Critique : Le Grand Meaulnes

Sandy Gillet | 3 octobre 2006
Sandy Gillet | 3 octobre 2006

Que peut-on attendre d'un film comme Le Grand Meaulnes ? Que peut-on attendre d'un film réalisé par Jean-Daniel Verhaeghe (qui ça ?) dont le seul long-métrage de cinéma avant Le Grand Meaulnes remonte à 1969 (L'araignée d'eau) ? Que peut-on attendre d'un film réalisé par un cinéaste auteur de fictions TV telles que Le Père Goriot, Sans Famille, Bérénice, Le Rouge et le noir …, soit grosso modo le fossoyeur des classiques de la littérature française ? Bref que peut-on espérer d'un film évidemment formaté pour un passage en prime time sur TF1 avec dans le rôle titre un Nicolas Duvauchelle artificiellement ténébreux qui a certainement voulu donner là un coup d'accélérateur à sa carrière jusque ici cantonnée aux films plus confidentiels et un Jean-Baptiste Maunier pas crédible un instant même si on notera avec satisfaction qu'à aucun moment il pousse la chansonnette (ah cette moustache qu'il arbore lors du dernier tiers du film !).

Que dire ensuite du reste de la distribution avec en tête un Philippe Torreton en instit modèle de feu la IIIème République qui soigne là son image d'acteur respectable ou encore de Jean-Pierre Marielle qui depuis Atomik Circus est décidément abonné aux (mauvais) rôles en costume (Les Âmes grises) ou pas (Da Vinci Code). La gent féminine n'est pas mieux lotie puisque l'on a du mal à reconnaître l'Émilie Dequenne de Rosetta alors que Clémence Poesy en amoureuse transie du rôle titre a bien du mal tout court.

À la lecture de ce quasi inventaire, l'on dira qu'il est bien facile de tirer sur l'ambulance puisqu'en effet que peut-on attendre de l'adaptation au cinéma du Grand Meaulnes, œuvre littéraire aussi subtile qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine passée à la postérité républicaine bien malgré lui. Et bien tout simplement un traitement moins pesant, qui sente moins la naphtaline, bref qui fasse moins cette « qualité française » à la limite de l'abjecte. Quelque chose qui ressemblerait à un croisement entre Le Château de ma mère de feu Yves Robert pour son côté c'était mieux avant et le Jean de Florette de Sieur Berri qui en terme d'adaptation de grands classiques de la littérature au cinéma n'a plus rien à prouver. On y a cru l'espace du générique d'ouverture !

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