Critique : La Vallée des fleurs

Par Jean-Noël Nicolau
24 janvier 2007
MAJ : 25 février 2020
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Nous pourrions vous présenter la Vallée des fleurs de Pan Nalin sous l’angle du « cinéma carte postale », dommage collatéral de la mondialisation galopante, qui vient proposer aux yeux émus du spectateur occidental les si jolis paysages de l’Asie lointaine et les étranges mythes et coutumes des habitants pittoresques de ces contrées sauvages. Oui, nous aurions pu brocarder l’œuvre pour son côté fourre-tout, patchwork décousu de légendes et de références littéraires (on pense souvent aux Cavaliers de Kessell), emballé dans une esthétique qui passe de l’âpre au publicitaire en quelques images. Il aurait été facile de se gausser d’un scénario qui avance au petit bonheur la chance, refusant d’assumer totalement ses penchants fantastiques et s’égarant en une coda contemporaine d’une grande maladresse.

Mais nous préférons ne pas nous étendre davantage sur les nombreux travers de la Vallée des fleurs et nous choisissons de chanter les louanges de Mylène Jampanoï, divinisée par un réalisateur vraisemblablement fou amoureux de son actrice. Dès sa première apparition, dans un ralenti tout droit sorti d’un clip, la demoiselle resplendit, on ne voit plus qu’elle. Conscient de son charisme, Pan Nalin va ainsi passer une heure et demi à la filmer sous toutes les coutures et généralement dans le plus simple appareil. Oui, nous revenons alors sur les rives de la pub, un plan d’amour en apesanteur faisant immédiatement écho aux « sensations pures » des produits laitiers. Mais peu nous importe, Mylène est belle, sa seule présence permettant de supporter les errances métaphysiques relativement grotesques du film.

La Vallée des fleurs ne s’offre qu’un coup de génie cinématographique inattendu, une ellipse temporelle filmée en plan séquence, une marche vers le futur particulièrement évocatrice. C’est bien peu, mais cela suffira peut-être à quelques passionnés de l’Himalaya fantasmé. Les chantres de Mylène Jampanoï, quant à eux, se précipiteront dans les salles, en oubliant tout sens critique (et finalement, nous les envions).

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