Critique : Une histoire vraie

Laurent Pécha | 6 février 2007
Laurent Pécha | 6 février 2007

Une histoire vraie est le road movie le plus lancinant de l'histoire du cinéma. Le plus beau aussi ! Suivant l'allure (d'escargot) de la tondeuse d'Alvin, la mise en scène très inspirée de David Lynch nous invite à admirer les superbes paysages du Midwest. Loin de l'hystérie visuelle de son précédent Lost Highway, Une histoire vraie est un film paisible, tranquille et profondément humain.


Les rencontres ponctuant le voyage du vieil homme (une jeune fille fugueuse, un groupe de cycliste, un vétéran de la seconde guerre mondiale), toutes amenées avec un sens parfait du timing, revêtent des valeurs initiatiques émotionnellement bouleversantes. Sans jamais tomber dan une quelconque mièvrerie, Lynch laisse transparaître pour la première fois de sa carrière un vrai talent de conteur humaniste. Un talent que l'on apprécie d'autant plus que le casting du cinéaste est d'une rare vérité. Les acteurs collent si parfaitement à leur personnage qu'ils donnent l'impression de vivre leur rôle plutôt que de le jouer. Richard Fanrnsworth, qui, selon lui-même, joue le rôle de sa vie, est d'une sobriété et d'une étonnante intensité, la trop rare Sissy Spacek est toujours aussi juste dans un rôle qui aurait pu faire craindre tous les excès, et Harry Dean Stanton donne une réplique idéale à Richard Fanrnsworth dans la scène finale.


Si vous rajoutez à tout cela la musique superbe et paisible d'Angelo Badalamenti (qui n'est pas sans rappeler les meilleurs envolées de Twin Peaks), Une histoire vraie a des allures de petit joyau. Allez, juste un petit reproche, le voyage d'Alvin s'avère finalement bien trop court. On serait effectivement bien vu tranquillement assis à côté de lui durant cinq semaines sur les routes en se laissant bercer par le ronronnement de sa tondeuse.

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