Personne ne sort d'ici vivant : critique qui n'y met même pas un orteil sur Netflix

Raphaël Iggui | 2 octobre 2021 - MAJ : 03/10/2021 12:28
Raphaël Iggui | 2 octobre 2021 - MAJ : 03/10/2021 12:28

C'est avec un mélange de curiosité et d'excitation que nous avons accueilli Personne ne sort d'ici vivant, deuxième adaptation horrifique de l'écrivain Adam Nevill chez NetflixEn effet, sorti en 2018 dans nos contrées et sur Netflix également, Le Rituel nous avait fait forte impression tant par la gestion de son ambiance horrifique que la caractérisation juste et concise de ses personnages. Nouvelle bonne surprise avec Personne ne sort d'ici vivant ?

recherche Appartement ou scénario

Netflix chérissant jalousement ses 200 millions d’abonnés comme Smeagol face à une bijouterie, la plateforme doit rivaliser d’ingéniosité pour défendre son terrain, particulièrement face à ses concurrents (Disney +, Amazon Prime). C’est donc tout naturellement que le N cramoisi, comme tout studio, s’est tourné vers la littérature pour élargir son champ des possibles. Un choix judicieux quand on voit les scores du Jeu de la dameLa Chronique des Bridgerton ou encore YOU, toutes inspirées de bouquins.

Personne ne sort d'ici vivant s’inscrit parfaitement dans cette stratégie. Deuxième adaptation d'une oeuvre d’Adam Nevill après l'excellent Le Rituel de David Bruckner (La Proie d'une ombre), Personne ne sort d'ici vivant suit Ambar, immigrée clandestine arrivée du Mexique et venue s'installer à Cleveland. Tout ça après la mort de sa mère, décédée suite à l'incapacité d'Ambar de payer les frais de santé exorbitants. Alors qu'elle emménage dans une pension bon marché, Ambar va rapidement comprendre que quelque chose cloche dans cette maison pleine de fantômes...

 

photoFenêtre sur cours très vite et très loin

 

La décision de déplacer l'action de l'Angleterre aux Etats-Unis, tout en transformant le personnage principal en immigrée clandestine mexicaine, est clairement la meilleure idée du film. Au "simple" film d'horreur surnaturelle, Personne ne sort d'ici vivant superpose un discours politique et social métaphorique sur le système américain ogresque, exploitant l'immigration clandestine jusqu'à l'os. 

Le long-métrage se permet même d'aborder le deuil et son acceptation, aussi brutale soit-elle. Forcément, face à ce propos triple XL tentant d'hybrider autant de thématiques, on pense à l'excellent His House sorti en octobre 2020 sur Netflix, où un couple de réfugiés sud-soudanais fraîchement logés dans la banlieue de Londres était confronté aux fantômes de leur passé, plus réel qu'ils n'auraient pu l'imaginer...

 

photo, Cristina RodloMetro, bourreau, dodo éternel

 

Malgré ce programme ultra-ambitieux, Personne ne sort d'ici ne ressemble qu'à un vulgaire brouillon de His House. Si le film posséde des ambitions nobles sur le papier, le passage à l'écran se fait aussi facilement qu'un accouchement simultané d'octuplés. C'est bien simple : rien ne fonctionne jamais totalement, les trois propos se parasitant et s'entremêlant sans jamais qu'un seul d'entre eux n'aboutisse.

Avec une tenue de route digne de Michael Madsen imbibé comme un torchon de cocktail molotov, le long-métrage déroule son programme sur 1h30 en pilotage automatique total. Vous aurez presque la sensation d'entendre le "ça, c'est fait" du réalisateur Santiago Menghini à chaque fin de scène. Un bilan tristounet quand on songe au potentiel du film.

 

photoEnchanté, moi c'est Scare, Jump-scare

 

Claqué de la cave au grenier

Avec une durée resserrée d'1h30, le film a trop à dire et ne sait pas comment ni quand le fairePersonne ne sort d'ici vivant ne sait pas ménager ses effets et encore moins aménager son scénario. Les rebondissements et les éléments du scénario semblent ainsi se dévoiler de manière très mécanique, comme une série de cases à cocher, quand ils ne sont pas tout simplement balancés à la va-vite ou posés là sans plus d'explication. 

Le scénario tente bien de faire exister ces thématiques chacune de leur côté, tout en cherchant à les rattacher à un fil rouge commun. Mais la narration apparaît très programmatique, et ces sujets sont abordés de manière ultra-hasardeuse, dispersés aux quatre coins du film. Au lieu de parvenir à créer une ambiance pesante, le film semble juste enchaîner les scènes peu inspirées jusqu'à son climax. 

