Hellphone : Critique

Lucile Bellan | 11 mars 2007
Lucile Bellan | 11 mars 2007

Plébiscité par le public mais "un peu" boudé par la critique depuis la vague Brice de Nice, James Huth semble avoir pris un nouveau tournant. Et il revient à ses premières amours : le gore déjanté dans un univers de BD à la Serial Lover

Si quelques détails patauds gâchent un peu le tableau - dont la performance de Jean-Baptiste Maunier, qui face à la pléiade de nouveaux talents qui l'entoure peine à tirer son épingle du jeu -, la sauce prend et on ne doute pas une seule seconde qu'elle prendra avec le public visé : les ados. En effet, toute personne en dehors de cette catégorie pourrait trouver certains aspects opportunistes comme l'utilisation d'un groupe de rock pré-pubère à la mode pour la bande originale mais on n'attire pas les mouches avec du vinaigre, et le film offre ce qu'ils demandent : du fun, du sexe (par le biais de blagues, ne nous méprenons pas) et… du fun !

 


Pour les autres, le film brasse avec talent tout ces clichés multiculturels chers à nos ados et offre une vision intéressante du monde vu par eux. Beaucoup de références américaines (Gremlins, Retour vers le futur... et un visuel parfois proche de Foon, mais pas dans le sens de l'insulte), les filles sont plutôt dénudées et vont au lycée en micro-short argenté, le portable est un objet de culte… Tout ressemble au délire, ou au fantasme, d'un ado branché sans l'être, et c'est particulièrement jouissif.

 

 

Pour donner vie à cet univers décalé, les comédiens s'en tirent comme des chefs. Des contre-emplois délirants (Anaïs Demoustier, vue dans L'année suivante, est l'hilarante blonde de service) aux rôles de composition (chapeau bas au poseur du lycée, torse nu pendant toute la durée du film), la crème de la crème des jeunes acteurs français est réunie ici. Et les adultes ne sont pas en reste, les professeurs et autres seconds couteaux de choix se succèdent pour le plus grand plaisir des spectateurs. On n'en dit pas plus mais attendez vous à des surprises car les seconds rôles en prendront pour leur matricule.

 

Résumé

Qu'on aime ou pas, James Huth transforme l'essai et semble être en passe de devenir, aux yeux du public du moins (et n'est-ce pas le plus important ? non ? sûr ?), un futur grand faiseur de comédies en France.

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