Né un 4 juillet : Critique

Laurent Pécha | 16 janvier 2008
Laurent Pécha | 16 janvier 2008

À l'heure où les producteurs réclament des pitchs (un résumé de quelques phrases) pour se faire une idée de la valeur et du potentiel d'un film, Oliver Stone parle du sien ainsi : « C'est d'abord un film d'émotions où un homme va à la guerre convaincu de devenir un héros. Il n'y parvient pas. Sa vie, en surface est fichue. Il est sans cesse vaincu et traverse l'enfer mais s'en sort. Il devient un homme meilleur que ce qu'il espérait. Il devient une autre sorte de héros. C'est le film que j'ai fait.»

En entendant ses propos loin de toutes considérations politiques, on se dit que Né un 4 juillet, à la vue de cette histoire, possédait tous les atouts d'un grand film. Le film de Stone, deuxième de sa trilogie consacré au Vietnam (entre Platoon et Entre ciel et terre) est la peinture d'un pays invalide à travers la transformation spirituelle d'un garçon de l'Amérique des années cinquante.

 

 

Film porté pendant vingt ans et né d'une collaboration étroite de Stone avec le vrai Ron Kovic, enrichi de l'expérience personnelle du réalisateur, brillamment réalisé et intelligemment interprété (Tom Cruise signe là une de ses meilleures performances), Né un 4 juillet souffre finalement de sa propre ambition et de la personnalité du metteur en scène

Car l'histoire qui recelait tout un potentiel émotionnel et un destin complexe est plombée, n'en déplaise à Stone, par son engagement militant. Le réalisateur avance souvent avec la grâce d'un pachyderme, à commencer par le tableau hyper catho dans lequel l'histoire et le «héros» prennent racine.

 

 

Certes, comme le dit Stone lui-même, il ne faut pas se leurrer, c'est l'Amérique telle qu'elle est ! À sa décharge, c'est un portrait encore très actuel de l'Amérique puritaine de Bush qui peut paraître ici caricaturale mais aussi terriblement effrayant lorsque le spectateur sait déceler la réflexion derrière le discours sans nuances d'un Stone qui amorce déjà sa vindicte contre Nixon (auquel il consacrera par la suite un film entier avec Anthony Hopkins dans le rôle titre).

 

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