Critique : Désaccord parfait

Sandy Gillet | 7 novembre 2006
Sandy Gillet | 7 novembre 2006

Labellisé, marqué, consacré homme de télévision depuis toujours, Antoine de Caunes a cherché très tôt à se démarquer voire à se débarrasser de cette image qu'il avait et qu'il a encore de trublion du PAF. Ses tentatives successives dans le cinéma en font d'ailleurs partie mais, c'est le moins que l'on puisse dire, ne l'y ont pas aidé tant et si bien qu'il demeure une énigme pour un medium qui se veut et se dit plus noble que la petite lucarne. C'est que De Caunes sur la toile, cela donne des prestations d'acteur plus ou moins oubliables (de Là-bas mon pays à Au cœur du mensonge) voire franchement pathétiques (on pense surtout à Blanche et l'apothéose Un Ami parfait de Francis Girod). Et que penser du réalisateur là où Les Morsures de l'aube et Monsieur N. n'auront trompé personne quant à leur qualité intrinsèquement minime ?

Avec Désaccord parfait la tendance semble pourtant s'inverser même s'il ne s'agit encore que de simples frémissements au détour ici d'un plan ou d'un dialogue là. Affirmer en effet que le cinéaste De Caunes est enfin parti pour faire carrière serait un peu prématuré mais dire que l'homme semble avoir trouvé un début de réponse quant à la direction que celle-ci devrait désormais prendre est à notre sens tout à fait en accointance avec les quelques qualités de son troisième film. Petite comédie bien française à l'humour so british, Désaccord Parfait est donc pour De Caunes une première à bien des égards entre incursion dans un genre qui semble finalement lui aller beaucoup mieux et expérience en terme d'écriture puisqu'il co-signe ici le scénario de son film. Mais ce qui aurait pu n'être qu'une simple petite chose tout juste agréable à regarder et à oublier, devient nettement plus recommandable quand l'on sait que le tout ne fut écrit que pour voir s'ébattre à l'écran le couple Rochefort / Rampling.

Cinégenique au possible celui-ci s'en donne à cœur joie au sein d'une histoire certes des plus classiques mais qui fleure bon ce que le cinéma français nous donnait à voir au cœur des années 70 et dont Jean Rochefort justement en était l'icône indubitable (on pense bien entendu à Un Eléphant ça trompe énormément pour ne citer que le plus emblématique). Malheureusement n'est pas Yves Robert qui veut et Désaccord parfait a contre lui une mise en scène assez plate qui finit par desservir un ensemble pour le moins assez convenu. Si la bourgeoisie à tendance troisième âge de province devrait y trouver son compte, les autres penseront qu'il y a encore du chemin à faire pour celui qui aimait tant brocarder et fustiger les apparences et convenances sociales dans le NPA de la grande époque. À certainement trop vouloir casser son image, on finit par perdre sur beaucoup de tableaux non ?

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