The Woodsman : Critique

Laurent Pécha | 9 mars 2006
Laurent Pécha | 9 mars 2006

Premier film d'une rare maîtrise, The Woodsman réussit le tour de force de traiter d'un sujet on ne peut plus délicat et scabreux (la pédophilie), avec un sens de la retenue rare et noble. En décortiquant la difficile réinsertion d'un homme ayant fait 12 ans de prison pour attouchements sur mineurs, Nicole Kassell signe une œuvre extrêmement sobre et réaliste si on lui pardonne quelques seconds rôles schématiques (la secrétaire méfiante, le flic suspicieux) qui provoquent deux ou trois situations un peu trop convenues.

Présenté avant tout comme un être humain avec des failles plutôt que comme un simple monstre, le personnage de Walter, campé par un formidable Kevin Bacon qui n'a pas peur de se mettre en danger, permet à la cinéaste débutante d'éviter tous les écueils qu'un tel sujet aurait pu laisser naître. À défaut d'un réel attachement, on éprouve petit à petit de la compassion pour cet homme qui cherche fermement à reprendre le cours normal de sa vie. Surtout lorsqu'il rencontre une jeune femme au passé presque aussi traumatisé, et interprétée par l'épouse de Kevin Bacon, Kyra Sedwick. Un rôle tout aussi difficile et complexe que son partenaire et compagnon, auquel l'actrice apporte une sensibilité extrêmement touchante.

 

 

Avec une mise en images judicieusement répétitive qui prend ainsi le temps de montrer la progression mentale de son « héros », la réalisatrice atteint des élans de vérité troublants, à l'image d'une séquence d'une rare pudeur entre Walter et une petite fille sur un banc public. Une scène où la performance tout en émotions (mal) cachées de Kevin Bacon atteint des sommets. Film courageux, d'une grande maîtrise technique et narrative, et magnifiquement interprété, The Woodsman est une œuvre forte qui mérite assurément d'être remarquée dans la masse des sorties hebdomadaires.

 

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