quelque peu le sang, illustrant à merveille la phrase inaugurale de Démineurs : « la guerre est une drogue ».

 

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Résumé

Malgré une narration un peu trop classique, Kathryn Bigelow et son Démineurs impressionnent grâce à des scènes de tensions éreintantes, servies par des comédiens excellents et investis.

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