 

photo"Sortez moi de ce film !"

 

Le climax est d'ailleurs un excellent exemple de la frustration engendrée par le film. Tout ce que nous avons vu au cours de l'heure précédente va enfin prendre tout son sens. Mais colorier une figurine warhammer en noir n'en fait pas une reine pour autant, et ce qui se voudrait être un point d'orgue émotionnel se transforme en scène certes intense, mais bien moins puissante que ce que le film voudrait. 

La faute à des éléments incomplets, et un développement d'histoire bâclé presque autant que la caractérisation de ses personnages. Si Ambar, le coeur émotionnel du film, est plutôt bien développée et solidement interprétée par Cristina Rodlo, le reste des personnages ressemble à quelques silhouettes floues, presque aussi translucides que les fantômes qui hantent la pension

 

photo, David FiglioliCrous Willis

 

Finalement, le plus triste sera sans doute l'absence d'une ambiance horrifique solide qui aurait permis au film d'exister malgré son aspect désordonné. Toute l'histoire familiale tragique et sanglante du duo de fraternels propriétaires de la pension, pratiquant des sacrifices d'immigrées clandestines dans leur cave, ainsi que le cadre général de cette maison à l'allure inquiétante, offraient pourtant un terreau formidable. 

Hélas, à part quelques jolies idées de mise en scène (les papillons, l'événement traumatisant revécu par un fantôme, le meurtre final), le réalisateur Santiago Menghini ne parvient jamais à transcender son propos, enchaînant les plans plan-plan et les effets vus mille fois ailleurs, en mille fois mieux. Une réalisation banale, peu aidée par sa photo lugubre, mélange de bleu verdatre et de nuance de gris que Christian Frey ne porterait même pas en chaussettes. Juste une décéption supplémentaire pour cette idée belle sur le papier, mais bordéliquement et banalement exécutée. 

 

Affiche officielle

Résumé

Malgré un postulat excellent sur le papier, Personne ne sort d'ici vivant se prend les pieds dans la carpette et s'étale péniblement sur 1h30. Réalisé sans génie et pensé comme un enchaînement schématique d'éléments scénaristiques, le long-métrage fait pâle figure quand on le compare à His House, autre production Netflix, qui vaut largement plus le détour et qu'on vous conseille. 

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Lecteurs

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commentaires
Meli melo
17/10/2021 à 02:55

Nul passé votre chemin

Dark S.
04/10/2021 à 18:31

Bon passons sur les jean-Kévin s'est tro nul...

Assez d'accord avec l'analyse faite ici, le film a un très bon postulat mais n'arrive jamais à l'exploiter vraiment, cela parait trop souvent inabouti. On trouve mieux en film d'horreur sur netflix, mais aussi moins bien.

Par contre la comparaison avec His House, est certes compréhensible en raison de plusieurs aspects similaires du scénario, mais alors pour moi ça ne se fait vraiment pas au détriment de ce "Personne ne sort d'ici vivant", tant His House m'avait paru totalement vide et sans intérêt, j'en ai rien retenu d'ailleurs (et c'est ballot vu que l'idée de base était très sympa).

Fury
04/10/2021 à 15:49

Franchement yavai de l'idée ça aurait pu faire un bon film mais je reste sur ma fin je suis fan de film d horreur mais là c abusé a choisir je préfère aller regarde army of the dead

Ptit
04/10/2021 à 10:54

S vrai se film est nul à chier

Fab fab du 19
04/10/2021 à 04:44

Je n ai qu'une chose a dire c est nullisime. J ai jamais perdu autant de temps à regarder un film dont Netflix a vanté les mérites que les autres fois. Je ne le conseille pas. Archi nul

Lapouk
04/10/2021 à 00:30

Film très très nul !!!! Perte de temps .

théorie1
04/10/2021 à 00:12

ALERTE SPOIL
la meuf a tué sa mère. c'était un flashback et cela expliquerait pourquoi c'est la seule qui n'a pas été bouffée par la larve géante vu qu'elle a sacrifié sa mère. ambar a été prise comme servante dévouée à la larve déesse
voilà bisous

kotailleurs
04/10/2021 à 00:09

j'ai pas compris en fait
wesh c'est quoi cette grosse larve??????? c'est degueulasse ca me degoute mais ca m'a fait rire aussi mdr et quand tu te marres devant un film d'horreur, c'est mauvais signe.
- Jeanne D., 2021

Rico
03/10/2021 à 22:44

Vraiment nul.
J'ai perdu mon temps.
Je me suis ennuyé.
Bref.
Passez votre tour

Mixôp
03/10/2021 à 20:26

Extrêmement déçu, j’aurais mieux fait de passer mon temps à faire autre chose…

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