Critique : Basic instinct 2

Ilan Ferry | 9 mars 2006
Ilan Ferry | 9 mars 2006

Ne nous leurrons pas, la seule raison qui peut bien nous pousser à acheter notre petit billet pour Basic instinct 2 tient en deux mots : Sharon Stone… Bon d'accord, Sharon Stone NUE !!! Il faut dire qu'en la matière, le premier opus nous avait déjà donné de (mauvaises ?) habitudes ! Dévoilé petit à petit via des photos et affiches aguichantes ainsi qu'un promo reel qui annonçait clairement la couleur, rendant ainsi complètement fous Eddy Adam et Julio Lopez (NDR : nos rédacteurs de la section X) qui se voyaient déjà chroniquer le film, Basic instinct 2 semblait marquer le retour en grâce de Sharon Stone et du thriller érotique, genre sous-estimé (qui a dit non ??) remis sur le devant de la scène par… Basic instinct ! Ainsi, des années après avoir fait fantasmer des milliers de cinéphiles mâles, la vénéneuse Catherine Tramell revient jouer du pic à glace. Vous y aviez cru ? Nous aussi…

Cependant, attention aux appellations mensongères car Basic instinct 2 est avant tout une grande arnaque. Ceux qui espéraient au mieux se retrouver devant un bon petit thriller, au « pire » devant une succession de scènes chaudes montrant la superbe Sharon sous toutes les coutures pendant près de deux heures, vont être sacrément déçus, puisque le film déroule une intrigue inintéressante, et n'a d'érotique que le nom, faisant ainsi passer le récent La Vérité nue pour une production Marc Dorcel ! Il est toujours délicat de parler d'un film où il ne se passe rien, et force est de constater qu'en la matière, Basic instinct 2 fait office de cas d'école, puisque tout y relève de la fausse bonne idée. À commencer par des enjeux traités sous l'angle psychanalytique, prétexte à des scènes bavardes tirant inutilement sur la longueur, alors même que la tension sexuelle entre les deux personnages principaux se fait de plus en plus forte et trouve son point d'orgue dans une scène de sexe aussi ridicule que désespérément courte (30 secondes !), résumant à elle seule les ambitions artistiques et érotiques du film ! La réputation sulfureuse de cette suite se voit sérieusement mise à mal, et le spectateur attentif remarquera qu'en lieu et place d'un promo reel, c'est bien un montage de scènes coupées qu'il aura vues sur internet quelques semaines auparavant.

 

 

Qu'en est il donc de l'histoire ? Quoi, ça ne vous a pas suffi de voir un sein de Sharon Stone, il vous faut en plus une intrigue ?! Mais vous vous croyez où, dans un film de Paul Verhoeven ? Bon, eh bien, on n'a qu'à dire que Catherine Tramell, désormais installée à Londres, se voit accusée de meurtre et suivie par un psychiatre au passé trouble qui tombe sous son charme. C'est tout ? Euh oui, pour le reste Basic instinct 2 se contente de recycler les ingrédients du premier en moins bien, avec beaucoup de scènes inutiles et un twist final hallucinant de bêtise et censé relever le niveau de l'ensemble. Vous l'aurez compris l'unique intérêt réside dans la présence d'une Sharon Stone incendiaire, plus sexy et perverse que jamais, capable de faire vaciller d'un simple clin d'œil le plus imperturbable des hommes, et qui devra ici se contenter de David Morissey, acteur peu charismatique et aussi expressif qu'un Ewok sous acides, entouré d'un David Thewlis cabotin aux dialogues anthologiques (« Dans sa bouche, même la vérité est un mensonge »), et d'une Charlotte Rampling remportant haut la main la palme du second rôle le plus inutile.

Si Basic instinct premier du nom marquait la consécration de Sharon Stone comme actrice la plus sexy d'Hollywood, boostant ainsi une carrière qui peinait à démarrer, sa triste suite, à peine digne d'un direct to dvd, risque fort bien de créer l'effet inverse. Cette dernière a cependant le mérite de nous rappeler que l'époque « bénie » des Sliver et autres Hollywood Nights, autrement moins prudes et plus drôles de par leurs ringardises revendiquée, est désormais révolue. Place aux thrillers mous du genou qui préfèrent miser sur une ambiance inexistante pour exciter le spectateur (qui a dit Dérapages ?). Triste époque pour nous et pour Sharon, qu'on aimerait, plus que jamais, revoir dans un rôle à la mesure de son talent !

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