Critique : Apollo 13

Thomas Messias | 17 février 2007
Thomas Messias | 17 février 2007

Ron Howard n'est pas un génie. De Splash au Da Vinci code, l'ancien acteur de la série Happy days a enchaîné les films hollywoodiens pour le moyen et pour le pire. Alors lorsqu'un tâcheron comme lui propose un film de bonne facture comme Apollo 13, pas question de faire la fine bouche.


Dans Apollo 13, il y a tout ce qu'il faut : quelques gags en apesanteur pour détendre l'atmosphère, des signes du destin (omniprésence du nombre 13, perte d'une alliance dans le siphon de la douche…) pour faire réfléchir, une bande originale dramatique et grandiloquente (merci James Horner)… Une place pour chaque chose, chaque chose à sa place, tel semble être le credo de Ron Howard. Apollo 13 se regarde comme un reportage de M6 (Secrets d'actualité ou autre) : on sait dès le départ que chaque détail de la mission va être soigneusement restitué, que des témoignages multiples assureront l'exhaustivité du contenu, et que tout sera lissé encore et encore pour capter l'attention du plus grand nombre. Et ça marche : malgré l'ombre de la mort qui rode à chaque instant, Howard fait d'Apollo 13 un spectacle familial idéal, avec son lot de bravoure et d'émotion.


Ce qu'il y a de frappant à la vue d'Apollo 13, c'est à quel point l'histoire vraie de ces trois naufragés de l'espace avait tout pour être adaptée à Hollywood. C'est à peine si les scénaristes ont eu à romancer le sujet : tout y est. Coup du sort qui s'avère salvateur (l'un des trois astronautes prévus pour la mission est remplacé in extremis et joue un rôle majeur dans l'opération de sauvetage), nouvelles tuiles à intervalles réguliers, héros aimables et humains et une fin que l'on trouverait stupidement heureuse si elle n'était pas véridique. Débarrassé de ses chapitres lourdement techniques, le livre de Jim Lovell et Jeffrey Kluger avait tout pour bien passer à l'écran. Et la caution "incroyable mais vrai" du film rend le spectateur complètement amorphe, prêt à gober tout ce qu'on lui montre, y compris les passages les plus bêtement sentimentaux.


Car n'oublions pas qu'Apollo 13 est avant tout un film de Ron Howard, réalisateur ayant toujours ignoré les mots "ellipse", "suggestion" et "âme". Par moments, on ne peut s'empêcher de bailler et de lever les yeux au ciel face à un spectacle certes correct mais franchement dépourvu de style et d'esprit.

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