L'Armée des morts : critique

La Rédaction | 28 octobre 2004 - MAJ : 09/03/2021 15:58
La Rédaction | 28 octobre 2004 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Remake, rien que le mot fait frémir. Alors si en plus il s'agit de celui d'un de « nos grands classiques », d'un des films qui nous a « bercés » dans notre douce et ingrate adolescence, des films tels que le Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hopper ou le Zombie de George Romero, il est difficile, dans un premier temps du moins, de ne pas crier, hurler à l'hérésie. 

De quels droits s'attaque-t-on à de tels monuments cinématographiques ? N'y a-t-il pas tant d'autres sujets à explorer plutôt que de tenter de remettre au goût du jour des œuvres qui défient aussi admirablement le temps qui passe ? Et pourtant, depuis quelques temps, Hollywood a décidé de faire ce sacrilège, de profaner ces monuments. Histoire de gros sous ? Certainement ! Cependant, c'est avec surprise que l'on a pu découvrir cette année deux remakes qui, non contents de parvenir à se démarquer avec brio de leurs grands frères, ont réussi à conserver un grand respect de l'œuvre originale. Après donc le Massacre à la tronçonneuse de Marcus Nispel, c'est au tour de L'Armée des morts, de Zack Snyder (réalisateur de clips et de pubs), sur un scénario de James Gunn (ancien de chez Troma, mais responsable des scénarios de Scooby-Doo et Scooby-Doo2 !), de réussir ce tour de force.

  

Photo Sarah Polley

 

Remake du deuxième segment de la trilogie (bientôt tétralogie !!) des morts-vivants de George A. Romero, Dawn of the dead (le titre original) nous arrive en DVD zone 1 dans une édition labellisée « director's cut », se vantant d'être la version longue trop effrayante pour le cinéma. Effectivement, Zack Snyder a eu l'intelligence de se démarquer du film original en en conservant la trame, à savoir un huis-clos oppressant dans un centre commercial, mais en faisant sauter totalement la charge critique de la société de consommation, chère à Romero, au profit d'un survival tendu et gore.

 

Armée des morts

 

Déjà surprenant dans son montage initial pour un film de studio (on y tronçonne avec joie et les « heads shots » sont légion), ce director's cut en rajoute une couche avec pas moins de dix minutes supplémentaires. Si ces dernières apportent donc leur lot de plans gore particulièrement explicites (notamment une explosion de tête bien dégoûtante), elles permettent aussi et surtout de développer l'intrigue et les personnages. Il n'y a bien sûr pas de quoi changer radicalement le film, mais quelques plans ajoutés de-ci de-là, et surtout quelques scènes (voire instants) supplémentaires permettent réellement d'approfondir les relations entre les personnages, ainsi que leur passé respectif. On apprendra par exemple que Jake Weber était vendeur de télévisions, et qu'un autre personnage du groupe de réfugiés est homosexuel. On retiendra aussi un baiser échangé entre Ana et Michael dans le bus, ainsi qu'une scène montrant comment C.J. s'échappe de l'armurerie (dans la version cinéma, il passait directement du toit à la rue)

 

Armée des morts

 
Voilà pour ce qui est des ajouts majeurs, mais qu'en est-il du film en lui-même ?  Malgré toute la mauvaise volonté de l'auteur de ces lignes pour apprécier ce qui est à ses yeux, donc, une véritable trahison, force est de constater que le film est une réussite en tous points de vue. Au lieu de suivre l'actuelle tendance des vilains petits réalisateurs de films d'horreur propres (les deux Resident evil, pour ne pas les nommer), Zake Snyder préfère lorgner du côté du Danny Boyle de 28 jours plus tard, avec les mêmes zombies champions du 110 mètres haies, et partager son goût pour le gore crade et le sang qui tâche.

D'une scène d'ouverture incroyablement efficace et surprenante, avec option fin du monde, jusqu'à une spectaculaire échappée sanglante en autobus blindé, Dawn of the dead nous offre des personnages attachants (tous les comédiens, Sarah Polley en tête, sont excellents), une bonne dose d'humour mais jamais trop, une violence sèche et une noirceur à toute épreuve, avec en point d'orgue une scène d'accouchement éprouvante.

 

Photo Sarah Polley, Ving Rhames

 

Finalement, outre un épilogue raté (stopper le film avant le ridicule générique de fin), le seul « défaut » du film de Zack Snyder est sans doute d'être le remake du classique de George Romero. Car, en ces temps de Resident evil 2 (beurk !) et autres House of the dead (drôle au cinquantième degré), il faut reconnaître le savoir-faire du réalisateur qui parvient, et ce dès son premier long métrage, à nous proposer un vrai film de zombies, tout en évitant la majeure partie des pièges qui lui étaient tendus. C'était vraiment tout sauf gagné d'avance. Devant un tel pari remporté, on est donc ravi d'apprendre que Snyder a annoncé récemment qu'il était en pourparlers afin de réaliser une suite à son film. Une vraie suite cette fois, pas un « simple » remake de Day of the dead. Le petit nouveau semble prendre de l'assurance et nous, on en vient déjà à être tout excités d'attendre la réalisation de son projet.

 

Affiche française

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