Critique : Queen size bed

Lucile Bellan | 30 octobre 2007
Lucile Bellan | 30 octobre 2007
Difficile pour Queen size bed de partir du bon pied quand on le replace dans son contexte. Suite de El otro lado de la cama, un film espagnol qui n'est pas sorti en France mais remaké l'année dernière par Ivan Calbérac sous le titre d'On va s'aimer, Queen size bed est donc une curiosité.

Du souvenir qu'on garde d'On va s'aimer, les acteurs chantaient de la variétoche pendant que des anonymes dansaient autour d'eux en collants. Ici, on garde le concept de la mise en musique des émotions des personnages mais les numéros s'avèrent assez espacés pour laisser respirer le récit. Nul trace aussi des collants. Etait-ce une initiative franco-française ? Pour l'instant, nul ne le sait. Mais en fait, le vrai défi de Queen size bed est d'apporter une touche subtile à un univers au premier abord vulgaire, le film ibérique de base. On gratte la surface des personnages habituels de macho pour y découvrir une insécurité et une phobie de la castration intéressantes. De nouvelles possibilités s'ouvrent aussi puisqu'on ne traite plus de couples qui se mélangent et de coucheries hétérosexuelles mais aussi d'homosexualité féminine et de triolisme. Les couples se font, se défont et se refont avec une facilité déconcertante mais le souffle de second degré qui imprègne tout le film désamorce ce qui est déjà ridicule.

Car oui, contrairement à nous Français, gratuitement intellectuels à l'extrême, les Espagnols rient d'eux-mêmes : de leur machisme, de leurs failles, de leurs femmes qui partent avec d'autres femmes. Une légèreté de ton qui séduit et permet malgré des abords difficiles, de faire adhérer son spectateur à l'histoire. Oui, l'histoire est prévisible, oui des fois on chante mal, oui cela n'arrive jamais dans la vraie vie, mais on s'en fout semble s'écrier le métrage.

Anecdotique sûrement, mais séduisant et drôle, le film mérite tout de même qu'on s'y penche. Et si, la prochaine fois, on découvrait les œuvres originales au lieu de mal les remaker, ce ne serait pas plus mal.

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