Critique : Les Anges gardiens

Thomas Messias | 13 janvier 2008
Thomas Messias | 13 janvier 2008

Les anges gardiens marque le début d'une nouvelle période dans l'ère Jean-Marie Poiré : celle de l'après Visiteurs. Que faire après avoir attiré plus de 13 millions de spectateurs rien qu'en France ? Difficile, il est vrai. Apparemment, Poiré n'a jamais vraiment trouvé la réponse, les films qui suivirent ce triomphe ayant en commun une indéniable médiocrité et un penchant désespérant pour l'hystérie collective. La décision de tourner Les anges gardiens semble avoir été régie par deux envies : engager Gérard Depardieu, acteur aux larges épaules ayant déjà fait sa place dans la comédie populaire grâce à Francis Veber, et en foutre plein les yeux au spectateur.

 

Cette seconde volonté se traduit par deux faits. D'abord, le réalisateur s'est fait plaisir en faisant mumuse avec des effets visuels pourtant craignos, Clavier et Depardieu interprétant à la fois un personnage et son ange gardien, qui apparaissent simultanément à l'écran. Ensuite, et c'est là le plus douloureux, Poiré semble brusquement s'être pris pour John Woo, ce qui se traduit par quelques fusillades plus bruyantes qu'impressionnantes et par une mise en scène très cut qui fait rapidement monter la nausée chez le spectateur. Aucun plan ne dure plus de deux secondes, la caméra bouge dans tous les sens, bref, c'est un supplice. La décision d'opter pour une surenchère populiste semble avoir rendu le réalisateur complètement fou.

 

Si la forme est désastreuse, le fond n'est pas beaucoup plus reluisant. Le film n'exploite ni l'amusante idée du titre (qui tarde d'ailleurs à se mettre en place) ni la décision de Poiré d'attribuer à Christian Clavier ce qui, sur le papier, semblait être le rôle du clown triste. Hélas, l'acteur semble avoir fait tilt pendant le tournage des Visiteurs, condamné à débiter ses répliques avec la voix de Jacquouille. Et tant pis s'il interprète un curé discret et bien sous tous rapports. D'où un film en forme de pétage de plomb général, qui ne semble épargner que le gros Gégé, se moquant allègrement d'être en tête d'affiche d'un navet.

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