Critique : Avida

Lucile Bellan | 12 septembre 2006
Lucile Bellan | 12 septembre 2006

Après Aaltra, les deux trublions de Groland prouvent une nouvelle fois qu'ils n'ont pas fini de nous étonner. Loin d'être une déclinaison de leur premier film, ou même de leurs précédents travaux, Avida est une vraie oeuvre originale. Dans tous les sens du terme, et quitte à perdre au passage un ou deux spectateurs non avertis. Muet (ou presque), en noir et blanc, avec un peuple d'armoires (!!), le film est loin, très loin, des sorties de la semaine. Il serait presque de mauvais goût de vous en apprendre plus sur l'histoire, mais sachez qu'il faudra attendre jusqu'à la fin pour que le film ne prenne toute son ampleur. S'ils sont parfois surprenants, les rôles sont tous interprétés à la perfection, que ce soit Gustave de Kervern (sublime !) ou la pléiade de seconds et petits rôles joués par des amis inconnus (Jo l'indien, Daisy la girafe), connus (Luz, Rokia Traoré, Philippe Vuillemin), voire très connus (Albert Dupontel, Jean-Claude Carrière, Sanseverino, Claude Chabrol).

Troublant et poétique, Avida aurait même un arrière goût surréaliste, comme Benoît Délepine et Gustave de Kervern le revendiquaient déjà sur Aaltra (lire leur première interview ici). Attention toutefois aux apparences, qui peuvent être trompeuses comme chacun sait, car leur dernier bébé est très certainement le type de films qu'on juge trop vite. Ainsi, il réserve à ceux qui se laisseront tenter bien des surprises. Pas si loin que ça de leur univers grolandais, à part la forme peut-être, le film est aussi une critique sociale imagée. Le spectateur retrouve alors le goût des deux auteurs pour une forme de « misérabilisme », poussé ici à l'extrême, et presque élevé alors au rang d'art. Mais nous ne sommes finalement peut-être pas les mieux placés pour en parler, comme ils le prouvent une nouvelle fois ici. Avec lunettes noires et bouche pâteuse.

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