Alien, le huitième passager : critique

Vincent Julé | 31 octobre 2006 - MAJ : 05/04/2020 15:56
Vincent Julé | 31 octobre 2006 - MAJ : 05/04/2020 15:56

Comme pour Blade Runner où tout a été écrit, surtout ici, il n'y a plus grand-chose à dire sur Alien

Comment faire alors, s'il s'agit pourtant pour vous d'un diamant noir, et que fête de Halloween oblige, s'il ne fallait retenir qu'un film sur la peur, ce serait celui-ci. En remettre une couche sur l'horreur psychanalytique ou sur cette beauté aussi fascinante qu'effrayante ? Pourquoi ne pas plutôt, à l'image de ma séance spéciale de Jurassic Park lors du dossier Spielberg, revenir sur comment cet étranger s'est immiscé dans ma vie (cinématographique) et le souvenir qu'il y a laissé.

 Photo Sigourney Weaver, Yaphet Kotto, John Hurt, Tom Skerritt, Ian Holm, Veronica Cartwright, Harry Dean Stanton


Ainsi, au début des années 80, mon père a eu la bonne idée de traîner ma mère enceinte au cinéma, pour voir cette chose. Imaginez sa tête lors de « l'accouchement » du pauvre Kane. Et ce plat de spaghettis ? Notre ami Freud aurait beaucoup à dire dessus. Toujours est-il que cette anecdote me sera répétée maintes fois, avec toujours ce même drôle d'éclat dans le regard, et résumera longtemps pour moi tout le film. Or, à sa vision, ce sont moins ce « charclage » (pour reprendre un terme que j'utilisais à l'époque), la bête de Giger ou le sex-appeal de Ripley qui m'ont marqué, que cette première demi-heure d'exploration.

 

Photo

 

Des mystérieux signaux sur la planète inconnue à la reconnaissance du vaisseau spatial extraterrestre et à la découverte des fameux œufs, Ridley Scott met en place et maintient une atmosphère et un suspense, qui semblent plus tenir de la magie noire et de l'ensorcellement. Comme en apesanteur, le film enveloppe le spectateur, se glisse autour, derrière lui et semble guetter. Un peu comme lorsqu'on tombe dans les bras de Morphée, sauf qu'il s'agit là des griffes et des mâchoires d'un alien, et que le rêve tourne au cauchemar. Toutes comparaison et proportions gardées, cette entrée en matière a sur moi le même effet que le périple initiatique en Irak du Père Merrin dans L'Exorciste.

 

Photo Xénomorphe

 

Mais mes souvenirs, les plus ancrés et les plus douloureux, d'Alien sont ces plans sur le vide, l'obscurité, l'inconnu. Ridley Scott avait déjà compris que l'implacable mécanique de la peur repose plus sur la suggestion et l'abstraction que sur la démonstration et l'explication. La mort du black Parker est de ce point de vue exemplaire. Sa maîtrise de la lumière et de l'espace atteint des niveaux depuis lors même pas effleurés, et ces quelques secondes, ce cri, ce corps pendu n'ont pas fini de me hanter. Mais que se passe-t-il exactement, cinématographiquement, dans cette scène ?

 

Affiche française

 

Résumé

Un classique inégalable et indémodable.

Lecteurs

(5.0)

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