Critique : Les Producteurs

Vanessa Aubert | 13 mars 2006
Vanessa Aubert | 13 mars 2006

Broadway, ses planches, ses lumières et ses producteurs véreux. Parmi eux, Max à la recherche de la poule aux œufs d'or. Sa rencontre avec Léo, petit comptable à la vie routinière, va lui ouvrir les yeux sur le bon filon : produire la pire des pièces qui soit.
L'absurde est souvent la base de la comédie. C'est sur ce principe rodé que Mel Brooks avait décidé il y a plus de trente ans de réaliser Les Producteurs, mêlant l'humour décalé, qui a fait son succès, au genre prisé de la comédie musicale. 2006 voit la naissance de son remake dont il confie la réalisation à Susan Stroman. Et comme un pied de nez, Brooks devient producteur des Producteurs.

Heureux choix que celui d'avoir conservé les comédiens de cette pièce qui fut adaptée avec succès à Broadway. Le caractère volubile et l'énergie débordante de Nathan Lane font mouche et dévoilent les qualités multiples d'un acteur méconnu. Le film permet en outre de placer à nouveau sous la lumière un comédien peu mis en valeur ces derniers temps alors qu'il fut l'une des figures montantes des années quatre-vingt. Matthew Broderick, Ferris Bueller pour les initiés et l'Inspecteur Gadget pour les plus jeunes, étale son talent en réalisant des numéros de danse et de chant avec une prouesse qu'on ne lui connaissait pas.

Alors que le charme d'Uma Thurman opère, la touche extrême de Brooks se reconnaît en Will Ferrell, auteur nazi d'« Un printemps pour Hitler » (!). La patte de Stroman quant à elle prend toute son ampleur dans les apartés musicaux. Les aficionados des musicals ne peuvent être déçus, tant la qualité des scènes dansantes et chantantes est indéniable. On est époustouflé par une telle richesse chorégraphique merveilleusement mise en espace dans les lieux de New York. Central Park et sa poursuite de grand-mères en déambulateur est l'un des exemples réussis de l'association Brooks-Stroman.

L'arrivée de l'acteur phare et son de homme de main (les excellents Gary Beach et Roger Bart) offre une scène drôlissime où Bollywood se mêle aux Village People. Certes, les 2h15 sont un handicap à l'adhésion du film sur sa longueur. La durée confirme l'adage selon lequel « trop d'énergie tue l'énergie ». Mais gageons au moins que cette nouvelle version réussira à trouver son public : les fans de Brooks, ravis de retrouver le maître, et les amateurs de comédie musicale, enthousiastes à l'idée de se délecter à nouveau de Broadway, ses planches, ses lumières et ses Producteurs.

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