My Blueberry Nights : Critique

Sandy Gillet | 16 mai 2007
Sandy Gillet | 16 mai 2007

Film d'ouverture du Festival de Cannes 2007, My Blueberry Nights est la première incursion du cinéaste de Hong Kong sur les terres de l'Oncle Sam. Et le bougre n'a pas fait les choses à moitié s'entourant d'un casting de choix (Nathalie Portman, Jude Law, Rachel Weisz, David Strathairn, Norah Jones... excusez du peu !) et d'une équipe technique à l'avenant avec en chef de file un Darius Khondji impériale à la photo.

Pourtant l'adage qui veut que le cinéma c'est d'abord une histoire, ensuite une histoire et enfin une histoire n'aura jamais été aussi juste et pertinent qu'ici. Il suffit de lire la note d'intention du réalisateur qui se propose de filmer les distances physiques propres à rapprocher les cœurs pour comprendre que si l'on est dans quelque chose de très cinéma, on est aussi en terrain affreusement connu.

 

 

Quoi de plus galvaudé en effet que de filmer les Etats-Unis façon road-movie pour illustrer la reconstruction d'un être (la chanteuse Norah Jones qui ne convainc pas tout à fait dans son premier rôle) qu'une séparation douloureuse a anéanti ? Et ce n'est pas la réalisation de Wong Kar-Wai qui décidément a du mal à renouveler sa mise en scène ou plus simplement à l'imposer définitivement (ralentis esthétisants plombant une action déjà exsangue pour ne citer que le plus dérangeant) qui pourra faire passer la pilule.

 

 

Reste le segment avec Nathalie Portman qui d'un coup d'un seul illumine la pellicule jusque là empesée d'acteurs en roue libre. Son personnage de joueuse de poker dans un bled perdu du Nevada donne tout de suite du sens et un point d'ancrage à un film qui jusque là errait dans les limbes du suranné. À son contact Elizabeth, le personnage joué par Norah Jones donc, assume sa fuite en avant et commence à nous toucher.

Dommage que le tout ne dure que 20 minutes et n'aboutisse qu'à une fin certes traversée par une très belle scène de baiser (répondant à une autre en début de métrage tout aussi sensuelle) mais tellement convenue et sans saveur que l'on est bien obligé de se dire que Wong Kar-Wai n'a tout simplement pas voulu ou pu éviter l'écueil auquel tout cinéaste étranger est confronté devant la fascination naturelle que suggère un pays aux frontières quasi inexistantes. Le dernier à y être arrivé fut Wim Wenders et son film Paris, Texas avait obtenu la palme d'or.

 

 

 

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(3.5)

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