Critique : Un tramway nommé Désir

Jean-Noël Nicolau | 11 septembre 2007
Jean-Noël Nicolau | 11 septembre 2007

L’érotisme au temps du code Hays (qui incarnait la très stricte censure hollywoodienne jusqu’à la fin des années 60) était affaire de non-dits, de symboliques et de batailles. Un tramway nommé Désir demeure la plus éclatante victoire face aux interdits de l’époque, poussant jusqu’à la dernière limite ce qu’il était possible de montrer en 1952. L’association entre Tennessee Williams et Elia Kazan, née avec la pièce de théâtre, préserve l’essence du texte en usant de symbolique et en se reposant sur le jeu intense des acteurs.

Louée comme l’une des performances les plus remarquables de l’histoire du cinéma, celle de Marlon Brando est toujours aussi impressionnante, son intensité animale crée un mélange d’attirance et de répulsion contribuant au malaise de l’œuvre. En contre-point, le jeu plus classique mais pas moins remarquable de Vivien Leigh décrit une Blanche Dubois à la frustration et à la folie insidieuses.

Moite et étouffant, Un tramway nommé Désir persiste à fasciner et à désarçonner le spectateur. Si l’intelligence des descriptions psychologiques est toujours le grand point fort de l’œuvre, le cinéphile ne cesse de s’émerveiller devant les scènes entrées dans la légende. Brando, en t-shirt déchiré, poussant des hurlements primitifs (« Stellaaaaaaa !! ») est bien sûr l’une des images les plus mythiques du 7e art.

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