Critique : Un ami parfait

Sandy Gillet | 26 avril 2006
Sandy Gillet | 26 avril 2006

Que ceux qui misent encore un kopeck sur le futur de Francis Girod, le réalisateur de cet ami parfait, feraient mieux d'aller jouer au loto car ils auraient ainsi beaucoup plus de chances de récupérer au moins leur investissement initial. C'est peu de dire en effet qu'à la vue de cette dernière pierre à sa filmographie (l'ultime serait-on tenté d'espérer !), l'édifice tout entier est à deux doigts de s'écrouler pitoyablement. C'est que même si l'homme n'est pas à créditer de chef-d'œuvres indélébiles, on lui doit tout de même quelques bons films qui ont fait de lui cet artisan du cinéma français dans la grande tradition des Verneuil, Pinoteau et autre Mocky. On pense ainsi à son plus gros succès commercial à date : La Banquière avec dans le rôle titre la grande Romy Schneider ou encore à L'État sauvage sur la colonisation et plus récemment à Mauvais genres dans lequel la révélation Robinson Stévenin jouait le rôle d'un travesti.

Et bien oubliez ce passé car il n'y a ici littéralement rien à sauver depuis l'histoire à la fois miteuse et scandaleusement inepte (un journaliste d'un grand quotidien local suisse est retrouvé groggy le lendemain de la saint sylvestre. Souffrant d'une amnésie partielle il tente de retrouver sa véritable identité. Sic !), jusqu'au jeu des comédiens pour lequel on peut utiliser les mêmes adjectifs (ah le sourcil frondeur de De Caunes qui décidément a du mal à convaincre sur le grand écran tant derrière que devant la caméra) en passant par une mise en scène indigne du plus mauvais des téléfilms… On enrage à l'idée que devant une telle farce en images, de nombreux réalisateurs en herbe n'ont pas la chance de tourner et de prouver leur talent.

Présenté comme un thriller sur la face cachée de l'industrie agro-alimentaire, Un Ami parfait est donc une vaste blague au demeurant fort indigeste qui pourrait en rebuter plus d'un avant longtemps à l'idée de seulement de vouloir goûter à nouveau aux joies des salles obscures. C'est dire si tout cela est criminel et empreint de foutage de gueule totale quant à l'intelligence du spectateur que nous sommes. Au final on pourra se consoler en se disant que le film ne sort que dans six salles en France. Mais non c'est tout simplement six salles de trop !

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